Benjamin Netanyahu en tête mais sans majorité pour gouverner Israël

Benjamin Netanyahu a remporté les élections législatives en Israël le 27 octobre 2026, mais son bloc reste loin de la majorité requise de 61 sièges. Avec 56 sièges pour la coalition sortante selon les données de la commission électorale, le Premier ministre écarte toute alliance avec les partis arabes.

Les électeurs israéliens se sont prononcés lors d’un scrutin marqué par une participation record, atteignant 77,7 %, soit le chiffre le plus élevé enregistré depuis 1999 selon les données de la presse et des autorités électorales. Le Likud, formation menée par le Premier ministre sortant, s’impose comme le parti le plus voté de ces élections à la 26e Knéset, d’après les chiffres portant sur plus de 66 % des suffrages dépouillés.

Malgré cette première place, le bloc pro-Netanyahu, qui regroupe le Likud, les formations ultraorthodoxes et les alliés de l’extrême droite religieuse, stagne à 56 sièges. Il lui manque ainsi cinq unités pour franchir le seuil des 61 sièges indispensable pour gouverner. Du côté du dirigeant sortant, la répartition des sièges s’établit avec sept sièges pour Shas, les deux partis ultraorthodoxes, auxquels s’ajoutent ceux de Poder Judío et de Sionismo Religioso, les formations des ultranationalistes Itamar Ben Gvir et Bezalel Smotrich.

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Le défi de Gadi Eisenkot et le score du parti Yashar

En face, le bloc de l’opposition emmené par le général à la retraite Gadi Eisenkot totalise 48 sièges, son parti Yashar s’adjugeant 21 députés pour s’affirmer comme la deuxième force politique du pays. Il est suivi par B’Yachad, conduit par Naftali Bennett, avec 11 sièges, le Parti Démocrate de Yair Golan avec 9 sièges, et Yisrael Beiteinu, mené par Avigdor Lieberman, avec 8 sièges. L’ancien chef d’État-major, entré en politique après avoir perdu son plus jeune fils Gal dans une explosion au nord de Gaza en décembre 2023, a immédiatement réagi en interprétant la forte mobilisation citoyenne comme un désaveu populaire envers le pouvoir en place.

Gadi Eisenkot a déclaré : « Je ferai tout mon possible pour être à la hauteur du lourd tribut payé par Gal. »

Benjamin Netanyahu en tête mais sans majorité pour gouverner Israël
Photo : RTVE.es

Gadi Eisenkot, qui fut chef d’État-major sous l’autorité de Netanyahu, a assuré qu’il consacrera toutes ses forces à construire un gouvernement sioniste, stable et bon pour l’ensemble des citoyens d’Israël. Les analystes soulignent toutefois que la constitution d’un cabinet d’union entre le Likud et le centre paraît difficile en raison de la profonde hostilité existant entre les deux électorats.

Le rôle clé des formations politiques arabes

Les listes représentant la minorité arabe israélienne enregistrent une poussée notable dans les urnes, s’approchant d’une vingtaine de sièges au total selon les projections et le dépouillement en cours. La Lista Conjunta obtient 12 députés tandis que la formation islamiste modérée Ra’am en recueille quatre. Si cette tendance se confirme, le pays a devant lui des semaines de négociations politiques où les partis arabes joueront un rôle fondamental, ces derniers regroupant plus de deux millions de citoyens et résidents arabes, soit environ 20 % de la population totale.

Néanmoins, Benjamin Netanyahu a multiplié les mises en garde durant la campagne en rejetant fermement toute alliance de ce type et en accusant ses rivaux de chercher un appui auprès de formations qu’il qualifie d’hostiles aux soldats des forces armées.

Perspectives institutionnelles et incertitudes sur le calendrier

Le président de l’État devra désigner le responsable le mieux placé pour tenter de former une coalition, une étape qui pourrait s’étaler sur plusieurs semaines face à l’émiettement de l’hémicycle.

Benjamin Netanyahu en tête mais sans majorité pour gouverner Israël
Photo : EL PAÍS

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