L’Union européenne propose de nouvelles sanctions contre la Russie, ciblant le pétrole et les banques
BRUXELLES – L’Union européenne a annoncé le 6 février un nouveau train de sanctions contre la Russie en réponse à la guerre en Ukraine, comprenant une interdiction de fournir des services de transport maritime pour le pétrole brut russe. Cette proposition, présentée par la présidente de la Commission européenne Ursula von der Leyen, intervient à l’approche du quatrième anniversaire de l’invasion de l’Ukraine par la Russie, le 24 février.
Le paquet de mesures vise également des banques russes, des négociants en cryptomonnaies et les exportations de métaux. L’objectif est de faire pression sur Moscou pour qu’elle revienne à la table des négociations, a déclaré von der Leyen. “La Russie ne viendra à la table que si elle est sous pression. C’est le seul langage qu’elle comprend”, a-t-elle affirmé.
Ces nouvelles sanctions s’inscrivent dans un contexte de médiation américaine entre la Russie et l’Ukraine pour tenter de mettre fin aux combats. L’UE cherche à resserrer son étreinte sur les revenus énergétiques de la Russie, en interdisant notamment l’accès aux assurances et aux ports pour le pétrole brut russe. Cette interdiction sera mise en œuvre en coordination avec les pays du G7.
L’UE s’attaque également à la “flotte fantôme” de pétroliers que Moscou utilise pour contourner les restrictions sur les exportations de pétrole, ainsi qu’aux navires transportant du gaz naturel liquéfié. Vingt banques russes supplémentaires pourraient être ajoutées à la liste noire, et des mesures sont envisagées contre les négociants en cryptomonnaies pour bloquer les tentatives de contournement des sanctions.
Les exportations russes de métaux, de produits chimiques et de matières premières critiques, d’une valeur d’environ 570 millions d’euros par an (850 millions de dollars canadiens), seront également soumises à des interdictions.
Depuis le début de l’invasion de l’Ukraine en février 2022, l’UE a adopté 19 cycles de sanctions sans précédent contre la Russie. Bien que l’économie russe ait globalement résisté à ces mesures, les responsables européens insistent sur le fait que des difficultés se multiplient. Une récente analyse de la Commission européenne, disponible sur leur site web, confirme une baisse significative des revenus pétroliers russes, un élément crucial pour financer l’effort de guerre. https://commission.europa.eu/business-economy-euro/economic-and-fiscal-policy-coordination/sanctions-against-russia-following-invasion-ukraine_fr
L’UE cherche également à empêcher la circulation de technologies clés vers la Russie via des pays tiers. Une mesure inédite est envisagée : l’arrêt des ventes de certaines machines au Kirghizistan pour éviter qu’elles ne soient transférées à la Russie. Cette approche, si elle est adoptée, marquerait une nouvelle étape dans la stratégie de l’UE pour renforcer l’efficacité de ses sanctions.
Les sanctions doivent être approuvées par les 27 États membres de l’UE et seront soumises à discussion initiale à Bruxelles le 9 février. Leur impact potentiel sur l’économie mondiale et les relations internationales reste à évaluer. Un débat public sur l’efficacité des sanctions et leurs conséquences humanitaires est en cours, notamment sur les plateformes de réseaux sociaux comme X (anciennement Twitter), où des experts et des citoyens expriment leurs opinions. (Rechercher #SanctionsRussie sur X pour suivre la conversation).
