Le président américain Donald Trump a annoncé un investissement énergétique de 200 milliards de dollars de la part de la Corée du Sud, prévoyant notamment 54 milliards de dollars pour un projet de gaz naturel liquéfié en Alaska. L’annonce a rapidement suscité un désaccord public de Séoul concernant la viabilité commerciale du projet.
Séoul tempère l’annonce de la Maison-Blanche sur l’investissement
Le président Donald Trump a annoncé un investissement colossal de la part de la Corée du Sud depuis le bureau ovale. Cette enveloppe globale de 200 milliards de dollars s’inscrit dans le cadre d’un accord commercial et d’investissement de 350 milliards de dollars conclu avec Séoul en novembre de l’année précédente, en échange d’une réduction des droits de douane américains de 25% à 15% sur les automobiles, pièces détachées et autres produits sud-coréens.
L’événement s’est déroulé en présence du sénateur républicain de l’Alaska Dan Sullivan, engagé dans une campagne de réélection disputée face à l’ancienne membre du Congrès Mary Peltola, une démocrate. Étaient également présents dans le bureau ovale le secrétaire au Commerce Howard Lutnick, le secrétaire à l’Intérieur Doug Burgum, le secrétaire à l’Énergie Chris Wright, le gouverneur de l’Alaska Mike Dunleavy, le représentant républicain Nick Begich, le directeur exécutif du Conseil de la domination énergétique de Trump Jarrod Agen, ainsi que le président de la Banque d’export-import des États-Unis John Jovanovic, le directeur d’Essar Capital Prashant Ruia, la procureure générale de l’Iowa Brenna Bird et la représentante républicaine de l’Iowa Mariannette Miller-Meeks.
Le gouvernement sud-coréen pose des conditions au projet en Alaska
Le ministre sud-coréen de l’Industrie, Kim Jung-kwan, a déclaré lors d’un point de presse télévisé que le projet de gaz naturel liquéfié en Alaska ne progresserait qu’à la condition stricte de sa viabilité économique.
Ce que le gouvernement coréen a convenu avec les États-Unis, c’est que le projet en Alaska ne se poursuivra que s’il est commercialement viable.
Kim Jung-kwan, ministre de l’Industrie de la Corée du Sud, via Bloomberg
Séoul a également exprimé ses regrets auprès du secrétaire au Commerce Howard Lutnick concernant la portée de l’annonce officielle, estimant qu’elle allait au-delà des termes convenus et du fait que la mention figurant dans le document commun stipulait que les travaux dépendaient d’une « raisonnabilité commerciale ». Le président sud-coréen Lee Jae Myung a souligné sur les réseaux sociaux que la participation à ce projet restait subordonnée à sa viabilité financière et à sa conformité juridique. Du côté de l’Alaska, le projet est détenu à 75 % par le promoteur Glenfarne Group et à 25 % par l’État d’Alaska, consistant en un gazoduc de plus de 800 miles, soit près de 1 300 kilomètres, reliant la région de la North Slope à une installation de liquéfaction de GNL dans le port méridional de Nikiski.
La répartition des investissements entre le Texas et le nucléaire
La première initiative validée comprend des projets de centrales au gaz naturel au Texas, où le candidat démocrate au Sénat James Talarico affronte le républicain Ken Paxton pour un siège vacant. Parallèlement, un accord a été signé concernant une allocation de 120 milliards de dollars consacrée à la construction de huit réacteurs nucléaires de grande puissance aux États-Unis, incluant six réacteurs Westinghouse AP1000 et jusqu’à deux réacteurs coréens APR1400 construits sur la technologie Westinghouse. Cet accord implique la participation du gouvernement américain, de la Corée du Sud, de Westinghouse Electric, de Korea Electric Power Corp. (Kepco) et de Korea Hydro & Nuclear Power (KHNP), tandis que des investisseurs coréens prévoient de viser une participation minoritaire combinée d’au moins 5 % mais inférieure à 10 % dans Westinghouse.
L’approche des élections et les chantiers énergétiques
L’annonce présidentielle intervient à l’approche des élections de mi-mandat aux États-Unis prévues le 3 novembre. Le sénateur Dan Sullivan, fervent défenseur du gazoduc de l’Alaska depuis des décennies, espère capitaliser sur ce projet de la plus grande infrastructure énergétique de l’histoire américaine, censée créer des milliers d’emplois dans la construction et réduire les coûts énergétiques des foyers de l’Alaska.

Les analystes du secteur énergétique rappellent que les accords d’achat conclus jusqu’à présent pour le gaz de l’Alaska restent majoritairement non contraignants et que le promoteur Glenfarne fait face à des retards dans la sécurisation des contrats d’approvisionnement. La première phase du projet est envisagée pour atteindre une décision finale d’investissement en 2026, suivie du terminal d’exportation en 2027 et des premiers envois de GNL ciblés pour 2031.
Quels arbitrages financiers et réglementaires précis permettront de surmonter les doutes de Séoul sur la viabilité commerciale du projet en Alaska ?
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