Quatre artistes ont quitté la tournée américaine d’Ed Sheeran après l’exclusion du rappeur Macklemore, évincé de la programmation suite à des propos pro-palestiniens tenus sur scène au MetLife Stadium dans le New Jersey.
L’exclusion de Macklemore au MetLife Stadium et la réaction des promoteurs
La polémique a éclaté à la suite des représentations de Macklemore au MetLife Stadium dans le New Jersey, où le rappeur a prononcé les mots Free Palestine
tout en interprétant sa chanson de protestation intitulée Hind’s Hall. L’artiste américain, de son vrai nom Benjamin Haggerty, devait se produire sur huit des dix dates restantes de la tournée américaine d’Ed Sheeran.
Cependant, Macklemore a annoncé sur Instagram qu’il avait été écarté de la suite des événements. Selon ses déclarations, le boycott a été orchestré par Robert Kraft, milliardaire propriétaire des New England Patriots et du Gillette Stadium au Massachusetts. Le promoteur de la tournée, le Messina Touring Group, a confirmé que plusieurs salles avaient refusé d’accueillir le rappeur, avertissant que son maintien aurait entraîné des annulations massives touchant des centaines de milliers de spectateurs.
Les justifications de Robert Kraft et la position d’Ed Sheeran
Robert Kraft a confirmé son opposition à la participation de Macklemore, liant sa décision non seulement aux récents propos tenus sur scène, mais aussi à ce qu’il qualifie d’un contexte plus large de rhétorique antisémite, selon des propos rapportés par la BBC. Le propriétaire du stade a également estimé que le discours du rappeur ne reflétait qu’une vision partielle du conflit au Moyen-Orient.

De son côté, Ed Sheeran est sorti de son silence pour rejouter la responsabilité de l’éviction sur les promoteurs et les directions de salles, tout en affirmant qu’il ne souhaitait pas abandonner son équipe ni son public. Il a écrit sur Instagram que le départ de Macklemore de la tournée était la décision du promoteur et non la sienne, ajoutant qu’il préférait maintenir un espace neutre et sécurisant lors de ses concerts.
Une vague de retraits parmi les artistes de première partie
L’éviction de Macklemore a immédiatement entraîné une onde de choc au sein de la programmation, poussant plusieurs musiciens à claquer la porte en signe de protestation. Le musicien Finneas, frère et collaborateur de Billie Eilish, a ainsi abandonné sa participation prévue pour les concerts sud-américains de la tournée, estimant que les artistes ne devaient pas être réduits au silence lorsqu’ils défendent des populations opprimées.

Les groupes et artistes irlandais ont également exprimé leur solidarité de manière véhémente. Aaron Rowe, qui devait remplacer Macklemore sur certaines dates américaines, ainsi que le groupe de folk irlandais Beoga, ont tous deux invoqué leur propre compréhension historique du colonialisme et de l’occupation pour justifier leur départ.
- Finneas : A retiré sa participation à la prochaine série de concerts en Amérique du Sud.
- Aaron Rowe : A renoncé à son rôle de remplaçant pour les dates aux États-Unis.
- Beoga : Le groupe de musique irlandaise a quitté son rôle de formation de scène attitrée pour la tournée.
- Lukas Graham : Le groupe danois a également pris position en critiquant l’influence de la puissance financière sur la liberté d’expression.
Les déclarations des artistes en rupture avec la tournée
Le groupe danois Lukas Graham s’est joint au mouvement de contestation en publiant un communiqué vigoureux sur les réseaux sociaux, insistant sur le fait que la puissance financière ne devait en aucun cas dicter qui a le droit de prendre la parole.

Le groupe a déclaré que l’argent ne donne pas le droit de monopoliser la conversation et qu’aucun solde bancaire ne devrait décider qui a le droit de parler ou quelle souffrance nous sommes autorisés à reconnaître.
Lukas Graham, groupe de musique danois
Alors que la tournée s’apprête à reprendre à Philadelphie le 19 septembre selon le calendrier initialement prévu, les répercussions de ce boycott soulignent les tensions croissantes entre les prises de position politiques des artistes engagés et les impératifs économiques de la grande production musicale.
Pour aller plus loin