Le PDG de SpaceX, Elon Musk, a publiquement contredit une estimation de la NASA le 22 octobre 2026, affirmant qu’un atterrissage lunaire du Starship nécessitera bien moins de transferts de carburant en orbite que les vingt-deux lancements prévus par l’agence.
Elon Musk conteste les calculs de l’agence
Lors de cette session du 22 octobre 2026, l’instance de surveillance de la sécurité de la NASA a souligné que l’atterrisseur lunaire habité Starship de SpaceX pourrait exiger environ 22 lancements de ravitaillement pour soutenir une seule mission d’atterrissage sur la Lune.
Cette cadence intensive découle de la nécessité de transférer du propergol cryogénique en orbite terrestre avant le départ vers le corps céleste.
Le panneau consultatif a formulé cet avertissement au moment où la NASA restructure son calendrier d’exploration.

Quelques heures plus tard, Elon Musk a rejeté ce chiffre sur la plateforme sociale X, répondant directement à un journaliste qui relayait les propos tenus lors de la réunion.
« C’est beaucoup trop haut », a déclaré Elon Musk, PDG de SpaceX, selon The Register.
L’entrepreneur a assuré que le volume réel se situerait plutôt entre six et huit vols de navires citernes. Jusqu’à présent, l’entreprise a mené à bien un seul vol d’essai du Starship en orbite. Pour atteindre la surface lunaire, le véhicule doit être entièrement approvisionné en orbite par une chaîne de tirs successifs, ce qui multiplie les manœuvres de transfert cryogénique à grande échelle. Transférer des propergols cryogéniques super-refroidis entre des véhicules à une telle échelle demeure un pilier encore non prouvé de l’architecture Artemis. Par ailleurs, la Federal Aviation Administration a ouvert un examen environnemental concernant la demande de SpaceX d’effectuer jusqu’à 456 lancements de Starship par an depuis Starbase.
That’s way too high. Actual number will be more like 6 to 8.
Le comité de sécurité évalue les risques du programme
Au-delà du nombre de lancements, l’Aerospace Safety Advisory Panel a exprimé des inquiétudes plus larges concernant le calendrier d’exploration spatiale de la NASA et la dépendance future envers le secteur privé. L’ancien astronaute et membre du comité Charlie Precourt a indiqué que la NASA n’exigeait qu’un seul test sans équipage pour valider l’atterrisseur, suivi d’un redémarrage des moteurs. Le comité a également salué l’administrateur de la NASA, Jared Isaacman, ainsi que les progrès accomplis vers le vol de survol lunaire habité Artemis II.
| Projections et estimations | Source de l’évaluation |
|---|---|
| Environ 22 lancements de ravitaillement | Aerospace Safety Advisory Panel |
| Entre 6 et 8 vols de carburant | Elon Musk, via TeslaNorth |
| Lancements s’élevant à près de vingt | Planification de la NASA en novembre 2023 |
Le comité de sécurité a aussi pointé une vulnérabilité potentielle liée à l’accès à l’orbite terrestre basse.
Si la version cargo du Dragon venait à quitter ses fonctions avant qu’un autre système national viable ne mûrisse, la NASA pourrait se retrouver entièrement dépendante de Starliner.
La réorganisation des missions Artemis
La réorganisation des missions Artemis a conduit à repenser l’étape intermédiaire, la mission Artemis III ayant été réorientée vers une démonstration en orbite terrestre basse de technologies lunaires. Ce profil de vol évalue les rendez-vous automatisés avec le système d’atterrissage de SpaceX et le véhicule Blue Moon de Blue Origin avant d’engager un équipage vers le pôle Sud lunaire. L’objectif demeure d’amener des humains sur la surface de la Lune avant le départ du président Trump.

Tandis que le programme tente de maintenir ses objectifs sous l’administration américaine actuelle, la pression logistique s’exerce également sur le fret.
Si la version cargo du Dragon venait à quitter ses fonctions, le vaisseau Cygnus de Northrop Grumman demeurerait la seule alternative nationale de ravitaillement, aux côtés de l’alternative internationale HTV-X développée par le Japon.
La Russie continue ses rotations régulières avec ses capsules Soyuz et ses cargos Progress.
Sur le même sujet