La Russie cherche à priver les Ukrainiens d’électricité, d’eau et de gaz avant l’hiver, tandis que Kiev fait face à de fortes tensions politiques avec Washington concernant le Donbass, la limitation du partage de renseignements et la restriction des communications par satellite.
L’Ukraine aborde la saison froide sous une double menace. D’une part, les attaques de Moscou visent directement les infrastructures civiles des grandes agglomérations. D’autre part, la stratégie américaine et les frictions diplomatiques placent les autorités ukrainiennes dans une situation délicate, marquée par des restrictions sur le matériel militaire et la gestion du front oriental.
La pression hivernale de Moscou sur les services essentiels
Dans les grandes villes comme Kiev et Kharkiv, la vie quotidienne se complique en raison des bombardements constants que les défenses antiaériennes locales peinent à contenir. Le journal espagnol El País souligne que la réduction des services de base est devenue habituelle et qu’aucune amélioration ne se profile.

La principale ambition du Kremlin avant l’arrivée des grands froids consiste à couper l’accès à l’eau, à l’électricité et au chauffage. Les discussions sur un éventuel gel des frappes contre le secteur énergétique n’ont mené à rien de concret, et les espoirs d’un tel armistice se sont révélés vains alors que les assauts se poursuivent. Le président ukrainien Volodymyr Zelensky ne cache pas qu’il se sent trahi par le dirigeant américain Donald Trump, tout en s’efforçant de garder son calme sur la scène publique. Les observateurs relèvent que le pays se rapproche de la saison hivernale au milieu de frappes incessantes et d’une incertitude persistante quant à l’aide future des États-Unis.
« La réduction des services de base est devenue monnaie courante, et il n’y a pas encore de signes d’amélioration. Le principal objectif de Moscou en ce moment est de couper l’électricité du pays, de laisser les gens sans eau ni gaz avant des froids intenses. Les discussions sur la limitation des frappes contre le secteur de l’énergie se sont avérées n’être qu’un mirage », a déclaré El País selon Unian.
Les restrictions américaines sur le front et l’aide militaire
Parallèlement aux pressions militaires russes, le président Volodymyr Zelensky exprime un profond sentiment de trahison face aux décisions de l’administration de Donald Trump. Des sources officielles à Kiev qualifient ces mesures de torsion de bras
.
Ces restrictions touchent plusieurs aspects sensibles de la défense ukrainienne. Washington a réduit le partage de renseignements, notamment en omettant de prévenir Kiev lors de certaines attaques de missiles balistiques. De plus, la vitesse des terminaux Starlink utilisés par les forces armées a été bridée, ce qui perturbe les opérations de défense contre les drones et complique la logistique sur le terrain. Le secrétaire d’État américain Marco Rubio a déclaré de son côté que le conflit armé se prolonge en raison de la question du Donbass, Moscou souhaitant obtenir le contrôle de cette zone que Kiev refuse de céder. Par ailleurs, des sources ont rapporté un accord concernant le diesel avec la Russie, intervenant après des contacts téléphoniques entre Donald Trump et Vladimir Putin.
La situation critique sur le front de Kramatorsk
Sur le terrain, les correspondants de presse ont visité un poste de commandement dans la zone de Kramatorsk, où la ligne de contact reste figée malgré les assauts répétés. L’infanterie ennemie progresse lentement en profitant des conditions météorologiques défavorables.

Les intempéries compliquent le travail des opérateurs de drones ukrainiens, indispensables pour repérer et détruire les positions adverses. Les militaires redoutent que Kramatorsk, le plus grand centre urbain du Donbass sous contrôle de Kiev, ne subisse le même sort destructeur que Bakhmut. Un commandant adjoint de bataillon prénommé Roman a expliqué que de nombreux soldats russes sont mobilisés pour s’emparer de la ville, soulevant l’inquiétude des défenseurs ukrainiens face à la pression terrestre exercée par l’adversaire.
Le débat diplomatique autour du Donbass et des infrastructures
Les discussions internationales sur de possibles conditions de paix impliquent des compromis territoriaux et économiques complexes. Un interlocuteur proche du dossier indique que l’équipe américaine aborde la question du Donbass de manière mesurée, tout en insistant sur la fin des frappes ukrainiennes contre les raffineries russes en raison de la hausse des prix du carburant.

De leur côté, les forces armées ukrainiennes refusent de s’engager à cesser ces ripostes tant que les bombardements russes se poursuivent. Le président ukrainien a par ailleurs confirmé le rétablissement de la liaison Starshield et le dialogue en cours, tandis que la recherche de responsabilités politiques se poursuit en vue des échéances électorales à venir. Des pourparlers se sont également tenus à Oslo entre des délégations ukrainiennes menées par Volodymyr Zelensky et l’envoyé spécial américain Steve Witkoff, avec la participation prévue de dirigeants européens pour examiner les options de sortie de crise.
Des publications spécialisées et des analyses économiques ont en outre évoqué l’existence potentielle d’un plan prévoyant d’éventuelles zones démilitarisées et des perspectives d’intégration européenne en échange de concessions, tandis que les autorités maintiennent leur position face aux exigences des partenaires internationaux.
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