Artérite à cellules géantes révélée par une myéloradiculite et des infarctus

Une patiente de 61 ans présentant une myeloradiculitique thoracique a finalement été diagnostiquée avec une artérite à cellules géantes occulte.

L’artérite à cellules géantes, également connue sous le nom d’artérite temporale, constitue la vascularite systémique primitive la plus fréquente chez les adultes de plus de 50 ans. Elle se manifeste classiquement par des céphalées, une claudication mandibulaire et une sensibilité du cuir chevelu. L’artérite à cellules géantes est une vascularite des gros vaisseaux caractérisée par des céphalées, des troubles visuels, des signes généraux et une élévation des marqueurs inflammatoires.

Cependant, les atteintes de la moelle épinière s’avèrent extrêmement rares et sont facilement confondues avec des pathologies discales dégénératives. Un dossier clinique documenté par une publication médicale expose l’évolution trompeuse de cette pathologie chez une femme dont les premiers symptômes ont débuté par un déficit des membres inférieurs et une sciatique initialement prise pour une hernie discale opérée sans amélioration.

Une myéloradiculite thoracique et des infarctus cérébraux multifocaux

L’affection de la patiente a progressé sur plusieurs mois avant qu’un déficit controlatéral, un niveau sensitif et des troubles sphinctériens n’apparaissent, permettant d’identifier une myéloradiculite thoracique grâce à une IRM. L’examen a mis en évidence un gonflement de la moelle thoracique entre les niveaux T11 et T12 ainsi que du conus médullaire avec un rehaussement de contraste.

Par la suite, une IRM cérébrale a révélé des hyperintensités en séquence FLAIR dans la région cortico-sous-corticale frontale gauche, dans les régions pariétales et occipitales droites, dans la substance blanche cérébelleuse droite, ainsi qu’au niveau bulbaire et cervical. Les radiologistes ont attribué ce profil à une origine vasculaire, compatible avec l’extension d’une maladie des gros vaisseaux aux troncs supra-aortiques.

À son admission, l’hémogramme complet indiquait une hémoglobine à 11,9 g/dL, des leucocytes à 5,50 × 10⁹/L comprenant 3,69 × 10⁹/L de neutrophiles et 1,16 × 10⁹/L de lymphocytes, ainsi que des plaquettes à 277 × 10⁹/L. Le sodium sérique s’établissait à 134 mmol/L et le potassium à 4,10 mmol/L, avec une urée à 0,39 g/L et une créatinine à 6,15 mg/L.

Selon les données d’une étude prospective portant sur des patients nouvellement diagnostiqués avec une artérite à cellules géantes confirmée par biopsie, l’angio-TDM a détecté une atteinte des troncs supra-aortiques chez 27 patients sur 40, soit 67,5 %, comme le relate la publication médicale. Dans le cas présent, l’imagerie a également objectivé une occlusion complète de l’artère carotide interne droite associée à une aorte ascendante ectasique.

L’occlusion de l’artère centrale de la rétine et les formes occultes

Quelques jours avant son admission, l’apparition soudaine d’une perte de vision unilatérale à l’œil gauche et un nouveau déficit au membre supérieur ont trahi une implication vasculaire plus étendue. Contrairement à la neuropathie optique ischémique antérieure artéritique classiquement décrite, la perte visuelle de l’œil gauche provenait d’une occlusion de l’artère centrale de la rétine, témoignant d’une atteinte des branches distales de l’artère ophtalmique, l’artère carotide interne gauche restant pour sa part perméable sur l’angio-TDM.

Une prise en charge compromise et des complications septiques

Malgré l’instauration d’une corticothérapie à haute dose, la patiente n’a présenté qu’une réponse partielle. L’évolution a été marquée par l’apparition d’une détresse respiratoire aiguë, d’une fièvre atteignant 41 °C et d’une bactériémie à Streptococcus, survenant environ trois semaines après le début de la prise de prednisone, alors que le traitement glucocorticoïde à pleine dose était toujours en cours.

Transférée en soins intensifs dans un autre service pour une durée de deux semaines, la patiente est finalement décédée des suites d’un choc septique, l’évaluation de l’extension de la maladie par TEP-scan au fluorodésoxyglucose n’ayant pas pu être réalisée en raison de contraintes de ressources locales, selon le journal de bord clinique établi par le rapport de cas.

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