Trump menace de droits de douane sur l’Europe pour forcer l’achat du Groenland, suscitant l’indignation internationale
Copenhague, Danemark – Le président américain Donald Trump a déclenché une crise diplomatique en menaçant d’imposer des droits de douane de 10%, pouvant atteindre 25% en juin, sur les importations en provenance de huit nations européennes alliées si elles s’opposent à son projet d’acquérir le Groenland. Cette escalade, qualifiée de “chantage” par la Première ministre danoise Mette Frederiksen, a provoqué une vague de réactions indignées et de solidarité envers le Groenland et le Danemark.
Frederiksen a fermement déclaré que l’Europe ne se laisserait pas intimider, soulignant l’importance de la coopération et de la non-confrontation. “Nous voulons coopérer et nous ne sommes pas ceux qui cherchent le conflit”, a-t-elle écrit sur Facebook, ajoutant que l’Europe restera unie sur ses valeurs fondamentales.
Les pays concernés par les potentielles sanctions sont le Danemark, la Finlande, la France, l’Allemagne, les Pays-Bas, la Norvège, la Suède et le Royaume-Uni. Dans une déclaration conjointe publiée dimanche, les dirigeants de ces nations ont exprimé leur “pleine solidarité avec le Royaume du Danemark et le peuple groenlandais”, mettant en garde contre un risque de “spirale descendante” dans les relations transatlantiques.
Trump justifie son intérêt pour le Groenland par des considérations de sécurité nationale, affirmant que l’île est cruciale pour la défense américaine, notamment en raison de sa position stratégique dans l’Arctique et de son potentiel pour des systèmes d’alerte précoce en cas d’attaque balistique. Il a même laissé entendre qu’il pourrait envisager une acquisition du territoire par la force, une perspective largement condamnée.
“Le Groenland ne peut être défendu que s’il fait partie des États-Unis, et il n’aura pas besoin d’être défendu s’il fait partie des États-Unis”, a déclaré le secrétaire au Trésor américain Scott Bessent à NBC News.
La réaction internationale ne s’est pas limitée aux déclarations officielles. Des manifestations ont eu lieu ce week-end au Danemark et au Groenland, avec des slogans tels que “Hands off Greenland” (“Laissez le Groenland tranquille”) et “Greenland for Greenlanders” (“Le Groenland pour les Groenlandais”). Une vidéo partagée sur X (anciennement Twitter) montre des manifestants à Copenhague brandissant des drapeaux danois et groenlandais. [Insérer ici un lien vers une vidéo pertinente sur X].
Le Premier ministre britannique Sir Keir Starmer a également exprimé son inquiétude lors de conversations téléphoniques avec Frederiksen, la présidente de la Commission européenne Ursula von der Leyen et le secrétaire général de l’OTAN Mark Rutte. Il a souligné que l’imposition de droits de douane à des alliés pour des raisons de sécurité collective était “erronée”.
Les sondages d’opinion publique révèlent un soutien limité à l’acquisition du Groenland par les États-Unis. Un récent sondage Reuters/Ipsos indique que seulement 17% des Américains sont favorables à cette idée, tandis que 47% s’y opposent. De plus, une enquête menée au Groenland en janvier 2025 a révélé que seulement 6% de la population souhaitait rejoindre les États-Unis, contre 85% qui préféraient rester autonomes.
La situation est d’autant plus complexe que Trump est attendu au Forum économique mondial de Davos, en Suisse, mercredi prochain, où il devrait aborder la question de la coopération internationale dans un monde “plus contesté”. Le président français Emmanuel Macron, ainsi que les dirigeants allemand et européen, seront également présents et devraient aborder la question des tarifs douaniers.
Le ministre norvégien des Affaires étrangères, Espen Barth Eide, a rappelé que le respect mutuel de la souveraineté et de l’intégrité territoriale est un principe fondamental du droit international et de la coopération. “Si nous voulons vivre en paix et coopérer sur des problèmes communs, nous devons commencer par reconnaître mutuellement la souveraineté et l’intégrité territoriale de chacun”, a-t-il déclaré.
L’Union européenne envisage d’activer son “instrument anti-coercition” si Trump met ses menaces à exécution, selon le président Macron. L’issue de cette crise diplomatique reste incertaine, mais elle souligne les tensions croissantes entre les États-Unis et ses alliés européens, ainsi que l’importance stratégique de l’Arctique dans le contexte géopolitique actuel.
