La Roumanie a abattu trois drones russes en trois jours entre le vendredi 24 et le dimanche 26 juillet 2026, marquant un tournant stratégique. Bucarest a réagi en expulsant un diplomate russe et en convoquant l’ambassadeur de Moscou pour dénoncer des violations répétées de son espace aérien, également celui de l’OTAN et de l’UE.
Le ciel roumain a franchi un seuil critique ce week-end. Pour la première fois, l’armée de l’air du pays a procédé au destruction systématique de drones russes ayant pénétré dans son espace aérien. Trois appareils ont été neutralisés en 72 heures, mettant fin à une période de retenue diplomatique face aux incursions du Kremlin.
Chronologie des interceptions : du Shahed à la mer Noire
L’offensive de défense a débuté le vendredi 24 juillet. Un premier drone, identifié par le parquet général roumain comme un modèle Shahed, a été abattu dans une zone inhabitée près de la localité de Padina. Selon différentes sources, cet appareil s’était infiltré sur environ 220 kilomètres en territoire roumain avant d’être neutralisé.

Le samedi 25 juillet, un deuxième drone a été détruit dans le delta du Danube, précisément à 9,6 km à l’ouest de Sfantu Gheorghe.
L’alerte a persisté lundi 27 juillet avec la détection d’un quatrième drone. Celui-ci a brièvement survolé le territoire avant de se diriger vers l’Ukraine, échappant ainsi à une destruction planifiée.
L’expulsion d’un diplomate et la rupture diplomatique
Face à ce qu’il qualifie de provocations, le gouvernement roumain a durci le ton. Lundi 27 juillet, le ministère des Affaires étrangères a ordonné l’expulsion d’un membre de l’ambassade de Russie, déclaré persona non grata et sommé de quitter le pays sous cinq jours.
L’ambassadeur de la Fédération de Russie, Vladimir Lipaev, a été convoqué à Bucarest. Lors de cet entretien, des fragments du premier drone abattu lui ont été présentés comme preuves de l’origine russe des appareils. Le président Nicusor Dan a fermement condamné ces actes :
Nicusor Dan, Président de la Roumanie, a déclaré qu’il était inadmissible et intolérable que la Fédération de Russie continue de violer l’espace aérien roumain, qui est également celui de l’Otan et de l’Union européenne.
Moscou a réagi avec virulence. Le ministère russe des Affaires étrangères a rejeté catégoriquement ces accusations, qualifiant l’incident de mise en scène propagandiste et affirmant que l’expulsion du diplomate ne resterait pas sans réponse.
La Loi sur le Contrôle de l’Espace Aérien et le système Merops
Ce changement de posture s’appuie sur un cadre légal précis. En mai 2025, le Parlement roumain a adopté la Loi sur le Contrôle de l’Usage de l’Espace Aérien National. Ce texte autorise la neutralisation des drones, soit par blocage de signal, soit par force cinétique, lorsque les appareils représentent un risque pour la population.

Sur le plan technique, Bucarest a renforcé son arsenal. Fin juin, le pays a intégré le système antidrones Merops. Fabriqué aux États-Unis et doté d’intelligence artificielle, ce dispositif est spécifiquement conçu pour intercepter de petites cibles volant à basse altitude.
Le colonel Martin O’Donnell, porte-parole de l’OTAN, a toutefois précisé que ces interceptions s’inscrivent dans un mouvement global où plusieurs nations acquièrent activement des intercepteurs terrestres.
Un pattern récurrent et des risques accrus
Les incursions ne sont pas isolées. Depuis février 2022, la Roumanie a enregistré 34 incursions de drones russes. L’année 2026 a été particulièrement tendue avec 19 drones ayant pénétré l’espace aérien, pour un total de 50 incidents incluant des avistements ou des chutes de débris.

Le risque humain a été confirmé en mai 2026, lorsqu’un drone russe a percuté un immeuble d’habitation à Galati, blessant deux personnes.
Jusqu’à présent, c’était probablement une décision alliée au sein de l’OTAN de ne pas répondre avec une puissance de feu, car cela représentait un risque d’escalade. Je pense que ce n’est pas seulement un changement d’attitude de la Roumanie, je pense que c’est un changement d’attitude de l’OTAN. Radu Tudor, analyste militaire
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