L’attente et l’espoir à Tchernihiv : une femme se bat pour maintenir son mari en vie malgré les coupures de courant
Tchernihiv, Ukraine – Olena Grygorenko, 57 ans, vit une course contre la montre quotidienne. Dans un appartement de Tchernihiv, une ville ukrainienne régulièrement frappée par les bombardements et confrontée à des coupures d’électricité massives, elle se consacre corps et âme à maintenir son mari, Anatoli Koutchynsky, en vie. Anatoli, un ancien agent des services secrets ukrainiens, souffre de sclérose latérale amyotrophique (SLA), une maladie neurodégénérative incurable qui le paralyse progressivement. Il est entièrement dépendant d’un respirateur artificiel pour survivre.
Les coupures de courant, conséquence directe des frappes russes sur l’infrastructure énergétique ukrainienne, représentent une menace constante. Elles peuvent durer jusqu’à neuf heures par jour, obligeant Olena à brancher le respirateur sur des batteries de secours. “Les batteries n’ont pas le temps de se recharger quand le courant revient”, explique-t-elle à l’AFP.
La situation d’Olena et Anatoli est emblématique des défis auxquels sont confrontés des millions d’Ukrainiens, plus d’un an après le début de l’invasion russe. Selon un rapport récent de l’ONU, plus de 10 millions de personnes en Ukraine sont privées d’électricité de manière régulière, et l’accès aux soins de santé est gravement compromis dans les zones les plus touchées.
Malgré les difficultés, Olena refuse de céder au désespoir. Elle communique avec Anatoli grâce à un tableau alphabétique, lui permettant d’exprimer ses pensées et ses besoins malgré son incapacité à parler. “Je ne veux pas dire que nous survivons. Nous vivons”, dit-elle avec une détermination touchante. “On dort tête-bêche… Je le regarde, il me regarde.”
L’histoire d’Olena et Anatoli illustre la résilience du peuple ukrainien face à l’adversité. Elle témoigne également de l’impact humanitaire dévastateur de la guerre, qui va bien au-delà des lignes de front. Les frappes sur les infrastructures civiles, notamment les centrales électriques, sont considérées par de nombreux observateurs internationaux comme des crimes de guerre.
Olena garde l’espoir. Elle rêve du jour où la guerre prendra fin et où elle pourra organiser une grande fête pour ses amis, avec Anatoli, qui pourra, selon les médecins, savourer un petit cognac. “Je dis à tous ses amis que nous vivrons jusqu’à la victoire, la fin de la guerre”, confie-t-elle.
“La guerre vous apprend tout”, résume-t-elle, avec une lucidité poignante.
[Image d’Olena tenant une lampe lors d’une coupure de courant, légende : Olena Grygorenko tient une lampe lors d’une coupure de courant, à Tchernihiv (Ukraine), le 12 février 2026. TETIANA DZHAFAROVA/AFP]
[Image d’Olena nourrissant son mari, légende : Olena Grygorenko nourrit son mari, Anatoli Koutchynsky, à Tchernihiv (Ukraine), le 12 février 2026. TETIANA DZHAFAROVA/AFP]
[Image du tableau alphabétique, légende : Un tableau alphabétique, utilisé par Olena pour communiquer avec son mari, à Tchernihiv (Ukraine), le 12 février 2026. TETIANA DZHAFAROVA/AFP]
[Image d’Olena au chevet de son mari, légende : Olena, au chevet de son mari, à Tchernihiv (Ukraine), le 12 février 2026. TETIANA DZHAFAROVA/AFP]
