Airlink a annulé son prochain vol en formation au-dessus d’un stade en Afrique du Sud, prévu pour un match de rugby à Johannesburg. Cette décision fait suite à une vive polémique et à une enquête de l’autorité aéronautique civile après un passage à très basse altitude au-dessus du DHL Stadium à Le Cap.
L’exploitant a officiellement attribué cette annulation à des prévisions météorologiques défavorables, alors que l’opération fait l’objet d’un examen approfondi par les régulateurs.
Le survol de Le Cap et la polémique sur la sécurité
L’annulation survient quelques jours après un spectacle aérien qui a suscité des réactions contrastées à travers le monde. Deux avions de ligne régionaux de type Embraer, aux couleurs vert et or pour le match, ont survolé le DHL Stadium de Le Cap avant le coup d’envoi de la rencontre opposant les Springboks aux All Blacks. La foule estimée à plus de 50 000 spectateurs a acclamé les appareils, mais les images de la manœuvre, rapidement devenues virales sur les réseaux sociaux, ont également provoqué l’inquiétude de nombreux observateurs de l’aviation.

Selon une analyse du site de suivi des vols Flightradar24, le premier appareil est passé à moins de 15 mètres au-dessus du toit du stade. D’autres sources estiment la clairance barométrique entre 12 et 14 mètres, tandis que des témoins ont décrit une scène qualifiée par certains internautes de menaçante, la queue du premier avion semblant s’incliner vers la structure alors que l’appareil piquait vers le haut.
Défense de la compagnie et réactions officielles en Afrique du Sud
Face aux critiques, Airlink a défendu la rigueur de sa préparation. La compagnie a indiqué que l’exercice avait nécessité une planification minutieuse, des répétitions et le respect d’une vitesse de croisière basse d’environ 150 nœuds. La direction a également rappelé que l’opération avait obtenu le soutien et les conseils de la South African Civil Aviation Authority ainsi que des services de navigation aérienne.
Le ministre des Sports, des Arts et de la Culture d’Afrique du Sud, Gayton McKenzie, a quant à lui salué la performance en la qualifiant de spectaculaire, affirmant que le pays disposait des meilleurs pilotes au monde.
L’intervention de l’autorité de l’aviation civile
Malgré l’enthousiasme des autorités politiques locales, l’organisme de régulation aérienne a pris des mesures concrètes suite à la médiatisation de l’événement. La South African Civil Aviation Authority (SACAA) a confirmé qu’elle examinait l’opération de vol.

L’enquête administrative comprend l’analyse des données de vol et l’examen du processus d’approbation préalable, qui comprenait notamment l’utilisation d’un simulateur de vol pour répéter la trajectoire avant le passage au-dessus de Le Cap.
Avis partagés au sein de la communauté aéronautique
Du côté des professionnels de l’aéronautique, le survol a provoqué un débat sur les limites de la sécurité lors des manifestations sportives. Le pilote écossais Scott Bateman s’est publiquement ému de la trajectoire observée.
Il a ajouté que la sécurité dans l’aviation moderne reposait sur l’examen rigoureux des situations où les incidents ont été évités de justesse, estimant que la polémique méritait une attention sérieuse de la part de la profession.
Les survols à basse altitude constituent une longue tradition lors des grands événements sportifs en Afrique du Sud, un usage ancré depuis la finale de la Coupe du monde de rugby de 1995 à Johannesburg, où un Boeing 747 de la South African Airways avait survolé l’Ellis Park.
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