Le chef du Parti travailliste, Chris Hipkins, a exclu le 4 août 2026 tout partenariat avec Winston Peters et New Zealand First après les élections, qualifiant de « complètement intenable » le poste de ministre des Affaires étrangères de ce dernier à la suite de propos tenus au Parlement.
La classe politique néo-zélandaise est profondément divisée après une intervention de Winston Peters dans l’Hémicycle. Lors d’un débat houleux, le chef de New Zealand First et ministre des Affaires étrangères a pris à partie le député vert Lawrence Xu-Nan en lui intimant l’ordre de retourner dans son pays, selon les informations rapportées par l’agence de presse 1News.
La position de Chris Hipkins et le refus d’une alliance future
Interrogé sur cette polémique, le dirigeant de l’opposition Chris Hipkins a annoncé sur RNZ qu’il refusait catégoriquement de gouverner avec New Zealand First à l’issue du scrutin. L’ancien Premier ministre a estimé que le chef du parti ne pouvait plus assumer ses fonctions diplomatiques.
Chris Hipkins a déclaré, via RNZ et 1News, qu’il faisait les grands titres de la presse internationale pour de toutes mauvaises raisons et qu’il ne pouvait pas continuer à exercer ce poste, ni représenter de manière crédible la Nouvelle-Zélande sur la scène mondiale.
Chris Hipkins a rappelé qu’il avait déjà exclu toute collaboration avec cette formation avant le scrutin de 2023 et qu’il ne regrettait pas ce choix.
Chris Hipkins a affirmé, via 1News, qu’un comportement semblable à celui observé chez Winston Peters et Shane Jones, ainsi que les commentaires racistes proférés ces derniers mois à l’encontre de la communauté indienne, n’étaient pas compatibles avec le genre de gouvernement qu’il souhaitait diriger.
La réplique acerbe de Winston Peters et la réaction de Christopher Luxon
Winston Peters a vivement réagi à ces déclarations en affirmant qu’il avait lui-même exclu le Parti travailliste de ses options politiques plusieurs mois auparavant, reprochant au passage aux médias de s’emparer tardivement du sujet.
Winston Peters, leader de New Zealand First et ministre des Affaires étrangères, a déclaré via les réseaux sociaux que la seule chose plus obtuse que le fait que Chris Hipkins l’exclue douze mois après qu’il l’avait lui-même exclu était le manque d’intelligence des médias qui en rendaient compte.

De son côté, le Premier ministre Christopher Luxon a qualifié les propos de son partenaire de coalition de racistes, tout en précisant qu’il s’entretenait en privé avec lui. Le chef du gouvernement a toutefois éludé les questions concernant une éventuelle sanction ou l’avenir de M. Peters au poste de ministre des Affaires étrangères pour un futur mandat, qualifiant ces scénarios d’hypothétiques. Il a également minimisé les tensions diplomatiques, estimant que les différends passés ou présents avec des ambassadeurs étrangers ne devaient pas susciter d’inquiétude majeure quant aux relations de la Nouvelle-Zélande avec la Chine.
Un climat politique tendu marqué par de récents incidents
La polémique actuelle s’inscrit dans une série de controverses impliquant des cadres de New Zealand First. Quelques mois plus auparavant, Shane Jones avait suscité des critiques en qualifiant d’« tsunami de poulet au beurre » (butter chicken tsunami) le projet d’accord de libre-échange avec l’Inde.

Face à ces dérapages répétés, les appels de la dirigeante adjointe du Labour, Carmel Sepuloni, et d’autres formations politiques réclament le départ immédiat de Winston Peters de la diplomatie néo-zélandaise. La commissaire aux relations raciales, Melissa Derby, a également exprimé sa profonde déception, estimant que les dirigeants politiques ont la responsabilité de donner l’exemple au lieu d’attiser la polarisation pour capter l’attention médiatique.
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