La 83e édition de la Mostra de Venise s’ouvre ce mercredi 2 septembre 2026 sur le Lido, marquant le coup d’envoi de la saison des récompenses automnales. Le festival honore notamment l’actrice Ellen Burstyn d’un Lion d’or pour l’ensemble de sa carrière, tandis que Danny Boyle présente son film d’ouverture consacré à Rupert Murdoch.
Cette année, la programmation met en avant des auteurs reconnus tout en servant de rampe de lancement privilégiée pour la course aux Oscars, attirant des personnalités de premier plan sur le tapis rouge.
Ellen Burstyn et George Clooney récompensés pour leur carrière
L’actrice américaine Ellen Burstyn reçoit le Lion d’or d’honneur pour l’ensemble de son œuvre, une distinction saluée avec émotion par la comédienne. Elle a déclaré dans des propos diffusés par les organisateurs du festival qu’elle avait non seulement la chance de se rendre dans l’une de ses villes préférées au monde, mais qu’en plus elle rentrait chez elle en tenant un Lion d’or dans ses bras.

Le directeur artistique de la Mostra a rappelé les rôles marquants qui ont jalonné la carrière de l’actrice, depuis ses débuts salués dans The Last Picture Show de Peter Bogdanovich jusqu’à son accession à la renommée mondiale dans The Exorcist de William Friedkin, en passant par son Oscar de la meilleure actrice pour Alice Doesn’t Live Here Anymore de Martin Scorsese. Cet hommage s’accompagne de la projection de Flesh Impact, un court métrage réalisé par Maggie Gyllenhaal et dédié au centenaire de la naissance de Marilyn Monroe. George Clooney se voit également attribuer un Lion d’or pour l’ensemble de sa carrière, qu’il est venu recevoir sur la scène de la Sala Grande aux côtés de son épouse Amal Clooney, tout en évoquant l’état de l’industrie hollywoodienne et des médias américains.
L’ouverture politique d’Ink et les ambitions de la compétition officielle
La soirée inaugurale a fait la part belle au film Ink, réalisé par Danny Boyle, qui adapte la pièce acclamée de James Graham sur l’acquisition du quotidien britannique The Sun par Rupert Murdoch en 1969. Porté par Guy Pearce dans le rôle du magnat de la presse et Jack O’Connell dans celui du rédacteur en chef Larry Lamb, le long métrage a reçu une ovation de cinq minutes lors de sa projection.

Du côté de la compétition principale, la sélection rassemble 21 longs métrages, parmi lesquels figurent les nouvelles réalisations de Werner Herzog, Lance Oppenheim et Florian Zeller, dont le drame psychologique Bunker réunit Penélope Cruz et Javier Bardem. Cette édition met toutefois en lumière de nettes disparités, puisque la réalisatrice May el-Toukhy signe avec Woman Unknown l’unique œuvre en lice en compétition officielle dirigée par une femme, ravivant les critiques sur les objectifs d’égalité paritaires de l’institution.
Documentaires d’investigation et tensions géopolitiques sur le Lido
La programmation non fictionnelle attire également l’attention avec des projets d’envergure, à l’image du film de près de quatre heures mené par Alex Gibney sur le parcours de l’homme d’affaires Elon Musk. Le réalisateur, qui a interrogé des centaines de personnes, a vu son travail qualifié de hit piece
par le principal intéressé sur la plateforme X, tandis que le cinéaste défend une enquête rigoureuse remettant en question l’image publique du dirigeant.
Les tensions internationales s’invitent par ailleurs dans les allées du festival. Des groupes pro-palestiniens, rassemblés sous la bannière Venice4Palestine, demandent la suspension des accords unissant l’événement à des entités liées au gouvernement israélien. En parallèle, des protestations ont visé l’inclusion d’œuvres perçues comme proches d’intérêts étatiques russes, témoignant de l’impact des crises mondiales sur la manifestation culturelle.
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