Le gouvernement du Tyrol a émis, jeudi 9 juillet 2026, un décret autorisant l’abattage d’un loup identifié comme « Schadwolf » (loup nuisible) responsable de la mort de bétail dans le district de Lienz, plus précisément dans un alpage de la commune d’Obertilliach. Cette décision, valable jusqu’au 2 septembre 2026 inclus, fait suite à des analyses ADN confirmant l’implication du prédateur après des attaques répétées contre des troupeaux ovins.
Autorisation d’abattage suite aux pertes à Obertilliach
La situation dans le district de Lienz s’est dégradée au cours du mois de juin 2026. Une première expertise vétérinaire a été réalisée le 20 juin après la découverte de trois carcasses de moutons. À cette date, environ 15 autres ovins étaient portés disparus. En raison du type de blessures observées, le Land de Tirol a fait état d’un soupçon d’implication d’un loup. Quatre jours plus tard, une seconde inspection a révélé un bilan plus lourd. Selon les données communiquées, dix moutons morts ont été recensés lors de cette seconde visite, avec plus de 40 autres animaux manquants. Des sources complémentaires font état d’un bilan consolidé de 13 moutons confirmés morts et de plus de 50 animaux disparus suite aux incidents des 20 et 24 juin. Dans le cadre de ces expertises, le vétérinaire officiel a procédé à des prélèvements pour analyse génétique, laquelle a confirmé la présence d’un loup comme auteur des faits.

Le Land de Tyrol appelle la population à signaler toute observation de grands prédateurs le plus rapidement possible, soit via le formulaire de signalement disponible sur le site internet du Land, soit directement auprès de l’autorité de district (Bezirkshauptmannschaft). Les autorités soulignent que la fourniture de matériel photographique est particulièrement importante pour permettre une évaluation technique précise par les services compétents.
Contestation juridique des mesures en Styrie
Parallèlement, une controverse émerge en Styrie, où un premier loup a été classé comme « Schadwolf » selon la réglementation locale (Steirische Wolfsverordnung) suite à plusieurs attaques dans la commune de Sölk. L’autorisation d’abattage est valable pour une durée de quatre semaines dans un rayon de dix kilomètres autour du dernier incident. Cette décision a suscité une vive opposition de la part d’organisations de protection de la nature, dont le réseau ANCA (Austrian Network for Carnivore Conservation) et l’association « Wölfe in Österreich ».
Ces organisations contestent les fondements techniques et juridiques de l’autorisation. L’association « Wölfe in Österreich » exige une divulgation complète des bases de décision, pointant des incohérences dans les documents officiels. Selon eux, les autorités auraient ordonné le rassemblement ou la mise en sécurité des animaux juste avant de délivrer l’autorisation de tir. L’association souligne également que le suivi des troupeaux, le recours aux colliers GPS ou les vérifications visuelles documentées par les autorités ne constituent pas, en soi, des mesures de protection des troupeaux (Herdenschutz).
De son côté, l’ANCA affirme que les critères de la réglementation styrienne n’étaient pas remplis, arguant qu’un loup ne peut être classé « Schadwolf » que s’il a surmonté des mesures de protection appropriées à plusieurs reprises en quatre semaines. L’organisation précise que les mesures citées par les autorités ne correspondent pas aux normes définies par le ministère fédéral, le centre autrichien Ours-Loup-Lynx et l’institut HBLFA Raumberg-Gumpenstein. L’ANCA invoque également le statut de conservation du loup et les exigences du droit européen, critiquant le fait que l’autorisation ne cible pas un individu précis mais couvre une vaste zone de chasse.
Défense de la régulation par les autorités cynégétiques
Les représentants des chasseurs défendent fermement la mesure. La Landesjägerschaft de Styrie a déclaré : « Mit der geplanten Freigabe des ersten Wolfs zur Entnahme in der Steiermark wird ein längst notwendiger Schritt gesetzt. Es geht dabei nicht um ein “Für oder gegen den Wolf”, sondern um den Schutz einer einzigartigen Kulturlandschaft und jener Menschen, die sie seit Generationen mit harter Arbeit erhalten ».
Le Bezirksjägermeister Johann Trinker a exprimé une position tranchée sur la gestion de l’espèce, estimant que « in der vom Menschen gestalteten und veränderten Kulturlandschaft hat der Wolf keinen Platz mehr ». Il souligne également les risques accrus pour les chiens et les humains en cas de formation de meute, comme cela serait le cas dans le Sölktal, et évoque les défis pour le secteur touristique. Le Landesjägermeister Franz Mayr-Melnhof-Saurau a complété ces propos en affirmant que cette décision est un acte de « Naturschutz mit Hausverstand » (protection de la nature avec bon sens), visant à soutenir les familles agricoles et les alpages, qualifiant le pastoralisme de valeur inestimable pour la Styrie.
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