Accord commercial rapide prévu avec le Canada, selon Donald Trump

Le président américain Donald Trump a affirmé dimanche qu’un accord commercial avec le Canada serait conclu «rapidement», malgré des tensions persistantes et des surtaxes douanières réciproques atteignant 50 %. Les déclarations du dirigeant interviennent alors que les négociations officielles restent rompues depuis août et que les échéances électorales approchent.

Les relations économiques entre Ottawa et Washington traversent une zone de turbulences marquée par des mesures protectionnistes et des ripostes tarifaires. Lors d’un rassemblement politique tenu le 25 octobre à Port Huron, dans le Michigan, Donald Trump a réaffirmé sa politique douanière tout en se voulant rassurant sur l’issue des pourparlers, selon des rapports de presse publiés par Le Figaro. Le locataire de la Maison-Blanche a soutenu que le Canada était désormais disposé à accepter les conditions américaines.

Nous allons avoir ceci de réglé rapidement, ils sont prêts à nous donner tout ce que l’on veut.

Donald Trump, président des États-Unis

Du côté canadien, la réalité des discussions apparaît toutefois plus nuancée. Une source proche des dossiers a indiqué à Radio-Canada qu’une entente ne serait pas imminente, malgré l’intensification récente des contacts entre les équipes de négociation. Le ministre responsable du Commerce Canada–États-Unis, Dominic LeBlanc, a notamment annulé des engagements publics pour maintenir des communications directes depuis Ottawa.

Trump affirme qu’un accord avec le Canada est sur le point d’être conclu

Une escalade commerciale enclenchée en août dernier

Le fossé actuel entre les deux voisins s’est creusé à la fin du mois d’août, lorsque les négociations bilatérales ont échoué face à l’imposition d’une surtaxe de 20 milliards de dollars sur divers produits canadiens, incluant le ciment, le vin et les articles de sport. Ottawa avait immédiatement répliqué par des droits de douane de rétorsion d’une valeur équivalente sur des marchandises en provenance des États-Unis.

En réponse à cette riposte, l’administration américaine a durci le ton en élevant certaines surtaxes jusqu’à 50 % sur une vaste gamme d’exportations canadiennes. Les tensions ont également des répercussions judiciaires et commerciales directes pour les entreprises des deux côtés de la frontière.

Aceum us canada flags plus
Photo : Le Bulletin des agriculteurs

À Montréal, l’entreprise Eternal Ice Bath a ainsi commencé à facturer une « taxe taxe » d’environ 1600 dollars à sa clientèle américaine pour éponger un tarif de 25 %, le cofondateur Guillaume Couture qualifiant la situation de folie pure. Parallèlement, une plainte a été déposée en justice par un importateur américain de denrées alimentaires, qui dénonce un excès de pouvoir préjudiciable aux chaînes d’approvisionnement.

Des ajustements tarifaires ciblés à l’approche du scrutin de mi-mandat

À quelques jours des élections de mi-mandat prévues le 3 novembre, la Maison-Blanche a procédé à des modifications de sa liste tarifaire. Un décret signé vendredi dernier prévoit la levée des surtaxes sur certains produits agricoles et forestiers à compter du 30 octobre, tout en en instaurant de nouveaux sur d’autres marchandises, comme le rapporte l’analyse de Radio-Canada.

Trump dit qu’un accord commercial avec le Canada pourrait être conclu «assez bientôt»

Ces ajustements répondent directement aux pressions d’élus locaux, à l’instar de la sénatrice républicaine Susan Collins dans le Maine, engagée dans une lutte serrée pour sa réélection. Dans cet État frontalier, les restrictions ont lourdement pénalisé les exportations de bois et l’économie locale. Kevin Hassett, directeur du Conseil économique national, a par ailleurs attribué une partie des retards de l’entente globale aux turbulences politiques canadiennes, évoquant notamment le débat référentiel en Alberta.

L’avenir incertain des chaînes d’approvisionnement transfrontalières

Les répercussions de ce conflit se font particulièrement ressentir dans l’industrie automobile de Détroit et au sein du secteur agroalimentaire. Lors d’une conférence de l’Institut canadien des politiques agroalimentaires (ICPA) à Ottawa, l’ancien négociateur Gregg Doud a souligné que les États-Unis adoptaient désormais une approche beaucoup plus stricte, avertissant que le Congrès n’était plus disposé à accorder des concessions unilatérales, ainsi qu’en fait état Le Bulletin des agriculteurs.

Eternal ice founders
Photo : Le Journal de Montréal

Malgré l’optimisme affiché par Washington lors des rassemblements électoraux, les analystes rappellent que l’Accord Canada–États-Unis–Mexique (ACEUM) fait face à des pressions inédites. Le gouvernement canadien maintient sa position d’ouverture à un dialogue constructif, tout en évaluant l’impact des derniers décrets de la Maison-Blanche sur son économie.

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