L’association des artistes de cinéma malayalam (AMMA) traverse une crise de leadership majeure le 5 juillet 2026, marquée par des accusations de corruption financière contre sa présidente, Shwetha Menon. Des membres de l’organisation l’accusent d’avoir reçu 20 millions de roupies du parti BJP, tandis qu’un tribunal d’Ernakulam a suspendu le comité ad hoc chargé de gérer la transition.
Les accusations de corruption : 20 millions de roupies et des liens politiques
Photo: Mathrubhumi
Le conflit a pris une tournure financière et politique lors d’une conférence de presse tenue à Kochi. L’actrice Maala Parvathi a affirmé que Shwetha Menon aurait perçu une somme de 20 millions de roupies de la part du parti BJP, sous prétexte de fournir des candidats pour des élections. Selon News18 Malayalam, Maala Parvathi a partagé un enregistrement audio d’un ancien conseiller du BJP pour étayer ces allégations, suggérant que la présidente aurait servi d’intermédiaire pour obtenir des fonds auprès de corporations et de partis politiques.
Cette révélation ne serait pas isolée. Maala Parvathi a précisé que l’acteur Baburaj avait été le premier à soulever ce point lors d’une assemblée générale, avant que l’actrice Lakshmi Priya ne vienne confirmer la gravité des faits. L’opposition interne affirme que Shwetha Menon et ses alliés ont quitté l’assemblée générale dès que ces questions ont été posées, transformant une démission formelle en une fuite pour éviter les interrogations.
Le bras de fer judiciaire et la chute du comité ad hoc
Photo: News18 Malayalam
La bataille pour le contrôle de l’AMMA s’est déplacée devant la justice. Le tribunal de première instance d’Ernakulam a rendu un arrêt suspendu le fonctionnement du comité ad hoc, permettant ainsi à Shwetha Menon de rester officiellement à la tête de l’organisation. Comme le rapporte Mathrubhumi, cette décision fait suite à une requête déposée par la présidente elle-même, qui contestait la légalité du comité provisoire.
Cette décision judiciaire a entraîné la démission immédiate de Ramesh Pisharody, député et coordinateur du comité ad hoc. Ce dernier a déclaré ne pas vouloir s’accrocher à un poste de pouvoir et a exprimé sa douleur face à la divulgation d’une conversation téléphonique privée, précisant que cet audio n’avait pas été fuité, mais délibérément publié.
Une fracture interne : entre allégations de gestion et querelles personnelles
NCP’s Majid Menon Reacts to Amit Shah’s Anti-Corruption Draft Bill | NewsX Exclusive
Le climat au sein de l’AMMA est électrique, avec des accusations croisées qui dépassent le simple cadre administratif. L’actrice Ansiba Hassan a critiqué sévèrement la gestion de la présidente, affirmant que le comité précédent avait été dissous précisément en raison de malversations financières. Selon Asianet News Malayalam, Ansiba Hassan s’interroge sur la légitimité d’un comité ayant fait l’objet de tels soupçons de corruption.
Parallèlement, des tensions judiciaires s’ajoutent au chaos organisationnel. Ansiba Hassan a sollicité l’intervention des tribunaux après que la police de Palarivattom a refusé d’ouvrir une enquête pour diffamation contre Lakshmi Priya et Shwetha Menon. Dans un dossier distinct, le tribunal a ordonné la poursuite de l’acteur Tiny Tom suite à une plainte d’Ansiba Hassan concernant des remarques déplacées, rejetant l’argument policier selon lequel il s’agissait d’une simple plaisanterie.
L’appel aux figures tutélaires : Mammootty et Mohanlal
Photo: Asianet News Malayalam
Face à l’impasse, une partie des membres de l’association appelle à l’intervention des deux piliers du cinéma malayalam, Mammootty et Mohanlal, pour stabiliser la situation. Selon Manorama News, Shwetha Menon a elle-même publié un message sur les réseaux sociaux affirmant que les deux acteurs lui avaient conseillé de ne pas démissionner et de maintenir sa position.
Cependant, cette version est contestée par Ansiba Hassan, qui demande que Mammootty et Mohanlal s’expriment publiquement s’ils soutiennent réellement la présidente. Le mécontentement est profond, comme en témoigne l’intervention de Joy Mathew, qui a décrit l’AMMA comme étant devenue un ensemble de bouffons animés par la soif de pouvoir et les intrigues, affirmant que la dignité de l’organisation a été totalement perdue.
Chronologie de l’implosion de la direction de l’AMMA
21 juin 2026 : Lors de l’assemblée générale annuelle à Kochi, Shwetha Menon annonce sa démission après des tentatives de vote de défiance et des critiques sur le manque de clarté des rapports financiers.
Post-21 juin : Formation d’un comité ad hoc dirigé par Ramesh Pisharody pour gérer l’organisation jusqu’aux prochaines élections (prévues sous quatre mois).
Début juillet 2026 : Shwetha Menon saisit le tribunal d’Ernakulam pour contester la validité du comité ad hoc.
3 juillet 2026 : Le tribunal suspend le comité ad hoc et autorise Shwetha Menon à continuer ses fonctions de présidente.
4-5 juillet 2026 : Maala Parvathi et Ansiba Hassan organisent une conférence de presse pour dénoncer la corruption et la réception de 20 millions de roupies provenant du BJP.
La situation reste précaire. Alors que Shwetha Menon s’appuie sur une décision judiciaire pour maintenir son autorité, l’opposition interne, menée par Maala Parvathi et Ansiba Hassan, mise sur la pression morale et la divulgation de preuves audio pour forcer un changement de direction. L’issue de ce conflit dépend désormais soit d’une médiation réussie par les anciens du cinéma, soit d’une nouvelle bataille juridique sur la gestion des fonds de l’association.