Cours du pétrole en hausse face à l’amenuisement des espoirs de réouverture du détroit d’Ormuz

Les exigences de l’Iran et un durcissement de la position des États-Unis pèsent sur les négociations, provoquant des répercussions sur les marchés financiers internationaux et les anticipations de taux de la Réserve fédérale.

La situation géopolitique au Moyen-Orient continue de dicter le rythme des marchés mondiaux de l’énergie et des actions. Les cours du pétrole ont progressé dans un climat d’optimisme déçu concernant une éventuelle résolution de la crise dans le détroit d’Ormuz. Avant le début du conflit, cette voie maritime stratégique acheminait un cinquième de l’approvisionnement mondial en pétrole brut, conférant à chaque soubresaut diplomatique un impact immédiat sur les cotations.

Tensions autour du détroit d’Ormuz et exigences de Washington

La semaine précédente, les prix du pétrole avaient pourtant chuté de plus de 7 % face aux perspectives d’un accord imminent entre l’Iran et Oman pour rouvrir la voie maritime. Cet élan a toutefois été stoppé net par l’intransigeance des différentes parties. Les analystes de Brown Brothers Harriman ont souligné que la confiance dans une réouverture prochaine s’estompe rapidement, les États-Unis ayant durci leur ton en imposant à Téhéran des conditions de négociation jugées inacceptables.

De son côté, l’Iran conditionne la réouverture du passage au respect strict des termes d’un mémorandum d’entente signé entre les deux pays, tout en réclamant des réparations de guerre de la part de Washington. En réponse, l’administration américaine a fait monter les enchères. Donald Trump a déclaré qu’il exigerait des compensations financières de la part de l’Iran pour des conflits passés, citant des attaques et des violences remontant à plusieurs décennies. Cette surenchère politique a renforcé l’idée qu’un retour à la normale du trafic maritime demeure hors de portée à court terme.

Flambée du Brent et répercussions sur les marchés boursiers

Sur les marchés des matières premières, la réaction a été immédiate. Le Brent a gagné 67 cents, soit 0,8 %, pour s’établir à 84,22 dollars le baril, tandis que le brut léger américain WTI a progressé de 54 cents, soit 0,7 %, à 78,72 dollars le baril. Dans les séances suivantes, la progression s’est accentuée, le baril de Brent bondissant jusqu’à 89,21 dollars mardi après-midi.

Cette ascension de l’or noir a profité directement aux grandes majors énergétiques. Les actions de Shell et de BP ont dominé l’indice FTSE 100 à Londres, affichant des hausses respectives de 1,6 % et 1,9 %. D’autres acteurs du secteur, à l’instar de Harbour Energy et Ithaca Energy, ont progressé de manière plus marquée encore, enregistrant des gains de 2,9 % et 2,1 %.

À l’inverse, les places boursières européennes ont globalement fait du surplace ou affiché un repli mesuré, partagées entre le soutien apporté au secteur pétrolier et les craintes macroéconomiques. Le CAC 40 à Paris et le DAX 40 à Francfort ont cédé du terrain, tandis que la livre sterling et l’euro ont reculé face au dollar américain.

Impact sur la politique monétaire de la Réserve fédérale

La persistance de prix pétroliers élevés ravive les craintes inflationnistes à l’échelle mondiale et commence à peser l’autre côté de l’Atlantique sur les anticipations de taux d’intérêt. La probabilité d’un relèvement des taux de la Réserve fédérale lors de sa prochaine réunion est repassée au-dessus de la barre des 50 %. Ce revirement intervient après la publication d’un rapport sur l’emploi américain plus faible que prévu, balayé par la remontée soudaine des prix des matières premières.

Cours du pétrole en hausse face à l’amenuisement des espoirs de réouverture du détroit d’Ormuz
Photo: zonebourse.com

Les rendements des bons du Trésor américain ont emboîté le pas, le taux à 10 ans se tendant à 4,73 % et le rendement à 30 ans s’établissant à 5,27 %. Les marchés tournent désormais leur regard vers la publication imminente de l’indice des prix à la consommation aux États-Unis, un indicateur jugé déterminant pour les prochaines décisions de la banque centrale américaine, le consensus anticipant un ralentissement de l’inflation annuelle à 3,4 % pour le mois de juillet.

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