Northrop Grumman recycle le module HALO pour la base lunaire Artemis

Northrop Grumman repurposeera du matériel issu du module HALO, initialement conçu pour la station spatiale Gateway de la NASA, afin de soutenir de futures missions lunaires autonomes. L’agence spatiale américaine réoriente ainsi ses technologies vers le développement d’une base au pôle Sud de la Lune, sur fond d’accélération du programme Artemis.

Le recyclage du module HALO pour le programme Artemis

L’abandon d’un programme spatial ne signifie pas toujours la fin de ses composants. Northrop Grumman a décidé de récupérer le matériel et la technologie du module HALO (Habitation and Logistics Outpost) après l’annulation de la station spatiale Gateway. Au lieu de laisser le matériel inutilisé, la société adaptera les interfaces électriques et mécaniques de HALO pour accélérer la mise en place d’infrastructures lunaires permanentes.

Cette décision s’inscrit dans un contexte de restructuration du programme Artemis mené par l’administrateur de la NASA Jared Isaacman. Face à la progression du programme spatial chinois, l’agence américaine cherche à gagner en rapidité pour maintenir sa position. Les composants du module HALO permettront de concevoir une nouvelle série de missions de démonstration d’infrastructures lunaires connues sous le nom de LID (Lunar Infrastructure Demos).

Trois missions de démonstration et l’exploitation des ressources locales

Northrop Grumman prévoit trois lancements dans le cadre de ces démonstrations. L’objectif est de réutiliser les technologies dérivées de HALO pour développer rapidement l’énergie de surface, la gestion thermique, l’autonomie, les communications et les services de charges utiles hébergées. Ces équipements devront résister aux conditions extrêmes et aux semaines de nuit glaciale qui caractérisent le pôle Sud lunaire.

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Le choix de cette région s’explique par la présence de glaces d’eau détectées par les scientifiques. L’utilisation de ces ressources locales, désignée sous le terme de in-situ resource utilization, représente un jalon crucial pour la survie et l’autonomie des astronautes. En fabriquant du carburant directement sur place grâce à l’eau lunaire, les missions pourront s’affranchir de la contrainte du lancement de propergol depuis la Terre.

Défis techniques et collaborations au Johnson Space Center

Établir une présence durable sur la Lune présente des obstacles considérables en raison de la topographie accidentée du pôle Sud. Shatel Bhakta, ingénieur en chef des systèmes pour le programme de base lunaire de la NASA, a rappelé lors d’une présentation au Johnson Space Center que ce projet serait probablement l’entreprise la plus difficile que la NASA ait jamais menée à bien.

NASA
Photo: NASA

Les cratères profonds et les pentes abruptes modifient l’éclairage tout au long de l’année, laissant les panneaux solaires dans l’obscurité prolongée. De plus, la poussière lunaire abrasive, ou régolithe, menace les équipements et les combinaisons spatiales. Pour surmonter ces difficultés, la NASA mise sur une architecture décentralisée et adaptable, en insistant auprès de ses partenaires commerciaux et internationaux sur l’importance des connexions techniques.

How NASA Will Build The Artemis Moon Base

Don’t deal with the technology directly. Deal with the interfaces. Shatel Bhakta, ingénieur en chef des systèmes pour le programme de base lunaire, NASA

Alors que la NASA cible la mission Artemis IV pour un premier débarquement d’astronautes à la fin de 2028, l’agence prépare près de deux douzaines de missions robotiques non habitées. Ces vols préparatoires permettront de tester les infrastructures et de réduire les risques avant l’installation définitive des équipes humaines sur le sol lunaire.

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