Le Venezuela proteste contre des propos inappropriés du ministre iranien

Le gouvernement du Venezuela a convoqué l’ambassadeur d’Iran à Caracas, Ali Chegini, le mardi 29 juillet 2026, pour lui remettre une note de protestation. Cette mesure fait suite à des propos tenus par le ministre iranien des Affaires étrangères, Abbas Aragchi, jugés méprisants et inappropriés par la diplomatie vénézuélienne.

La tension est montée d’un cran entre deux alliés historiques. Le ministère vénézuélien des Relations et du Commerce international a officiellement condamné des déclarations portant atteinte aux institutions et aux autorités du pays, exigeant la fin de toute comparaison qui pourrait menoscaper la dignité, la souveraineté ou le bon nom de la République bolivarienne du Venezuela.

Les propos d’Abbas Aragchi à l’origine du conflit

Le déclencheur de cette crise diplomatique se trouve dans une vidéo devenue virale. Alors qu’il évoquait les tensions entre Téhéran et Washington, le chef de la diplomatie iranienne, Abbas Aragchi, a utilisé le Venezuela comme un exemple de fragilité face à la pression américaine.

Selon une vidéo circulant sur Internet, le ministre iranien des Affaires étrangères Abbas Araghchi (sur la photo) a affirmé
Photo: lefigaro.fr

Ceci n’est pas le Venezuela, où l’on prend une personne et tous les autres s’effraient et reculent. Abbas Aragchi, ministre iranien des Affaires étrangères, via Semana

Ces mots ont été perçus comme un « seau d’eau froide » au palais de Miraflores, selon l’analyse de La Patilla. Pour Caracas, il ne s’agit pas d’une simple observation politique, mais d’expressions dédaigneuses et inappropriées qui violent les principes fondamentaux du droit international.

Un pivot diplomatique sous la présidence de Delcy Rodríguez

Ce recadrage intervient dans un contexte de mutation profonde des alliances vénézuéliennes. Si la relation avec l’Iran a été extrêmement étroite sous Hugo Chávez dès 1999 et s’est étendue sous Nicolás Maduro aux secteurs du gaz, du pétrole et de la santé, la donne a changé depuis le début de l’année 2026.

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Le 3 janvier 2026, Nicolás Maduro a été capturé à Caracas. Depuis, le gouvernement de la présidente chargée d’affaires, Delcy Rodríguez, a adopté une approche plus pragmatique et moins idéologique. Ce virage s’est manifesté par un rapprochement notable avec Washington. Selon Infobae, Caracas et les États-Unis ont convenu de rétablir leurs relations diplomatiques et consulaires, lesquelles étaient rompues depuis le début de l’année 2019.

Le rappel des principes de souveraineté et de non-ingérence

Dans sa communication officielle diffusée sur X et Telegram, la chancellerie vénézuélienne a insisté sur la nécessité d’un respect mutuel pour maintenir les liens bilatéraux. Le gouvernement a rappelé que les fondations de ses relations avec Téhéran reposent sur des piliers précis :

Photo: Noticias Venevisión
  • Le respect réciproque et l’égalité souveraine.
  • La non-ingérence dans les affaires internes.
  • Le respect des principes du droit international.

Le gouvernement vénézuélien a ainsi réitéré sa position sur les bases qui doivent régir les rapports entre toutes les nations, soulignant que ces principes avaient historiquement guidé le lien entre la République bolivarienne du Venezuela et la République islamique d’Iran.

Ce moment de tension est inédit pour deux États qui ont partagé pendant plus de deux décennies une opposition commune aux États-Unis et une vision d’un monde multipolaire, notamment au sein de l’OPEP et du Mouvement des non-alignés. En 2025, Téhéran était encore officiellement décrit comme un partenaire stratégique par Caracas.

Une alliance fragilisée par le contexte international

L’incident survient alors que les tensions entre les États-Unis et l’Iran s’intensifient. Le Venezuela, qui a longtemps été le soutien actif de Téhéran — notamment en 2020 lors d’une pénurie d’essence où Caracas avait acheté du carburant à l’Iran — semble désormais marquer une distance nette avec son ancien allié.

Photo: Semana

L’absence de précision initiale par la chancellerie vénézuélienne sur l’identité de l’auteur des propos, comme le note Infobae, a été comblée par la diffusion d’une vidéo où Abbas Aragchi lie explicitement la situation du Venezuela aux négociations avec les États-Unis. Pour le gouvernement de Delcy Rodríguez, cette comparaison est devenue inacceptable, transformant un soutien historique en un sujet de contentieux diplomatique formel.

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