Les démocrates américains divisés sur une résolution visant à limiter le pouvoir de guerre de Trump en Iran
WASHINGTON – Une résolution visant à obliger le président Donald Trump à obtenir l’approbation du Congrès avant d’engager des hostilités avec l’Iran sera soumise au vote la semaine prochaine à la Chambre des représentants, après des pressions exercées par les dirigeants démocrates. Cependant, son adoption est loin d’être assurée, en raison de l’opposition interne au sein du parti et de la probabilité d’un veto présidentiel.
La résolution, portée par les représentants Ro Khanna et Thomas Massie, respectivement démocrate et républicain, vise à réaffirmer les pouvoirs constitutionnels du Congrès en matière de déclaration de guerre. Elle intervient alors que Trump a régulièrement laissé entendre la possibilité d’une action militaire contre l’Iran, et qu’Israël pourrait être tenté de lancer une première frappe, selon des sources proches de l’administration Trump [1, 3].
Le vote, annoncé conjointement par le chef de file démocrate à la Chambre, Hakeem Jeffries, et d’autres figures importantes du parti, est perçu comme un moyen de mettre les membres du Congrès sur le record concernant une question cruciale de politique étrangère. "Ce qui compte vraiment, c’est d’organiser le vote et de le faire avant la guerre", a déclaré Erik Sperling, directeur exécutif du groupe Just Foreign Policy.
Cependant, l’opposition de certains démocrates, notamment les représentants Josh Gottheimer et Jared Moskowitz, pourrait compromettre les chances de succès de la résolution. Moskowitz a même qualifié le texte d’"acte de protection de l’ayatollah", suscitant la critique de son adversaire aux primaires, Oliver Larkin, qui l’accuse de "céder l’autorité constitutionnelle du Congrès" [2].
Cette division interne reflète un débat plus large au sein du Parti démocrate sur la meilleure façon de gérer les tensions croissantes avec l’Iran. Gottheimer et Moskowitz estiment que Trump doit avoir les mains libres pour répondre à toute menace, tandis que les dirigeants démocrates expriment généralement une plus grande prudence.
La situation est d’autant plus délicate que le délai avant le vote pourrait permettre à Trump ou à Israël d’agir avant que le Congrès n’ait la possibilité de se prononcer. De plus, même si la résolution était adoptée par les deux chambres, Trump pourrait la bloquer par un veto, comme il l’a déjà fait par le passé concernant des mesures similaires visant l’Iran et le Venezuela [2].
L’histoire récente montre que les tentatives du Congrès pour limiter le pouvoir de guerre de Trump se sont souvent soldées par des échecs. En janvier 2026, le président a déjà déjoué une "insurrection républicaine" au Sénat concernant son intervention au Venezuela [2].
Malgré ces obstacles, les partisans de la résolution soulignent l’importance de faire connaître la position des élus sur cette question sensible. Larkin a souligné que le positionnement de certains démocrates sur Israël et Gaza contribue à une perte de confiance des électeurs. "Si nous continuons à nommer ces démocrates établis et néoconservateurs, le Parti démocrate va perdre du terrain", a-t-il déclaré.
La résolution intervient dans un contexte de tensions persistantes entre l’Iran et Israël, qui ont connu une escalade significative ces dernières années. Un cessez-le-feu entre les deux pays est en vigueur depuis le 24 juin 2025, mais la situation reste fragile [2].
