bpost voit son action chuter et réduit ses prévisions annuelles

clairement décevants — tels sont les chiffres publiés, alors que bpost fait face à un effondrement boursier sévère et à une forte révision à la baisse de ses perspectives opérationnelles annuelles.

Le groupe postal a fait état d’un résultat opérationnel ajusté affichant un solde négatif de 21,2 millions d’euros pour un chiffre d’affaires légèrement supérieur à un milliard d’euros. Bnode, la maison mère, vise désormais une performance opérationnelle annuelle de 95 à 105 millions d’euros, contre une estimation précédente d’environ 140 millions et un objectif initial de 165 à 195 millions d’euros. L’action de l’entreprise a chuté, ramenant la capitalisation boursière à 181 millions d’euros, ce qui représente désormais moins de 15 % de la valeur totale d’entreprise.

Des difficultés pèsent sur l’expansion internationale

Les analystes de Degroof Petercam attribuent ces piètres résultats à trois facteurs principaux : un manque de croissance dans le segment des colis, une hausse des coûts alimentée par l’inflation, et la sous-performance persistante de Radial, la filiale américaine spécialisée dans la logistique e-commerce. En outre, l’acquisition financée par la dette de la firme logistique française Staci pour 1,3 milliard d’euros n’a pas répondu aux attentes, laissant le groupe avec une dette nette de 1,7 milliard d’euros.

bpost voit son action chuter et réduit ses prévisions annuelles
Photo : Dhnet

Le marché du colis ralentit

Sur le plan opérationnel, le CEO Chris Peeters pointe du doigt des résultats commerciaux tardifs et une croissance plus lente du volume des colis. Landmark Global, la branche internationale gérant les volumes d’expédition asiatiques, a encaissé les coups des nouvelles taxes sur les petits colis introduites en juillet. Au sein de l’entreprise, le personnel évoque un comportement de consommation prudent, soulignant que si la demande de colis persiste, en particulier dans les secteurs de la mode, les contraintes de pouvoir d’achat affectent l’ensemble du marché.

Il y a toujours une croissance des colis, mais elle est moins importante que prévu, souligne une source interne de bpost. Dans la mode notamment. Cela tient en grande partie au pouvoir d’achat et je crois que tout le monde est un peu concerné dans le secteur.

Pour répondre à un marché où la taille de la Belgique demeure trop exiguë pour les activités de distribution concurrentielles, les dirigeants avaient cherché des revenus à l’étranger. Pour affronter les défis de fin d’année et préparer l’exercice à venir, l’entreprise s’appuie sur une solide organisation de terrain, ayant par le passé traité en moyenne 600 000 colis par jour en 2025 avec un pic record de 829 000 le 2 décembre. Malgré la grosse grève enregistrée en avril dernier, bpost constate un retour progressif de ses volumes de colis et prévoit de reconduire un dispositif opérationnel similaire pour la période des fêtes. Nicolas Baise prendra ses fonctions de directeur général de bpost dès le 1er janvier, tandis que Chris Peeters conserve la tête de Bnode, avec pour mission de rapprocher les équipes commerciales des unités opérationnelles afin d’accélérer les prises de décision.

Cette réalité impose des adaptations, sinon le modèle ne tient plus. Notre objectif est de préserver l’avenir de bpost et de l’emploi

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