JCB Bat le Record Mondial de Vitesse avec l’Hydromax à Hydrogène

L’équipe de JCB a établi un nouveau record mondial de vitesse terrestre pour des véhicules propulsés à l’hydrogène, atteignant une moyenne de 406.320 mph sur les salines de Bonneville dans l’Utah. Piloté par l’ancien commandant de la Royal Air Force Andy Green, le véhicule Hydromax a surclassé les précédents records de cette catégorie.

Les salines de Bonneville, dans l’Utah, ont résonné du rugissement d’une machine propulsée par deux moteurs à hydrogène. Mardi, le véhicule Hydromax de JCB a battu le record mondial de vitesse terrestre homologué par la Fédération Internationale de l’Automobile dans la catégorie des véhicules à hydrogène, en touchant la vitesse de 406.320 mph. Derrière le volant se trouvait Andy Green, ancien commandant d’escadre de la Royal Air Force, qui détient toujours le record absolu de vitesse terrestre avec 763.035 mph, établi en 1997 à bord du ThrustSSC, le premier véhicule à franchir le mur du son sur terre.

Une mécanique poussée à 1 600 chevaux sur le sel de Bonneville

La performance exigeait une transformation radicale de la motorisation. Alors que les moteurs diesel d’origine développent 74 chevaux, chaque bloc propulsant l’Hydromax a été profondément modifié pour multiplier sa puissance par plus de dix, atteignant 800 chevaux chacun pour un total cumulé de 1 600 chevaux et un couple de 2 600 lb-ft. L’équipe technique a doublé le régime à 3 800 tr/min, introduit des doubles arbres à cames en tête et adopté l’injection directe à haute pression. Pour refroidir l’air comprimé par les turbos, le bolide intègre même deux réservoirs de glace.

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Les essais se sont déroulés en deux temps pour établir la moyenne officielle. Le véhicule a réalisé une première passe à 400.623 mph, suivie d’un second passage en sens inverse à 412.135 mph, fixant la moyenne à 406.320 mph. Ce résultat surclasse largement les précédents jalons de la catégorie, devançant la BMW H2R et son moteur V12 qui plafonnait à 185,5 mph en 2004, ainsi que le record des piles à combustible établi par la Venturi Buckeye Bullet 2 en 2009 à 303 mph.

Andy Green, pilote, a déclaré que la voiture était formidable — stable, solide et rapide — et qu’établir un record du monde de vitesse terrestre avec l’hydrogène, vingt ans après Dieselmax, constituait un immense privilège ainsi qu’une réalisation remarquable accomplie par une équipe de classe mondiale et une technologie superbe, a ajouté le pilote britannique à l’issue de sa tentative. Vingt ans plus tôt, la même équipe de JCB avait marqué les esprits sur le même site avec le Dieselmax.

L’ouverture historique des archives de la FIA à Valleiry

Cet exploit technologique coïncide avec la mise en lumière du passé. La Fédération Internationale de l’Automobile entreprend de numériser plus de deux millions de documents et photographies conservés dans son centre de stockage à Valleiry, en France. Cette collection consacrée aux records de vitesse terrestre représente le premier volet de ce vaste chantier patrimonial destiné au grand public.

A yellow land speed record car on a salt flat
Photo: Ars Technica

Selon Roger Banowetz, président de la commission des records de vitesse de la FIA, cette initiative permet de sortir des cartons des notes manuscrites, des lettres et des dossiers officiels annotés par les pionniers de la discipline. Ces archives retracent une épopée débutée à l’aube du XXe siècle, marquée par les duels entre le Belge Camille Jenatzy à bord de la Jamais Contente et le Français Gaston de Chasseloup-Laubat.

L’âge d’or des pionniers britanniques face aux vapeurs d’huile

Les documents exhumés rappellent la dangerosité des tentatives des années 1930, lorsque les Britanniques Malcolm Campbell, George Eyston et John Cobb se disputaient la suprématie mondiale, faisant progresser le record de 231 mph à 367 mph en une décennie. Les rapports techniques de l’époque qualifiaient la piste de l’Utah de particulièrement rude.

La JCB Hydromax bat le record de vitesse terrestre pour un véhicule à hydrogène

Malcolm Campbell lui-même a frôlé la catastrophe lors de son passage à 300 mph en 1935, décrivant la saturation de l’habitacle en vapeurs d’huile et en gaz d’échappement lorsqu’il a expliqué que soudainement un film d’huile avait commencé à couvrir le pare-brise, que des fumées mortelles provenant du moteur avaient commencé à pénétrer dans l’habitacle et qu’il avait réalisé qu’à tout moment il risquait de perdre connaissance, a-t-il relaté, évoquant une violente explosion et l’éclatement d’un pneu avant de réussir à maîtriser son véhicule malgré la douleur.

JCB Hydromax établit un record de vitesse terrestre à l'hydrogène de 406,32 mph

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