Home NouvellesYann LeCun lance AMI Labs pour une IA capable de comprendre le monde réel

Yann LeCun lance AMI Labs pour une IA capable de comprendre le monde réel

by Louis Girard - Tech
L'échec des LLM face à la réalité physique

L’ancien scientifique en chef de Meta, Yann LeCun, a fondé en 2025 Advanced Machine Intelligence Labs (AMI Labs) pour développer une IA capable de comprendre le monde physique. Cette initiative, soutenue par plus d’un milliard de dollars de fonds, vise à dépasser les limites des modèles de langage actuels, jugés incapables de raisonner face à la réalité concrète.

L’échec des LLM face à la réalité physique

L'échec des LLM face à la réalité physique
Les modèles de langage comme ChatGPT, Claude ou Gemini excellent dans le codage, les mathématiques et la génération de texte. Cependant, selon la BBC, ces systèmes ne sont pas conçus pour traiter les données du monde réel. Ils s’appuient sur des modèles statistiques pour prédire la réponse la plus plausible, sans posséder de compréhension sous-jacente de la physique. “Ils [les LLM] accumulent essentiellement des connaissances… Ils peuvent régurgiter quelque chose, on les entraîne à régurgiter, mais ils ne sont pas particulièrement intelligents. Ils n’ont pas de compréhension sous-jacente.”Yann LeCun, fondateur d’AMI Labs Pour illustrer cette lacune, LeCun utilise l’exemple d’un stylo tenu en équilibre sur sa pointe. Alors qu’un enfant sait instinctivement que l’objet va tomber sans pour autant pouvoir prédire la direction exacte, un LLM tenterait de générer une prédiction unique basée sur des motifs statistiques. Le résultat serait presque systématiquement erroné car le système ne raisonne pas sur la réalité physique de la situation.

La stratégie de l’architecture JEPA et le soutien financier

La stratégie de l'architecture JEPA et le soutien financier
Pour pallier ces insuffisances, AMI Labs développe la Joint Embedding Predictive Architecture (JEPA). Ce système crée des abstractions du monde réel, filtrant les informations inutiles pour ne conserver que des représentations utiles. L’objectif est de permettre à l’IA d’évaluer les résultats d’une action sans s’épuiser dans des prédictions statistiquement impossibles. L’ambition de ce projet attire des capitaux massifs. AMI Labs a annoncé avoir levé plus de 1 milliard de dollars (760 millions de livres sterling) lors de son tour de table d’amorçage, l’un des plus importants d’Europe. Parmi les investisseurs figurent le géant américain des puces Nvidia ainsi que le fonds gérant la fortune privée du fondateur d’Amazon, Jeff Bezos. “Nous n’avons pas de robots qui sont presque aussi doués pour comprendre le monde physique qu’un rat.”Yann LeCun, fondateur d’AMI Labs

L’alerte de l’ONU sur le fossé technologique et sécuritaire

World Models: The AI Revolution Beyond Chatbots | Yann LeCun's AMI Labs | BarathVector
Pendant que des laboratoires privés cherchent à redéfinir l’intelligence artificielle, l’Organisation des Nations Unies s’inquiète de la vitesse de ce déploiement. Le Secrétaire général António Guterres a récemment lancé le rapport du premier panel scientifique international indépendant sur l’IA, affirmant que la science est désormais disponible pour agir, et que les gouvernements ne doivent plus attendre pour réguler. L’ONU souligne une concentration extrême de la puissance de calcul, créant une fracture nette entre le Nord et le Sud globaux.
Région/Pays Part de la puissance de calcul (Top 500 superordinateurs IA)
États-Unis 75 %
Chine 15 %
Cette domination technique s’accompagne de risques systémiques. Le co-président du panel, Yoshua Bengio, avertit que les capacités de l’IA dépassent actuellement la compréhension scientifique et la capacité d’adaptation des États. “Avec des preuves croissantes de comportements trompeurs de l’IA, la science ne peut actuellement pas garantir que, à mesure que les capacités continuent d’augmenter, l’IA ne causera pas de dommages catastrophiques, soit par elle-même, soit en raison d’utilisateurs malveillants.”Yoshua Bengio, co-président du panel scientifique de l’ONU

Entre moteur de développement et risques catastrophiques

Le rapport de l’ONU reconnaît un paradoxe : l’IA est un levier sans précédent pour la santé, l’éducation et le climat, permettant notamment de détecter les cancers du sein plus précocement ou d’accélérer la création de vaccins. Cependant, l’absence de règles partagées réduit la marge de manœuvre des citoyens et des gouvernements sur les résultats finaux. L’enjeu des 30 prochains jours et des mois à venir réside dans la capacité des régulateurs à transformer ces fondements scientifiques en politiques concrètes. Alors que des structures comme AMI Labs tentent de créer une intelligence “animale” ou “humaine” capable de gérer des tâches domestiques complexes, la communauté internationale doit arbitrer entre l’accélération de l’innovation et la prévention de dommages irréversibles. “Utilisée à bon escient, l’IA pourrait être le moteur de développement le plus puissant, accélérant les progrès du monde sur tout, de la santé et la faim à l’apprentissage et au climat.”António Guterres, Secrétaire général de l’ONU <!– /wp:quote La question reste entière de savoir comment équilibrer les bénéfices potentiels de ces avancées avec les risques systémiques qu’elles pourraient engendrer sans cadre juridique adapté.

Entre moteur de développement et risques catastrophiques
Photo: news.un.org

Find more reporting in our Sciences et technologies section.

You may also like

Leave a Comment

This site uses Akismet to reduce spam. Learn how your comment data is processed.