L’effondrement de MFS expose jusqu’à 200 millions de livres sterling d’Elliott Management
Londres – L’effondrement retentissant du fournisseur de prêts hypothécaires britannique Market Financial Solutions (MFS) révèle une exposition d’environ 200 millions de livres sterling pour le fonds spéculatif américain Elliott Management, ravivant les craintes concernant les normes de crédit laxistes sur le marché florissant des prêts adossés à des actifs.
L’investissement d’Elliott a été initialement acquis auprès de Chetwood Bank, basée à Wrexham et majoritairement détenue par Elliott, qui faisait partie des institutions ayant financé MFS. L’affaire met en lumière les risques croissants liés aux pratiques de prêt complexes et au manque de transparence dans le secteur financier.
MFS, basée à Mayfair, est entrée en administration judiciaire mercredi dernier, suite à des accusations de "double engagement" de garanties – une pratique frauduleuse consistant à utiliser le même actif en garantie pour plusieurs prêts. Cette méthode expose les prêteurs à un risque de perte en cas de défaut de paiement.
L’ampleur de la fraude potentielle est considérable. Les créanciers estiment un manque à gagner de 238 millions de livres sterling. Outre Elliott, d’autres grandes institutions financières sont également touchées, notamment Barclays, Jefferies et une filiale d’Apollo Global Management, qui avaient collectivement prêté 2 milliards de livres sterling à MFS. Barclays, qui a une exposition d’environ 600 millions de livres sterling, a commencé à bloquer certaines transactions de MFS fin 2025 et a finalement gelé ses comptes en janvier.
L’affaire MFS intervient dans un contexte de tensions croissantes sur les marchés financiers, après les faillites américaines de Tricolor Holdings et First Brands Group, actuellement sous enquête pour fraude par le Département de la Justice américain. Ces défaillances ont déjà provoqué des ondes de choc dans le secteur financier mondial.
Fondée en 2006 par Paresh Raja, MFS se présentait comme un spécialiste des prêts hypothécaires complexes et à court terme pour les investissements immobiliers, promettant des montants allant jusqu’à 50 millions de livres sterling en seulement trois jours. Une part importante de son activité était liée à des dizaines d’opérations immobilières associées à Saifuzzaman Chowdhury, un ancien ministre des terres bangladais.
L’effondrement de MFS a été précipité par des inquiétudes concernant la mauvaise gestion, des irrégularités dans la gestion des comptes bancaires et un manque important de garanties. Les créanciers avaient déjà identifié des problèmes plusieurs mois auparavant, après avoir examiné de près leurs expositions suite aux faillites de Tricolor et First Brands.
L’affaire MFS soulève des questions cruciales sur la surveillance réglementaire et la diligence raisonnable dans le secteur des prêts adossés à des actifs, et pourrait avoir des répercussions importantes sur les investisseurs et les marchés financiers. Elliott Management et Chetwood Bank n’ont pas souhaité commenter l’affaire.
