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Milei Annonce une Réforme Historique du BCRA pour Interdire le Financement Monétaire du Trésor

Un nouveau mandat pour la Banque centrale

Le gouvernement Milei prépare une réforme historique du BCRA pour interdire le financement monétaire

Le président Javier Milei a placé la réforme de la Charte organique de la Banque centrale de la République argentine (BCRA) au sommet de son agenda législatif. L’objectif central de cette initiative est de mettre fin au financement monétaire du Trésor par l’institution, une pratique que le chef de l’État a qualifiée de « disparate » responsable de décennies de déclin économique.

Un nouveau mandat pour la Banque centrale

Un nouveau mandat pour la Banque centrale

Le projet de loi repose sur deux axes fondamentaux. Premièrement, le gouvernement souhaite recentrer le mandat unique de la BCRA sur la préservation de la valeur de la monnaie. Cette orientation vise à rompre avec les modifications apportées sous les administrations précédentes, notamment celle menée par Mercedes Marcó del Pont, qui avait élargi les objectifs de la banque pour inclure, entre autres, le développement économique. Selon le président, cette structure permettait à la politique de puiser indéfiniment dans les réserves monétaires, alimentant l’inflation.

Deuxièmement, la réforme prévoit une interdiction « totale et absolue » du financement du Trésor par la BCRA. Les experts soulignent que cette mesure ne se contenterait pas de restaurer des règles antérieures à 2012, mais établirait un cadre légal plus strict que tout ce qu’a connu l’Argentine ces dernières décennies. En fermant ce canal, le gouvernement espère corriger un « trou » législatif historique qui, selon les analyses, existait déjà avant les réformes de 2012, période où la protection contre la pression du Trésor était déjà nettement inférieure aux standards régionaux d’Amérique latine.

La clause de « shutdown » et la discipline fiscale

La clause de « shutdown » et la discipline fiscale
Photo: Cadena 3 Argentina

Parallèlement à la réforme monétaire, le gouvernement Milei défend l’introduction d’un mécanisme de « shutdown » (arrêt) de l’État. Ce dispositif vise à empêcher le gouvernement d’exécuter des dépenses lorsque les ressources budgétaires sont insuffisantes. Le président a soutenu que cette mesure est indispensable pour contrer la pratique historique consistant à sous-estimer les dépenses et surestimer les revenus afin de maintenir des budgets déficitaires.

Le chef de l’État a fermement répliqué aux critiques, y compris celles émanant de certains secteurs politiques et gouverneurs, affirmant que quiconque s’oppose à cette mesure soutient, par définition, des budgets déséquilibrés et une irresponsabilité fiscale.

Un agenda dérégulateur plus large

Argentine : Javier Milei annonce une dérégulation massive de l'économie • FRANCE 24

La réforme du BCRA s’inscrit dans une offensive législative plus vaste. Le gouvernement prépare un « mégaprojet » de loi de dérégulation, inspiré en partie des travaux de Federico Sturzenegger, visant à lever des obstacles dans divers secteurs économiques. Parmi les mesures envisagées, on retrouve :

* Transport maritime et fluvial : Autoriser les navires étrangers à assurer le transport entre les ports argentins.
* Santé et pharmacie : Réhabiliter la vente de médicaments en vente libre en dehors des pharmacies (supermarchés, stations-service).
* Viticulture : Suspendre le caractère obligatoire des contributions à la Corporación Vitivinícola Argentina (Coviar).
* Marché immobilier : Éliminer les honoraires minimaux et simplifier les régulations d’achat et de vente.
* Autres secteurs : Dérégulation de la fiscalisation des médicaments vétérinaires, du régime du livre et du fonctionnement des coopératives.

Contexte politique et économique

Cette poussée législative intervient dans un climat de confiance renouvelée de la part des investisseurs internationaux, qui perçoivent un gouvernement libéral renforcé dans la sphère publique. Bien que l’activité économique reste modérée, le ralentissement du taux d’inflation apporte une marge de manœuvre à l’administration.

Le président Milei a anticipé que le débat sur la Charte organique du BCRA provoquerait des résistances au Congrès. Il a lancé un appel aux législateurs, leur demandant d’expliquer aux citoyens pourquoi ils souhaiteraient maintenir un système qui, selon lui, « a traîné 90 ans de décadence ». La stratégie politique de la Casa Rosada, pilotée notamment par la secrétaire générale de la présidence, Karina Milei, semble désormais se concentrer sur la consolidation de ces réformes en vue des prochaines échéances électorales.

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Contexte politique et économique
Photo: La Nación

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