Sous les eaux de la Méditerranée au large de Tyr, les visiteurs et les plongeurs reviennent explorer la cité antique submergée après un cessez-le-feu fragile. Malgré les destructions terrestres du dernier conflit et son inscription récente sur la liste du patrimoine en danger de l’UNESCO, les structures sous-marines ont miraculeusement résisté.
Le retour des plongeurs vers la cité antique de Tyr
Au lendemain du conflit entre Israël et le Hezbollah, le tourisme et la plongée reprennent timidement le long des côtes de Tyr, dans le sud du Liban. Les amateurs d’histoire et les passionnés de grands fonds retrouvent peu à peu les vestiges engloutis de cette métropole phénicienne majeure, qui fut tour à tour un centre grec et romain de premier plan. Si la fréquentation reste en deçà des chiffres observés avant la guerre, l’intérêt grandit de jour en jour selon les professionnels du secteur.
La plongée n’est plus ce qu’elle était avant, mais le nombre de personnes qui viennent plonger pour voir les ruines augmente de jour en jour, a déclaré Yousef al-Jundi, gérant du Lebanon Diving Center, dans des propos rapportés par la couverture de l’Associated Press. Les plongeurs qui s’aventurent sous la surface découvrent des murs de pierre, des structures portuaires anciennes et une route submergée témoignant du riche passé maritime de la région.
Un paysage archéologique sous-marin épargné par les frappes
L’ancienne cité de Tyr abrite un vaste patrimoine dont une part substantielle se trouve aujourd’hui sous le niveau de la mer. Selon l’UNESCO, les recherches archéologiques sous-marines menées au large de l’ancienne île et de la côte ont permis de documenter des vestiges d’anciennes murailles et des aménagements portuaires. Ces trésors constituent l’essence même de l’identité de la ville et de son histoire millénaire.
C’est l’identité de cette ville, qui nous indique l’âge de cette ville et quelle est son histoire. Yousef al-Jundi, gérant du Lebanon Diving Center

Les hostilités intenses qui ont précédé le cessez-le-feu de la fin du mois de juin avaient semé l’inquiétude parmi les archéologues et les gestionnaires locaux. De nombreux quartiers côtiers de Tyr ont subi des dégâts matériels importants lors des bombardements israéliens, ce qui a conduit le Comité du patrimoine mondial de l’UNESCO à placer le site sur sa liste du patrimoine mondial en danger en juillet 2026.
Nous étions inquiets pour les sites archéologiques terrestres, qui ont été touchés par la guerre et les frappes, mais en même temps nous étions également inquiets pour les sites archéologiques sous-marins, et Dieu merci, ils n’ont pas été touchés. Yousef al-Jundi, gérant du Lebanon Diving Center
Défis de protection et projets de parcs archéologiques
Malgré l’intégrité préservée des vestiges sous-marins, leur sauvegarde à long terme demeure un défi complexe pour les autorités libanaises. Ali Badawi, représentant de la Direction générale des antiquités du Liban, souligne que les sites ne bénéficient pas encore d’une protection optimale et font parfois l’objet d’empiétements. Pour remédier à cette situation, les services compétents multiplient les initiatives de terrain.
En parallèle, les autorités examinent des projets visant à stimuler la recherche scientifique et à attirer des investissements dans le tourisme sous-marin, notamment par la création de parcs archéologiques aquatiques réglementés.
Inscrite sur la liste du patrimoine mondial de l’UNESCO depuis 1984 en raison de son importance phénicienne, grecque et romaine, la ville de Tyr s’attelle ainsi à redynamiser son économie touristique tout en protégeant les vestiges fragiles d’une histoire qui s’étend sur plusieurs millénaires.
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