Trump annonce des visées sur l’Islande, après avoir évoqué l’annexion du Groenland
Davos, Suisse – Lors d’un discours chaotique au Forum économique mondial de Davos, le président Donald Trump a surpris l’audience en évoquant l’annexion de l’Islande par les États-Unis, quelques jours après avoir réaffirmé son intérêt pour le Groenland. Cette annonce intervient dans un contexte de rhétorique de plus en plus assertive du président américain concernant la souveraineté territoriale et les alliances internationales.
“Jusque récemment, ils m’adoraient”, a déclaré Trump à propos des dirigeants européens, avant d’ajouter : “Ce que je demande, c’est un morceau de glace, froid et mal situé, qui peut jouer un rôle vital dans la paix mondiale et la protection mondiale.” Il a également affirmé que l’OTAN “n’est pas là pour nous en ce qui concerne l’Islande” et que le marché boursier américain avait subi un premier repli à cause de cette question.
L’administration Trump a multiplié les déclarations controversées concernant le Groenland ces dernières semaines, allant jusqu’à affirmer qu’il était prêt à “prendre” le territoire “par tous les moyens nécessaires”. Un sondage récent, mené en 2025, révèle que 85% des Groenlandais s’opposent à une intégration aux États-Unis, seulement 6% y étant favorables.
Les réactions officielles à ces annonces se font rares. Les porte-parole de la Maison Blanche, Karoline Leavitt, Taylor Rogers et Anna Kelly, n’ont pas répondu aux demandes de clarification concernant les intentions du président, se contentant d’affirmer que les références à l’Islande étaient des erreurs, et que le discours portait uniquement sur le Groenland, qualifié de “morceau de glace” par Leavitt sur son compte X (anciennement Twitter).
Lien vers le tweet de Karoline Leavitt
Trump a également souligné l’importance de la “propriété” pour son succès personnel et national, affirmant que sa fixation sur le Groenland était “psychologiquement importante pour moi”. Il a menacé implicitement d’utiliser la force si l’Europe ne coopérait pas, tout en assurant qu’il ne le ferait pas.
Dans un message publié sur Truth Social, Trump a affirmé avoir conclu un “cadre d’accord futur” avec Mark Rutte, le secrétaire général de l’OTAN, concernant le Groenland. Ni la Maison Blanche, ni le gouvernement danois n’ont commenté cette annonce.
Cette escalade verbale intervient dans un contexte de remise en question des alliances internationales par l’administration Trump. L’Islande, en tant que membre fondateur de l’OTAN, bénéficie de la protection de l’article 5 du traité, qui stipule qu’une attaque contre un membre est considérée comme une attaque contre tous.
L’attitude de Trump envers le Groenland et l’Islande rappelle d’autres déclarations controversées et souvent infondées de son administration. L’année dernière, elle a notamment accusé le gang vénézuélien Tren de Aragua d’avoir “envahi” les États-Unis, une affirmation démentie par les tribunaux.
Lien vers un article de Al Jazeera sur la vérification des faits concernant Tren de Aragua
La communauté internationale observe avec inquiétude l’évolution de la situation, se demandant si les menaces de Trump sont une stratégie de négociation ou le reflet d’une politique étrangère imprévisible. Les demandes de commentaires auprès des ministères islandais des Affaires étrangères et du Premier ministre n’ont pas reçu de réponse au moment de la publication de cet article.
