Dans les zones urbaines proches de l’équateur, l’urbanisation supprime 42 % d’espèces par rapport aux espaces naturels voisins, réduisant un gradient latitudinal de biodiversité vieux de plusieurs millénaires, selon une étude publiée dans la revue PNAS par l’Université McGill portant sur 10 000 espèces d’oiseaux.
Les villes continuent de s’étendre pour loger une population en pleine croissance.
Des scientifiques de l’Université McGill au Canada ont mesuré l’impact de cet étalement urbain sur l’un des schémas écologiques les plus stables de la planète d’après une recherche parue dans la revue PNAS.
L’analyse de 10 000 espèces d’oiseaux par l’Université McGill
L’équipe canadienne a exploité les observations de 10 000 espèces d’oiseaux réparties sur cinq continents, enregistrées sur la plateforme de science citoyenne eBird.
Les chercheurs ont divisé la surface du globe en carrés d’un kilomètre carré, appelés mailles.

Ils ont retenu seulement celles offrant suffisamment de données pour recenser au moins 95 % de la diversité locale, d’après les explications de Jory Griffith, étudiante associée à ces travaux.
Les mailles ont été classées en trois catégories — urbaines, suburbaines ou naturelles — en fonction de la densité de population humaine et de la transformation des paysages. La comparaison des schémas de diversité entre ces milieux a rapidement fait apparaître un recul marqué des espèces dans les zones construites.
Les pertes de biodiversité face au gradient latitudinal
Le gradient latitudinal naturel se traduit par une richesse biologique maximale près de l’équateur, qui décroît progressivement vers les pôles. L’urbanisation perturbe lourdement cet équilibre séculaire.
Dans les zones urbaines proches de l’équateur, les chercheurs ont dénombré en moyenne 42 % d’espèces en moins par rapport aux zones naturelles adjacentes.
Cet écart de diversité s’établit à 32 % en moyenne mondiale, et chute à 12 % près des régions polaires.
Quand on voyage des latitudes nordiques, du Canada par exemple, vers les tropiques, on remarque qu’il y a beaucoup plus d’espèces de plantes et d’oiseaux dans les tropiques. Et c’est comme ça depuis des dizaines de milliers d’années. C’est une constante forte, frappante, vieille comme le monde et hyper stable. Les phénomènes écologiques du genre sont plutôt rares. Et aujourd’hui, l’un des grands schémas biologiques de la planète est en passe de disparaître sous l’effet de l’urbanisation.
Anna Hargreaves, auteure en chef et professeure au Département de biologie
Les espaces verts et les perspectives de recherche
La diminution de la biodiversité s’avère moins sévère dans les banlieues et les agglomérations dotées d’une forte proportion d’espaces verts.
Les chercheurs prévoient désormais d’identifier précisément quelles espèces parviennent à se maintenir en ville.
Ils veulent aussi analyser les conséquences de ces mutations écologiques sur les interactions entre animaux, telles que la pollinisation et la prédation.
Ces travaux portent sur 10 000 espèces d’oiseaux.
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