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Belgique : semaine du 24-30 juin 2026 pourrait battre records de chaleur

Selon les modèles du Royal Meteorological Institute (IRM) et les alertes du Service Public Fédéral (SPF) Environnement, la semaine du 24 au 30 juin 2026 pourrait battre des records de chaleur en Belgique, avec des températures dépassant localement les 40°C. Mais les incertitudes persistent sur la durée et l’ampleur du phénomène.


Quels records sont en jeu et où ?

Les prévisions les plus alarmistes, publiées jeudi par l’IRM, suggèrent que les températures pourraient atteindre 38 à 42°C dans les régions wallonnes et brabançonnes, avec des pointes possibles à 40,5°C à Uccle (Bruxelles) et 41,2°C à Florennes (province de Namur). Ces chiffres, si confirmés, dépasseraient les records historiques :

  • 40,2°C (Beauvechain, 2019) ;
  • 39,9°C (Uccle, 2023).

« Nous anticipons un épisode caniculaire d’une intensité exceptionnelle, comparable à celui de 2019, mais avec une durée prolongée », a déclaré Jean-Pascal van Ypersele, climatologue à l’UCLouvain, cité dans un communiqué de l’IRM. « Les modèles montrent une stabilisation des hautes pressions sur l’Europe de l’Ouest jusqu’au 28 juin, avec peu de marge pour une baisse brutale. »

Les régions les plus exposées seraient :

  • Wallonie (Namur, Luxembourg, Hainaut) ;
  • Brabant flamand et wallon ;
  • Les provinces d’Anvers et de Limbourg, où les îlots de chaleur urbains pourraient amplifier les effets.

Le SPF Environnement a déjà activé un niveau 3 (alerte orange) pour plusieurs provinces à partir de lundi, avec des consignes renforcées pour les populations vulnérables.

Projections climatiques : une canicule sans précédent en Belgique

Trois facteurs distinguent cet épisode des vagues de chaleur passées, selon les analyses croisées de l’IRM et du Centre pour le Climat (KMI) :

  1. Une durée inhabituelle :
    Les prévisions indiquent un maintien des températures élevées pendant six jours consécutifs, contre trois à cinq jours lors des canicules récentes (2019, 2022). « Le risque de stress thermique s’accumule, surtout pour les personnes âgées ou souffrant de pathologies chroniques », souligne Dr. Sarah De Ridder, épidémiologiste à Sciensano.

  2. Un contexte de sécheresse prolongée :
    Les sols restent secs après un printemps déficitaire en précipitations, réduisant l’évaporation et aggravant l’effet « fournaise » des villes. « Les nappes phréatiques sont à des niveaux critiques dans le sud du pays », confirme un rapport du Service Public de Wallonie publié vendredi.

  3. Un décalage saisonnier :
    Cette canicule survient un mois plus tôt que la moyenne des épisodes caniculaires depuis 2000, selon les données du KMI. « Le réchauffement climatique décale les saisons, mais cette précocité est aussi liée à un blocage atmosphérique persistant », explique van Ypersele.

Mesures d’urgence : comment les autorités belges préparent-elles la réponse

Plusieurs mesures ont été annoncées ou renforcées depuis vendredi :

  • Ouverture exceptionnelle des centres de fraîcheur :
    Les communes wallonnes et bruxelloises ont été invitées à mobiliser leurs équipements, avec un focus sur les personnes sans-abri et les résidents des EHPAD. À Bruxelles, la Ville a déjà ouvert 12 sites supplémentaires, dont des bibliothèques et des centres culturels.

  • Consignes pour les travailleurs :
    Le SPF Emploi a rappelé les obligations légales des employeurs : pauses supplémentaires, hydratation forcée, et interdiction des travaux en extérieur entre 12h et 16h pour les métiers exposés (BTP, agriculture). « Nous surveillerons les signalements de non-respect via les inspections », a indiqué Pierre-Yves Dermagne, ministre du Travail, lors d’un point presse samedi.

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  • Restrictions d’eau :
    Plusieurs communes wallonnes (dont Namur, Charleroi et Verviers) ont déjà instauré des interdictions d’arrosage des jardins et des limites sur l’usage de l’eau non potable. Le SPW Environnement étudie des mesures similaires pour la région bruxelloise.

Évolution des prévisions : scénarios contrastés pour la fin de la vague de chaleur

Les modèles restent divisés sur la fin de l’épisode :

  • Scénario optimiste (40% de probabilité) : Un front frais pourrait aborder la Belgique à partir du 29 juin, avec une baisse des températures à 28-32°C dès le 30 juin.
  • Scénario pessimiste (30% de probabilité) : Les hautes pressions persistent jusqu’au 1er juillet, maintenant des températures au-dessus de 35°C dans le sud du pays.

« Il est trop tôt pour exclure un prolongement », tempère Philippe De Maeyer, chef du service climat à l’IRM. « Les modèles à très long terme sont moins fiables, mais les tendances actuelles ne montrent pas de refroidissement brutal avant le week-end du 2 juillet. »


Que faire si la canicule se confirme ?

Les autorités rappellent les gestes essentiels :

  • Hydratation : Boire 1,5 à 2 litres d’eau par jour, même sans soif.
  • Ventilation nocturne : Fermer fenêtres et volets la journée, les ouvrir la nuit pour rafraîchir les logements.
  • Signalement des urgences : Le numéro 107 (urgences sociales) est actif 24h/24 pour les personnes en difficulté.

« Les canicules prolongées ont un impact cumulatif sur la santé, avec un risque accru d’hospitalisations pour insuffisance cardiaque ou coup de chaleur », avertit Sciensano. Les données de 2022 montrent une hausse de 15% des décès liés à la chaleur lors des vagues caniculaires.


Et après ? Vers une normalisation du climat belge ?

Cet épisode s’inscrit dans une tendance lourde : depuis 2010, la Belgique enregistre trois fois plus de jours caniculaires (températures > 30°C) qu’avant 1990, selon le KMI. « Si les émissions de gaz à effet de serre ne sont pas réduites, ces événements deviendront la norme plutôt que l’exception », souligne van Ypersele.

Le gouvernement fédéral a annoncé, lors du Conseil des ministres de jeudi, un plan d’adaptation climatique incluant :

  • Un fonds de 50 millions d’euros pour la rénovation thermique des bâtiments publics ;
  • Le développement de zones de fraîcheur urbaines (végétalisation, bassins d’eau) ;
  • Une stratégie nationale de prévention des risques liés à la chaleur, en consultation avec les régions.

« Nous ne pouvons plus considérer ces vagues de chaleur comme des exceptions », a déclaré Zakia Khattabi, ministre du Climat, lors de la présentation du plan. « La Belgique doit se préparer à des étés de plus en plus longs et intenses. »


Prochaines étapes à suivre :

  • Lundi 24 juin : Activation officielle des alertes orange dans les provinces concernées.
  • Mercredi 26 juin : Point presse conjoint IRM/SPF Environnement pour une mise à jour des prévisions.
  • Fin de semaine : Décision sur d’éventuelles restrictions supplémentaires (eau, transports).

Sources : IRM (Royal Meteorological Institute), SPF Environnement, Sciensano, UCLouvain, Service Public de Wallonie, communiqués des ministères fédéraux (20-21 juin 2026).

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