Quatre grévistes de la faim maintiennent la pression à Ciudad Guayana, réclamant un bono de 1 200 dollars pour les utilités face au silence persistant de la Corporación Venezolana de Guayana.
La grève de la faim de la CVG franchit le cap des 130 heures
La tension est montée d’un cran à Ciudad Guayana, où des travailleurs et des retraités des entreprises de base de la Corporación Venezolana de Guayana poursuivent une action de protestation extrême. Près de la Casa Matriz, les grévistes totalisent plus de 130 heures de jeûne, un mouvement entamé pour exiger le versement d’un bono unique de 1 200 dollars au titre des utilités.
Le mouvement a débuté le samedi 24 octobre sous l’impulsion de Hugo Medina, président de l’Association des retraités et pensionnés du État Bolívar, qui a précisé selon El Nacional que cette décision est une réponse au silence de la direction. D’autres manifestants ont rapidement rejoint le piquet de grève, transformant la vigilia en un bras de fer direct avec la direction de la holding d’État.

L’état de santé critique des grévistes et l’hospitalisation d’Alejandro Lozada
Les conditions physiques des participants se sont détériorées rapidement sous l’effet de l’inanition et du stress. Alejandro Lozada, travailleur de la Siderúrgica del Orinoco, a dû être évacué d’urgence vers l’hôpital Dr. Américo Babó de Ferrominera del Orinoco après avoir présenté des complications sévères, dont une hémorragie digestive, une baisse d’hémoglobine, une perte de cinq kilos et des épisodes d’anxiété après cinq jours de grève de la faim, selon les informations rapportées par Primicia et Crónica Uno.
Alejandro Lozada a déclaré : « Je le fais pour ma famille, pour mes collègues. J’expose ma vie, mais c’est pour une cause juste. »
🔴 #NoticiasAhora | Más de 130 horas de huelga de hambre cumplen trabajadores y jubilados de las industrias básicas de Guayana para exigir el pago único de 1.200 dólares por concepto de utilidades. Hugo Medina, presidente de la Asociación de Jubilados y Pensionados de Bolívar,… pic.twitter.com/DjZh2VCRgE
Avec ce départ médicalisé et un autre participant ayant initialement pris part au jeûne avant d’être confronté à des désistements ou à des modifications du nombre de grévistes — le groupe de départ comptant quatre personnes —, la contestation se poursuit avec d’autres figures comme Tomás Romero de Sidor et Luis García, retraité d’Alcasa. Les syndicalistes soulignent que les familles subissent une pression psychologique intense face au risque encouru par leurs proches.
Le contraste entre la CVG et Minerven face aux revendications
La persistance du conflit met en lumière un fossé profond dans la gestion des entreprises publiques de la région. Alors que la CVG reste inflexible face aux demandes de ses salariés, la direction de la minière étatique Minerven a choisi la voie de l’accord salarial, désamorçant les tensions locales par un plan de versements échelonnés totalisant 2 000 dollars par travailleur, ainsi que le documente El Informador Venezuela. El Nacional précise que ce pacte à Minerven prévoit un premier versement de 1 000 dollars en espèces le 15 novembre, suivi de 400 dollars en espèces le 7 décembre, et un solde final de 600 dollars par virement indexé sur le taux USDT le 15 décembre.

Du côté de la CVG, la proposition initiale de verser l’équivalent de 480 dollars de manière fractionnée a été rejetée en bloc par la base ouvrière. Les syndicats rappellent que le montant demandé de 1 200 dollars vise à garantir le pouvoir d’achat des quelque 80 000 employés et retraités des industries de base pour la période de fin d’année.
Le blocage des voies à Alta Vista et les conditions de négociation
Face à l’absence de réponse de la part du président de la CVG, Héctor Silva, la contestation a gagné les rues de Puerto Ordaz. Des groupes de manifestants ont procédé au blocage des accès routiers et des feux tricolores dans le secteur névralgique d’Alta Vista, paralysant la circulation aux abords de la Tour Movistar, de la route des Tribunaux menant de San Félix à Puerto Ordaz, de l’hôpital des travailleurs et de la Casa Matriz de la CVG, tout en engorgeant des voies secondaires comme l’avenue Atlántico et l’avenue Leopoldo Sucre Figarella selon soynuevaprensadigital.com.
Les délégués syndicaux exigent l’ouverture d’un dialogue direct avec la direction générale pour traiter uniquement de la question des utilités. La position officielle de la présidence de la corporation demeure toutefois subordonnée au préalable du démontage du campement et à l’arrêt total du mouvement de grève, une condition jugée inacceptable par le mouvement ouvrier.
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