Home SantéL’Afrique subsaharienne submergée par la crise oncologique et ses coûts exorbitants

L’Afrique subsaharienne submergée par la crise oncologique et ses coûts exorbitants

by Camille Laurent - Santé
L'ampleur de la crise oncologique mondiale

Le cancer représente une menace majeure pour la santé mondiale, causant près de 10 millions de décès en 2020. En Afrique subsaharienne, la prévalence du cancer du col de l’utérus et l’impact des infections virales pèsent lourdement sur les systèmes de santé des pays à revenus faibles et intermédiaires.

L’ampleur de la crise oncologique mondiale

Le cancer ne se limite pas à une seule pathologie, mais constitue un groupe de maladies pouvant affecter n’importe quelle partie du corps. Selon les données de l’Organisation mondiale de la Santé (OMS), cette maladie est l’une des principales causes de mortalité à l’échelle planétaire. En 2020, elle a été responsable de près de 10 millions de décès, ce qui représente environ un décès sur six dans le monde.

Les statistiques de l’année 2022 révèlent une pression constante sur les services de santé. En termes de nouveaux cas diagnostiqués cette année-là, le cancer du poumon arrivait en tête avec 2,5 millions de cas, suivi du cancer du sein avec 2,3 millions. Les cancers du côlon et du rectum ont touché 1,9 million de personnes, tandis que le cancer de la prostate a concerné 1,5 million de patients. Les cancers de la peau non mélanomes (1,2 million) et de l’estomac (1,0 million) complétaient ce tableau épidémiologique.

La mortalité liée au cancer suit une tendance similaire. En 2022, le cancer du poumon a causé 1,82 million de décès. Les cancers du côlon et du rectum ont entraîné 904 000 morts, suivis par le cancer du foie avec 760 000 décès. Le cancer du sein et le cancer de l’estomac ont respectivement causé 666 000 et 660 000 décès.

L’impact disproportionné en Afrique et dans les pays à revenus faibles

Si le cancer est un défi global, sa manifestation et sa gestion varient considérablement selon les régions du monde. L’OMS souligne que le cancer du col de l’utérus est la forme de cancer la plus fréquente chez les femmes dans 21 pays, principalement situés en Afrique subsaharienne.

Lutter contre les cancers de l'enfant en Afrique subsaharienne

La situation est d’autant plus complexe dans les pays à revenus faibles et à revenus intermédiaires. Dans ces zones, les infections sont un moteur majeur de la maladie. Les infections provoquant le cancer, telles que le papillomavirus humain (HPV) et l’hépatite, sont responsables d’environ 30 % des cas de cancer dans ces régions.

Cette charge de morbidité est aggravée par des facteurs de risque environnementaux et comportementaux. L’OMS identifie notamment la consommation de tabac, la consommation d’alcool, un indice de masse corporelle élevé, une faible consommation de fruits et de légumes, ainsi qu’un manque d’activité physique comme des contributeurs importants. La pollution de l’air est également citée comme un facteur de risque essentiel pour le cancer du poumon.

La biologie de la maladie et les défis du traitement

Comprendre la difficulté de traiter ces pathologies nécessite d’analyser la nature même des cellules cancéreuses. Contrairement aux cellules normales qui croissent et se multiplient de manière ordonnée pour remplacer les cellules endommagées, les cellules cancéreuses rompent ce processus biologique.

Selon le National Cancer Institute (NCI), les cellules cancéreuses présentent des caractéristiques qui les distinguent radicalement des cellules saines. Elles croissent en l’absence de signaux de croissance et ignorent les signaux qui leur indiquent normalement de cesser de se diviser ou de mourir, un processus biologique appelé apoptose. Cette prolifération incontrôlée peut mener à la formation de tumeurs, qui sont des amas de tissus.

Ces tumeurs peuvent être bénignes ou malignes. Les tumeurs malignes, ou cancéreuses, ont la capacité d’envahir les tissus voisins et de se propager à d’autres parties du corps par un processus nommé métastase. Ces métastases étendues constituent la cause principale de décès par cancer. Bien que de nombreux cancers puissent être guéris s’ils sont détectés tôt et traités efficacement, la complexité de la propagation cellulaire reste un obstacle majeur pour les systèmes de santé, particulièrement là où les ressources de diagnostic précoce sont limitées.

Pour toute question concernant les symptômes ou les protocoles de dépistage, consultez votre professionnel de santé.

Sur le même sujet

You may also like

Leave a Comment

This site uses Akismet to reduce spam. Learn how your comment data is processed.