Le ministère libanais de la Santé a rapporté mardi que quatre personnes ont été tuées et 127 blessées lors d’une frappe israélienne près de l’hôpital Jabal Amel à Tyr, au sud du Liban. Cet événement survient alors qu’une quatrième session de pourparlers sous médiation américaine se tient à Washington pour tenter de stabiliser la situation.
Une escalade militaire aux conséquences humanitaires immédiates
Le bilan humain de la frappe survenue mardi près de l’hôpital Jabal Amel, dans la ville de Tyr, souligne la gravité de la situation actuelle. Selon le ministère libanais de la Santé, l’attaque a non seulement causé des pertes en vies humaines, mais a également engendré des dommages jugés « fadha » (fasteux) et « jasima » (graves) sur les infrastructures hospitalières, incluant les étages, les services cliniques et le parking. Parmi les 127 blessés, 39 appartiennent au personnel médical, infirmier et administratif, comme l’a précisé le ministère.
L’armée israélienne a réagi par une déclaration transmise à la chaîne CNN, niant avoir ciblé directement l’établissement de santé. L’institution militaire soutient que les dégâts sont le résultat indirect d’opérations visant ce qu’elle qualifie d’infrastructures du Hezbollah situées dans le voisinage immédiat.
« Le الجيش الإسرائيلي (armée israélienne) confirme qu’il agit exclusivement contre l’organisation terroriste Hezbollah et déploie tous ses efforts pour limiter les dommages causés aux infrastructures civiles, aux installations médicales et au personnel médical. »
cluster (priority): CNN Arabic
La pression militaire s’accentue également dans d’autres zones du sud du Liban. Mercredi, le porte-parole de l’armée israélienne, Avichay Adraee, a émis un avertissement d’urgence sommant les habitants de plusieurs localités, dont Arzi, Mazraat Kawthariyat al-Riz et Al-Zarariyah, d’évacuer leurs domiciles immédiatement. Les résidents ont été invités à se déplacer vers le nord du fleuve Zahrani, une mesure justifiée par l’armée en raison de la présence supposée d’éléments ou d’installations du Hezbollah.
Ces mouvements de population s’inscrivent sur fond de « kharq ittifaq waqf itlaq al-nar » (violation de l’accord de cessez-le-feu) invoquée par le commandement israélien pour justifier la poursuite de ses opérations. Selon la BBC, bien que le Hezbollah continue ses attaques contre les forces israéliennes infiltrées dans le sud, les combats persistent malgré les déclarations de l’ambassade libanaise à Washington, qui avait assuré que le Hezbollah s’abstiendrait de frapper Israël si les bombardements sur Beyrouth cessaient.
Le processus diplomatique à Washington sous haute tension
Liban : des morts et des blessés après les frappes israéliennes sur Beyrouth
Parallèlement aux hostilités, le processus diplomatique se poursuit à Washington, où une quatrième session de discussions directes entre le Liban et Israël est en cours sous l’égide des États-Unis. Le département d’État américain, par la voix de son porte-parole Tommy Beagut, a souligné que le « taqaddum mustamir ‘ala al-masarayn al-siyasi wal-amni » (le progrès est continu sur les pistes politique et sécuritaire).
Cependant, l’implication de haut niveau des États-Unis montre des signes de friction. Des sources ont révélé à CNN qu’un échange téléphonique entre le président américain Donald Trump et le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu, lundi, a été marqué par une grande tension. Le dirigeant américain aurait exprimé son mécontentement face aux plans militaires en cours, craignant qu’ils ne compromettent ses tentatives de parvenir à un accord préliminaire avec l’Iran.
Le ministre américain des Affaires étrangères, Marco Rubio, a pour sa part déclaré mardi qu’un accord de paix entre le Liban et Israël aurait pu être conclu « dès demain » sans l’obstacle que représente le Hezbollah, selon ses termes. Malgré les annonces présidentielles sur l’arrêt des tirs, Israël a réitéré dans un communiqué sa volonté de poursuivre ses opérations dans le sud du Liban, tout en laissant entendre qu’elle n’envisageait pas de cibler Beyrouth pour le moment.
Enquêtes sur la sécurité aérienne
cluster (priority): BBC
En marge du conflit, le secteur aérien national est sous surveillance. L’autorité libanaise de l’aviation civile a entamé un audit de sécurité concernant la compagnie Middle East Airlines (MEA). Cette décision fait suite à des plaintes de pilotes exprimant leur inquiétude quant aux pressions subies pour voler à proximité de zones de frappes aériennes. La compagnie a toutefois défendu son bilan, affirmant que chaque vol est soumis à une évaluation des risques rigoureuse, menée en coordination avec le gouvernement et les autorités compétentes.