Des restrictions militaires renforcées et des fermetures de routes imposées par Israël en Cisjordanie occupée pendant la fête de Souccot ont provoqué de longues files d’attente, perturbé les déplacements quotidiens et affecté l’accès aux soins médicaux pour des milliers de Palestiniens à travers la région.
Les mesures de bouclage mises en place ont profondément altéré le quotidien dans plusieurs gouvernorats, transformant des trajets habituels en épreuves prolongées. Selon l’agence Anadolu, des files de véhicules importantes se sont formées aux points de contrôle d’Atara, d’Ein Sinya et de Jaba, laissant des milliers de personnes bloquées pendant des heures. Anadolu a également observé des fermetures et une forte congestion lundi à plusieurs entrées de Ramallah, tandis que Malik Anas, rentrant à Qalqilya, a attendu environ six heures au point de contrôle d’Atara avant sa réouverture après minuit, d’autres voyageurs ne rentrant chez eux qu’à 2 heures du matin après de longues attentes et des déviations. Un militant palestinien nommé Aayed Ghafari a documenté le transfert d’un patient d’un véhicule particulier à une ambulance à Atara après avoir été bloqué, déclarant à Anadolu que l’armée d’occupation fermait délibérément les entrées de Ramallah pour empêcher les résidents de passer.
Le bouclage s’inscrit dans le cadre de restrictions plus larges appliquées du 27 septembre au 3 octobre 2026, coïncidant avec la fête juive de Souccot, d’après les informations rapportées par Al Jazeera. Si les autorités israéliennes invoquent des motifs de sécurité, les habitants soulignent l’impact de ces barrières sur l’économie locale et les services essentiels.
L’impact des barrages routiers sur les urgences médicales et les déplacements
Les répercussions de ces fermetures dépassent la simple gêne liée aux transports, touchant directement la santé publique. Les équipes d’urgence médicale font face à des retards considérables pour atteindre les patients et transporter les cas critiques vers les hôpitaux de la région.

La Commission de résistance au mur et aux colonies a recensé 942 points de contrôle, fermetures et obstacles à travers toute la Cisjordanie occupée, plaçant le gouvernorat de Ramallah et Al-Bireh à 160 points permanents, juste derrière Hébron avec 221, d’après les données fournies par le Bureau de la coordination des affaires humanitaires des Nations Unies (Middle East Eye). Pour illustrer la gravité de la situation, les familles témoignent de drames survenus en raison de ces barrières physiques.
Mohammed Abu Hijleh a déclaré à Al Jazeera : « Ma mère rendait son dernier souffle ; si la barrière avait été ouverte, nous ne l’aurions pas perdue en chemin. »
La mère de Mohammed Abu Hijleh, Zahriya Abu Hijleh, âgée de 66 ans, participait à la fête de mariage de sa nièce dans sa ville natale de Deir Istiya, au nord-ouest de Salfit, le 20 septembre lorsqu’elle a eu des vertiges et s’est effondrée, ne souffrant de rien de plus que de diabète selon son fils. De plus, Ibtihal Mansour a raconté à Al Jazeera son calvaire de plus de 14 heures vendredi dernier en essayant de regagner Nablus depuis al-Janiya près de Ramallah, bloquée par des colons et des fermetures jusqu’à ce qu’un soldat réveille brutalement ses enfants dans une zone appelée al-Lubban Asharqiya en frappant son fils de 11 ans à la tête.
Le renforcement sécuritaire et le déploiement militaire de la 98e Division
Face aux tensions et aux risques sécuritaires accrus pendant les fêtes, l’armée israélienne a considérablement renforcé sa présence militaire sur le terrain. The Jerusalem Post indique que l’état-major a notamment fait entrer la 98e Division, composée de commandos et de parachutistes, pour alléger la charge du commandement central et sécuriser les zones sensibles, le chef d’état-major Lt.-Gen. Eyal Zamir ayant également ordonné à l’armée de l’air de raccourcir ses temps de réponse et confié la responsabilité des secteurs de la brigade régionale de Judée et d’Etzion à la 98e Division.
Le nombre de bataillons déployés en Cisjordanie a atteint environ 24 unités, un chiffre nettement supérieur à la moyenne habituelle en temps de paix qui s’établit autour de 11 bataillons, avoisinant les niveaux observés il y a près de vingt-cinq ans où les bataillons dépassaient 40.

Témoignages de la population et bilan des restrictions en cours
Les témoignages recueillis auprès des conducteurs et des voyageurs illustrent la complexité quotidienne des déplacements. Attaf Abu Aliya, un chauffeur de taxi de la région de Ramallah, décrit des attentes quotidiennes prolongées aux points de passage, aggravées par la présence de colons dans certains secteurs (Middle East Eye).
Attaf Abu Aliya a déclaré à Middle East Eye : « Attendre des heures est devenu la norme ; les soldats restent plantés là sans effectuer de fouilles ni laisser passer les véhicules, simplement pour rendre notre vie misérable. Les étudiants ratent leurs cours universitaires et les affaires de tout le monde sont perturbées, tout cela à cause du caprice d’un seul soldat. »
Parallèlement, l’agence officielle palestinienne Wafa, citée par Middle East Monitor et Anadolu, rappelle que les forces israéliennes ont fermé les entrées de Aboud, Nabi Saleh, Atara et Jaba, tout en installant des points de contrôle à Yabrud, Ein Sinya et Jaba.
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