L’Australie Poursuit Telegram pour le Maintien de Contenus Pro-Terroristes

L’Australie a engagé des poursuites judiciaires contre la plateforme de messagerie Telegram, accusant l’entreprise de ne pas avoir supprimé des contenus promouvant le terrorisme. Selon la commissaire à la sécurité en ligne (eSafety commissioner) Julie Inman-Grant, l’action légale a été initiée le 30 juillet après que la plateforme a maintenu en ligne des vidéos d’exécutions terroristes et de fusillades de masse.

Des manquements graves à la sécurité en ligne

La commissaire Julie Inman-Grant a affirmé que Telegram a laissé accessible du contenu lié à certains des actes de violence extrémiste les plus notoires de l’histoire récente, notamment des documents associés aux attentats de bbc.co.uk et de Buffalo, survenus en mai 2022. L’autorité australienne soutient que ces contenus sont restés disponibles longtemps après que Telegram a été formellement avertie.

Photo: Straitstimes

L’agence eSafety a commencé à s’enquérir des mesures de lutte contre le matériel extrémiste et terroriste en mars 2024. Julie Inman-Grant a décrit une période de « cinq mois très difficiles d’absence de réponse » avant que la plateforme ne commence à collaborer. Malgré cet engagement tardif, la commissaire estime que Telegram a conservé un « environnement permissif » où les contenus extrémistes restent « très faciles à trouver », ce qui contribue à désensibiliser, normaliser et parfois radicaliser les utilisateurs. Elle a également allégué que la plateforme est parfois utilisée pour planifier des attaques.

Risques financiers et sanctions potentielles

Le non-respect des codes et normes de l’Australie expose Telegram à des sanctions civiles importantes. La plateforme risque une amende pouvant atteindre 54,6 millions de dollars australiens pour manquement à ses obligations de sécurité en vertu de l’Online Safety Act. Ce dossier s’ajoute à une sanction précédente : en février 2025, le régulateur eSafety a infligé à Telegram une amende d’un million de dollars australiens pour ne pas avoir répondu à temps aux questions concernant la lutte contre le matériel extrémiste et la maltraitance des enfants.

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Photo: bbc.co.uk

Bien que l’Australie ne délivre pas de licences pour des services comme Telegram, Julie Inman-Grant a précisé que le gouvernement pourrait demander à la cour fédérale la cessation du service. Elle a toutefois souligné que ces pouvoirs n’ont jamais été utilisés jusqu’à présent.

Un contexte international tendu pour Pavel Dourov

L’action australienne s’inscrit dans un climat de pressions judiciaires mondiales contre le fondateur de Telegram, Pavel Dourov. Le 29 juillet, la Russie a émis un avis de recherche international contre Dourov, l’accusant de complicité de terrorisme. Le FSB russe affirme que l’application a été utilisée par les services secrets ukrainiens pour recruter et entraîner de jeunes Russes à des activités de sabotage et d’agression contre les forces de l’ordre via un robot nommé Leo Match Bot.

En France, Pavel Dourov a été placé sous investigation formelle en 2024 pour son incapacité présumée à modérer l’application afin de réduire la criminalité. Il est actuellement soumis à un contrôle judiciaire strict lui interdisant de quitter le territoire français sans autorisation.

Réponse de Telegram et portée de la plateforme

Un porte-parole de Telegram a rejeté les allégations australiennes, affirmant que les efforts de lutte contre le terrorisme de l’entreprise sont « bien documentés ». La société a déclaré qu’elle contesterait ces accusations devant les tribunaux.

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Avec plus d’un milliard d’utilisateurs actifs mensuels, Telegram est devenu une source d’information critique, notamment durant la guerre en Ukraine, et est largement utilisé par les officiels de Moscou et de Kyiv. Pavel Dourov, né en Russie, a déplacé son entreprise à Dubaï en 2017.

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