Le gouvernement cubain a décidé de maintenir l’horaire d’été en vigueur jusqu’au 7 novembre 2027 pour faire face à une grave crise énergétique. Cette mesure d’exception vise à réduire les coupures de courant massives qui touchent l’île de part en part.
Face à une dégradation sans précédent de ses capacités de production électrique, Cuba a choisi de court-circuiter son calendrier habituel. L’exécutif a officialisé cette prolongation dans une note conjointe émanant du Ministère de l’Énergie et des Mines (MINEM) et de celui du Travail et de la Sécurité Sociale (MTSS). L’île conservera ainsi une avance de quatre heures sur le temps universel coordonné (GMT -4) au lieu des cinq heures appliquées en période normale.
Cuba prolonge l’horaire d’été face à l’asphyxie électrique
La décision de geler les aiguilles des montres répond directement à l’asphyxie des infrastructures de production d’électricité. L’île subit des pannes massives depuis 2024, alimentées par la vétusté de son parc thermique. Selon les autorités, onze des quinze unités de production du pays n’ont pas pu recevoir les maintenances indispensables à temps, un retard que le régime impute directement aux sanctions de Washington.
Les publications officielles dénoncent un embargo qui asphyxie l’économie nationale. Dans une note commune relayée par Diariodecuba, les ministères soulignent que les difficultés découlent de la recrudescence du blocus et en particulier de l’encerclement énergétique que le gouvernement des États-Unis impose de manière injuste contre le peuple cubain et son économie, provoquant des pénuries de carburant pour la production d’électricité
.
Des analyses menées par des médias d’investigation ont rappelé qu’en 2025, avant même la signature d’un décret menaçant de sanctions les pays ravitaillant l’île, au moins neuf cargaisons de brut affrétées par PDVSA n’avaient jamais atteint les ports cubains. Les pénuries de combustible se traduisent aujourd’hui par des coupures de courant dépassant quotidiennement vingt heures à La Havane, et s’étendant parfois sur trois jours consécutifs dans les provinces.
Le gouvernement décale les horaires pour économiser les mégawatts
En maintenant l’heure d’été, les autorités espèrent grignoter de précieuses parts d’économie sur un réseau au bord de l’effondrement. La presse officielle indique que cette continuité permettra d’éviter un surcroît de consommation pendant les heures critiques.

Le Ministère de l’Énergie et des Mines et le Ministère du Travail et de la Sécurité Sociale ont indiqué via Diariodecuba que la mesure permettra d’éviter une augmentation de ces pannes d’environ 126 mégawatts, pendant les heures de pointe de la demande d’électricité en soirée
.
Puisque le maintien de ce fuseau horaire décale l’heure du lever de soleil par rapport à l’horaire officiel, la vie quotidienne des citoyens se trouve chamboulée. Pour contrer les désagréments de la pénombre matinale sur les activités sociales, un décret décale d’une demi-heure l’ouverture des écoles et des entreprises. Cette disposition transitoire s’appliquera du 1er novembre 2026 au 14 mars 2027.
- Le début des cours et la prise de poste dans les entreprises seront retardés de 30 minutes entre le 1er novembre 2026 et le 14 mars 2027.
- Les salariés visés par cette réorganisation conserveront l’intégralité de leur rémunération,
sans que cela ne représente une incidence sur le salaire des travailleurs
. - Les structures fonctionnant en continu devront moduler leurs roulements en fonction des spécificités de leurs procédés industriels.
Le pays conjugue arbitrages budgétaires et traditions historiques
Des données publiées par l’Office national de la statistique et de l’information (ONEI) soulignent des choix d’allocation budgétaire contestés. Entre 2014 et 2024, l’État a injecté entre deux et cinq fois plus de capitaux dans les infrastructures touristiques que dans la modernisation des réseaux d’eau, de gaz et d’électricité.
L’ajustement des aiguilles était apparu dès 1928 sous le mandat de Gerardo Machado avant d’être rapidement abandonné. Repris de 1939 à 1945 sous l’appellation populaire de la Hora de Guerra
, le procédé s’est institutionnalisé au cours des années 1960 pour s’intégrer durablement aux politiques d’austérité menées par le pouvoir.
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