Venezuela libère des centaines de prisonniers, sous pression américaine, mais des centaines d’opposants restent détenus
CARACAS, Venezuela – Le Venezuela a libéré plus de 260 personnes considérées comme des « prisonniers politiques » depuis le 8 janvier, dans un geste apparemment motivé par la pression des États-Unis et une volonté affichée de promouvoir la réconciliation nationale. Cependant, plus de 600 dissidents restent incarcérés dans le pays, selon des organisations de défense des droits de l’homme.
La libération de ces prisonniers intervient après la capture du président Nicolás Maduro par les États-Unis le 3 janvier, et son remplacement par la vice-présidente Delcy Rodríguez, figure influente du parti au pouvoir. Rodríguez a promis la libération d’un « nombre significatif » de détenus, dans le but de désamorcer les tensions politiques et de répondre aux appels internationaux.
Alfredo Romero, président de Foro Penal, une organisation vénézuélienne de défense des droits des prisonniers, a annoncé sur X (anciennement Twitter) que 266 personnes avaient été libérées depuis le début du mois. Au cours du week-end dernier, au moins 100 autres prisonniers ont recouvré leur liberté, selon les chiffres de l’organisation.
Parmi les libérés figurent des militants de l’opposition, des avocats des droits de l’homme et même un étudiant en journalisme emprisonné en mars après avoir critiqué le système d’égouts de sa ville natale, accusé d’« incitation à la haine ». Ces arrestations, souvent qualifiées de politiquement motivées, ont suscité une condamnation internationale croissante.
La pression américaine sur le Venezuela s’intensifie depuis plusieurs mois, notamment en matière de respect des droits de l’homme et de libération des prisonniers politiques. Les États-Unis ont clairement indiqué que des sanctions économiques pourraient être levées en échange de progrès significatifs sur ces questions.
Rodríguez a déclaré vendredi que son administration avait libéré plus de 620 prisonniers et qu’elle demanderait à la Haut-Commissaire des Nations unies aux droits de l’homme de vérifier les listes de libération. Le ministre de l’Intérieur, Diosdado Cabello, a affirmé lundi lors d’une conférence de presse que 808 prisonniers avaient été libérés depuis décembre.
Cependant, des divergences subsistent quant au nombre exact de personnes libérées. Les organisations de défense des droits de l’homme accusent le gouvernement de gonfler les chiffres, tandis que les autorités dénoncent des tentatives de discrédit de l’État. Cabello a même affirmé qu’il n’y avait « aucun prisonnier politique » au Venezuela, mais seulement des personnes ayant commis des crimes.
Dehors des prisons vénézuéliennes, les familles des détenus continuent d’organiser des veillées régulières pour exiger la libération de leurs proches. Ces manifestations silencieuses témoignent de la souffrance et de l’angoisse de milliers de familles vénézuéliennes.
Parmi les personnes toujours détenues figurent plusieurs membres du parti Vente Venezuela, dirigé par María Corina Machado, figure de proue de l’opposition et lauréate du prix Nobel de la paix. La situation au Venezuela reste donc préoccupante, malgré les récentes libérations. La communauté internationale continue de suivre de près l’évolution de la situation et appelle à la libération inconditionnelle de tous les prisonniers politiques.
[Intégration potentielle d’une vidéo YouTube d’une veillée de familles de prisonniers ou d’un reportage sur la situation au Venezuela]
[Intégration potentielle d’un post Instagram d’une organisation de défense des droits de l’homme vénézuélienne]
