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Trump critique l’Italie sur l’Iran et les bases militaires

Une escalade verbale sur Truth Social

Le président américain Donald Trump a intensifié ses critiques contre l’Italie et la présidente du Conseil Giorgia Meloni, dénonçant un manque de soutien sur le dossier iranien et la gestion des bases militaires. Ce conflit diplomatique, qui s’est cristallisé cette semaine, fait suite au refus italien d’autoriser l’utilisation de la base de Sigonella pour des opérations américaines.

Une escalade verbale sur Truth Social

Le ton entre Washington et Rome s’est durci après une série de publications sur le réseau social Truth, où Donald Trump a ouvertement remis en question l’engagement de l’Italie au sein de l’OTAN. Selon les informations rapportées par Sky TG24, le président américain a fustigé l’absence de coopération italienne face à la menace nucléaire iranienne.

« Après avoir dépensé des milliers de milliards de dollars pour l’OTAN, l’Italie et son Premier ministre ne prendraient même pas en considération d’être impliqués contre la République islamique d’Iran et sa très grave menace nucléaire. Pendant des décennies, nous les avons défendus, mais quand le moment de l’épreuve arrive, ils ne sont pas là pour nous défendre, nous et le reste du monde. Ce n’est pas bien !

Une escalade verbale sur Truth Social
Photo: Corriere Roma
Une escalade verbale sur Truth Social
Photo: Il Fatto Quotidiano
Ces attaques font suite à une controverse plus large impliquant Giorgia Meloni. Donald Trump a affirmé que la cheffe du gouvernement italien l’aurait « supplié » d’être photographiée à ses côtés lors du G7 d’Évian, avant d’ajouter qu’elle chercherait désormais à redevenir son amie pour « faire remonter ses chiffres ». La réponse de Meloni a été immédiate, qualifiant ces échanges de spectacle indigne de leurs fonctions respectives : « Je crois que c’est un spectacle à la hauteur de notre tâche », a-t-elle déclaré, citée par Sky TG24.

Le point de friction : l’usage de la base de Sigonella

Colère de l'Italie après des critiques attribuées à Trump contre Meloni • FRANCE 24
Derrière les invectives personnelles, un contentieux opérationnel concret alimente la tension : l’accès aux infrastructures militaires américaines en Italie. Comme l’a révélé Il Post, le gouvernement italien a refusé le 27 mars dernier l’atterrissage d’avions militaires américains à la base de Sigonella, en Sicile, alors que ces appareils étaient en route vers le Moyen-Orient pour des frappes contre l’Iran. Giorgia Meloni a justifié ce veto en invoquant la souveraineté nationale et le respect des accords bilatéraux. « Leur utilisation est régie par des accords que nous avons toujours respectés, et qui ne peuvent être violés tant que je serai présidente du Conseil », a-t-elle martelé. Ces accords, signés en 1954 et mis à jour en 1995, demeurent protégés par le secret d’État, empêchant une lecture publique complète de leurs clauses opérationnelles.

Réactions et tentatives d’apaisement à Rome

Réactions et tentatives d'apaisement à Rome
Photo: Sky TG24
Face à cette crise, les membres du gouvernement italien tentent de maintenir une distinction entre les déclarations de Donald Trump et la solidité structurelle de l’alliance transatlantique. Le ministre de la Défense, Guido Crosetto, a affirmé que les relations avec les États-Unis demeurent « absolument normales » et « solides », précisant que les contacts avec l’ambassadeur américain en Italie n’ont pas été altérés par ces récentes escarmouches, rapporte Sky TG24. De son côté, le ministre des Affaires étrangères Antonio Tajani a adopté une posture plus ferme. Dans une interview accordée au Corriere Roma, il a insisté sur le fait que l’Italie n’est « le sujet de personne » et que la politique étrangère ne peut être dictée par des « attaques immotivées ». Tajani a confirmé qu’il se rendrait aux célébrations du 4 juillet à la Villa Taverna « la tête haute », tout en précisant qu’il aborderait les dossiers en cours avec le secrétaire américain Rubio lors du prochain sommet de l’OTAN à Ankara.

Une couverture médiatique contrastée

La presse italienne souligne le décalage entre la réalité des faits et les titres publiés quelques jours plus tôt. Il Fatto Quotidiano a ainsi ironisé sur plusieurs unes de journaux nationaux qui parlaient, à la mi-juin, d’un « dégel » ou d’un « retour au sereno » entre Meloni et Trump. Ces titres, qualifiés de « mal vieillis », illustrent la volatilité de la relation entre les deux dirigeants. La situation reste incertaine à l’approche du sommet de l’OTAN. Si le gouvernement italien souhaite clore le chapitre des polémiques, les exigences américaines en matière de dépenses de défense et d’implication dans les zones de conflit mondiales suggèrent que les points de friction ne sont pas résolus. L’Italie continue de naviguer entre son rôle d’allié stratégique des États-Unis et la préservation de ses prérogatives souveraines sur son territoire.

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