Venezuela : Rodriguez consolide son pouvoir après la destitution de Maduro, Washington évoque une “transition”
Caracas, Venezuela – Delcy Rodriguez, la nouvelle présidente par intérim du Venezuela, a renforcé lundi son gouvernement en nommant plusieurs ministres et en rencontrant Laura Dogu, la nouvelle chargée d’affaires américaine à Caracas, pour discuter de la “transition” du pays après la destitution de Nicolas Maduro.
La rencontre, qui s’est tenue dans la capitale vénézuélienne, a été annoncée par Dogu sur son compte X (anciennement Twitter). Elle a déclaré avoir discuté avec Rodriguez des plans américains pour la “stabilisation, la reprise économique, la réconciliation et la transition”. La nature exacte de cette “transition” reste floue, alors que Maduro, au pouvoir depuis 2013, a été arrêté par les forces américaines et transféré à New York pour y être jugé pour trafic de drogue.
Le ministre vénézuélien des Affaires étrangères, Yvan Gil, a précisé après la rencontre que les discussions se concentreraient désormais sur “la résolution des divergences et des controverses historiques entre les États-Unis et le Venezuela”. Il a également mentionné l’examen d’une “agenda commune, notamment en matière d’énergie, de commerce et de politique”.
Ces développements interviennent après une purge au sein de l’armée vénézuélienne, où douze hauts gradés ont été remplacés par Rodriguez. L’ancien ministre de l’Industrie, Alex Saab, proche de Maduro, a également été démis de ses fonctions.
Parallèlement, Rodriguez a nommé Felix Plasencia, ancien ministre des Affaires étrangères, comme chef de la mission diplomatique vénézuélienne à Washington, marquant un tournant significatif dans les relations bilatérales, rompues en 2019 lorsque les États-Unis n’ont pas reconnu la réélection de Maduro et ont soutenu l’opposition menée par Juan Guaido.
L’influence de Diosdado Cabello, figure puissante du régime précédent, reste palpable. Sa fille, Daniella Cabello, a été nommée ministre du Tourisme, consolidant ainsi le soutien de l’ancien vice-président à la nouvelle administration.
L’opposition vénézuélienne, représentée par Maria Corina Machado, a exprimé sa volonté de dialoguer avec Rodriguez, “si nécessaire”, pour établir un “calendrier de transition”. Cependant, Machado a également souligné que le nouveau gouvernement “reste la mafia, qui a peut-être changé de nom”.
Ces événements se déroulent dans un contexte de crise économique et politique profonde au Venezuela, un pays riche en pétrole mais confronté à une hyperinflation, à une pénurie de biens de première nécessité et à une émigration massive. La destitution de Maduro et la mise en place d’un nouveau gouvernement pourraient ouvrir la voie à une stabilisation du pays, mais de nombreux défis restent à relever.
L’avenir du secteur pétrolier vénézuélien, qui représente plus de 90% des exportations du pays, est également en jeu. Récemment, le Venezuela a approuvé la privatisation de son secteur pétrolier, une décision qui pourrait attirer les investissements étrangers et relancer la production.
(France 24 avec AFP)
