Trump menace Ottawa de tarifs douaniers massifs dans un différend sur la certification d’avions
Washington – L’ancien président américain Donald Trump a menacé jeudi d’imposer des tarifs douaniers de 50 % sur tous les avions canadiens vendus aux États-Unis et de décertifier les appareils fabriqués au Canada, dans le cadre d’un différend commercial portant sur la certification d’avions, notamment les jets Gulfstream.
Trump accuse les autorités canadiennes de bloquer intentionnellement la certification des jets Gulfstream 500, 600, 700 et 800, considérés comme des appareils de pointe, tout en autorisant la vente d’avions canadiens sur le marché américain. Il a annoncé sa décision sur son réseau social Truth Social, affirmant que les États-Unis décertifieraient les Bombardier Global Express et tous les avions fabriqués au Canada jusqu’à ce que Gulfstream obtienne la certification complète.
“Canada bloque efficacement la vente de produits Gulfstream au Canada par ce même processus de certification”, a-t-il écrit.
Cette escalade intervient dans un contexte de tensions commerciales persistantes entre les deux pays. Le Premier ministre canadien Mark Carney a récemment souligné la nécessité pour le Canada de diversifier ses marchés commerciaux, notamment en réduisant sa dépendance aux États-Unis, qui absorbent environ 70 % de ses exportations en vertu de l’Accord Canada-États-Unis-Mexique (ACEUM).
L’annonce de Trump a suscité des inquiétudes quant à l’impact potentiel sur l’industrie aéronautique et les relations commerciales bilatérales. Plus de 400 avions fabriqués au Canada opèrent actuellement aux États-Unis, selon les données de FlightRadar24. Cirium estime que 150 appareils Global Express sont immatriculés aux États-Unis et exploités par 115 opérateurs différents.
L’impact précis des tarifs douaniers potentiels sur d’autres appareils, comme l’Airbus A220 fabriqué au Canada, reste incertain.
L’administration Biden n’a pas encore commenté les menaces de Trump. Il n’est pas clair non plus comment une décertification serait mise en œuvre, car cette autorité relève de la Federal Aviation Administration (FAA). Cependant, Trump a déjà formulé des déclarations similaires par le passé qui ont ensuite été mises en œuvre, parfois avec des exemptions, par les agences compétentes.
Le différend actuel met en lumière les complexités de la réglementation aéronautique et les enjeux liés à la protection des intérêts nationaux dans le secteur de l’aviation. Les experts soulignent que de telles mesures protectionnistes pourraient perturber les chaînes d’approvisionnement mondiales et nuire à la concurrence.
L’Agence de la sécurité aérienne du Canada (Transports Canada) n’a pas immédiatement répondu aux demandes de commentaires. Gulfstream et Bombardier n’ont pas non plus réagi dans l’immédiat.
Ce conflit commercial s’inscrit dans une tendance plus large de remise en question du multilatéralisme et de la recherche de solutions nationales aux problèmes économiques, une approche souvent prônée par Trump. L’impact de cette politique sur le commerce international et la coopération économique reste à évaluer.
[Intégration potentielle d’une vidéo YouTube expliquant le processus de certification des avions ou d’un post X (anciennement Twitter) d’un expert en aviation commentant la situation.]
