Canicules en Europe : les émissions post-Paris ont aggravé la mortalité

Quatre vagues de chaleur successives en Europe ont entraîné au moins 35 000 décès supplémentaires durant l’été 2026. Une étude publiée dans Geophysical Research Letters montre que les émissions de gaz à effet de serre produites depuis l’Accord de Paris en 2015 ont déjà aggravé ces canicules de manière mesurable.

L’été 2026 a lourdement frappé l’Europe avec quatre vagues de chaleur successives. Selon un bilan provisoire publié fin août, au moins 35 000 décès supplémentaires ont été recensés sur le continent, d’après les données disponibles qui couvraient environ la moitié de la région. À elles seules, l’Allemagne, la France et l’Espagne ont concentré plus de 25 000 décès en excès.

Ces chiffres ne permettent pas d’attribuer chaque décès de manière isolée au changement climatique, mais ils soulignent l’urgence de la situation. Dans le même temps, de nouvelles recherches scientifiques permettent de relier directement ces températures extrêmes aux émissions mondiales de carbone enregistrées au cours de la dernière décennie.

L’empreinte mesurable des émissions depuis l’Accord de Paris de 2015

Des travaux menés par Jared Trok et ses collègues, publiés dans la revue Geophysical Research Letters, s’appuient sur une intelligence artificielle générative entraînée à partir de dix modèles climatiques. Les chercheurs ont comparé les canicules européennes les plus intenses observées entre 2016 et 2025 avec un scénario fictif où les émissions seraient restées figées à leur niveau de 2015.

Pour la canicule meurtrière de juin 2025, la probabilité que les émissions produites depuis l’Accord de Paris aient aggravé l’événement dépasse 99 %, selon cette étude. Ces émissions ont ajouté environ 0,3 °C aux températures quotidiennes moyennes dans certaines régions. Le signal apparaît également pour la semaine la plus chaude de chaque année depuis au moins 2021, prouvant que la dernière décennie a suffi à modifier durablement l’intensité de ces épisodes.

La contribution quantifiable des grands producteurs de combustibles fossiles

Allant plus loin dans la chaîne causale, une étude publiée dans Nature en 2025 a analysé 213 canicules survenues entre 2000 et 2023. Les chercheurs y ont calculé la contribution spécifique de 180 grands producteurs de combustibles fossiles et de ciment, parmi lesquels figurent Saudi Aramco, Gazprom, ExxonMobil, Chevron, BP et Shell.

Ensemble, ces entreprises qualifiées de carbon majors expliquent environ la moitié de l’augmentation de l’intensité des canicules depuis l’ère préindustrielle. Selon l’émetteur concerné, les rejets de ces structures ont rendu possibles entre 16 et 53 vagues de chaleur qui auraient été pratiquement impossibles dans un climat non influencé par l’activité humaine.

Effets retardés sur la santé et perspectives pour les contentieux climatiques

Au-delà des bilans de mortalité immédiats, le contrecoup des vagues de chaleur se fait ressentir durablement. Les médecins constatent un effet retardé caractérisé par une fatigue persistante, des migraines, des troubles digestifs et de la léthargie. Le retour à l’équilibre prend généralement de cinq à dix jours, et parfois davantage.

Canicules en Europe : les émissions post-Paris ont aggravé la mortalité

Si ces données scientifiques ne désignent pas la responsabilité juridique d’une entreprise spécifique dans les décès de l’été 2026, elles établissent une chaîne causale continue. De l’émission de carbone par un acteur industriel jusqu’à la hausse locale des températures et l’intensification des événements extrêmes, ces avancées méthodologiques fournissent des éléments directs aux contentieux climatiques en cours.

Paris Agreement may have a strong impact on future extreme heat waves

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