Plusieurs foyers de salmonellose frappent simultanément les États-Unis, entraînant des rappels massifs de produits alimentaires à travers le pays. Selon les autorités sanitaires américaines, les enquêtes épidémiologiques et génomiques ont permis de relier ces contaminations à des ingrédients précis, notamment des papriquets jalapeños importés du Mexique et des œufs produits au Texas.
Une contamination aux jalapeños liée à l’État de Sinaloa
Les autorités de santé publique américaines enquêtent sur deux foyers épidémiques distincts de salmonellose. Le plus important est associé à des piments jalapeños frais originaires de l’État de Sinaloa, au Mexique. D’après les données actualisées de la Food and Drug Administration (source d’information détaillée par l’agence sanitaire), l’épidémie a touché 431 personnes réparties dans 32 États, provoquant l’hospitalisation de 57 patients. La chronologie des symptômes s’étale de la mi-juin au début du mois d’août.
Pour remonter la filière, les enquêteurs ont interrogé les patients concernés. Sur les 224 personnes auditionnées, un grand nombre a déclaré avoir fréquenté un établissement de restauration d’inspiration mexicaine avant de tomber malade. L’enquête de traçabilité menée par la FDA a ensuite permis d’identifier un producteur commun dans la région mexicaine de Sinaloa, qui approvisionnait l’entreprise Coast Citrus Distributors. Cette société a initié le retrait des piments du marché le 22 juillet, une opération achevée au début d’août.
Le rôle crucial du séquençage génomique dans l’enquête
L’analyse microbiologique a joué un rôle déterminant pour confirmer l’origine de l’épidémie. Grâce au séquençage du génome entier, les chercheurs ont découvert que les souches de salmonelles isolées chez les patients présentaient une forte parenté génétique, attestant d’une exposition à un foyer épidémiologique commun. Les investigations ont ainsi pointé vers la souche Salmonella Javiana.

Ce type de contamination par des produits végétaux rappelle des épisodes antérieurs aux États-Unis. En 2008 déjà, une épidémie d’envergure causée par Salmonella Saintpaul avait été reliée à l’utilisation de piments jalapeños et serrano crus, ainsi qu’à l’eau d’irrigation d’une exploitation agricole au Mexique. Les analyses de longue haleine menées par le Département de l’Agriculture des États-Unis sur diverses variétés de fruits et légumes frais ont d’ailleurs recensé plus de 50 sérotypes différents de salmonelles sur une période décennale.
Des œufs contaminés au Texas et de nouveaux foyers en Europe
En parallèle de l’alerte sur les piments mexicains, les autorités sanitaires suivent un second foyer provoqué par un sérotype différent, Salmonella Enteritidis, cette fois-ci véhiculé par des œufs. Au 24 juillet, le Centers for Disease Control and Prevention recensait 98 cas d’infection dans 17 États, dont 26 hospitalisations. Les investigations épidémiologiques et de laboratoire ont mis en cause des œufs provenant de l’entreprise Midwest Poultry Services. Bien que ces deux événements sanitaires américains n’aient aucun lien direct entre eux, ils illustrent la vulnérabilité des chaînes d’approvisionnement alimentaires complexes, où une matière première contaminée peut rapidement se propager dans de multiples plats préparés, des sauces aux salades composées.

De l’autre côté de l’Atlantique, la situation sanitaire comporte des similitudes en matière de propagation de pathogènes alimentaires. Un rapport d’évaluation rapide des risques publié par l’Autorité européenne de sécurité des aliments et le Centre européen de prévention et de contrôle des maladies met en lumière une épidémie multi-pays de Salmonella Stanley selon les données de l’agence européenne. Entre novembre et la fin du mois de mai, 103 cas confirmés ont été recensés dans 12 pays de l’Union européenne, de l’Espace économique européen ainsi qu’au Royaume-Uni.
L’enquête européenne a ciblé des nouilles instantanées aromatisées d’une même marque, distribuées dans plusieurs pays et issues d’un producteur ukrainien. Les autorités sanitaires rappellent aux consommateurs de ne pas consommer les lots rappelés et de respecter scrupuleusement les règles d’hygiène alimentaire lors de la préparation des plats.
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