Égypte : Le grand Musée du Caire relance le débat sur la restitution des trésors antiques
Le Caire, Égypte – L’inauguration imminente du Grand Musée Égyptien (GEM) à Gizeh, près des pyramides, ravive les appels à la restitution d’artefacts égyptiens conservés dans les musées occidentaux. Ce nouveau complexe, présenté comme le plus grand musée archéologique du monde dédié à une seule civilisation, est perçu comme un symbole de la capacité égyptienne à préserver et à présenter son propre patrimoine.
Parmi les pièces les plus convoitées figurent le Zodiaque de dendérah, actuellement exposé au Louvre à Paris, et la Pierre de Rosette, conservée au British Museum à Londres. Ces objets, acquis dans un contexte colonial, sont désormais considérés par de nombreux Égyptologues comme des symboles de l’histoire complexe des relations entre l’Égypte et les puissances européennes.
« Ces objets ont été pris sous un prétexte colonialiste »,affirme le Dr Monica Hanna,une égyptologue de renom. L’ouverture du GEM, selon elle, envoie un message fort : l’Égypte a fait ses devoirs et est désormais capable de gérer et de protéger son propre héritage.
Le British Museum a déclaré n’avoir reçu aucune demande formelle de restitution ou de prêt de la Pierre de Rosette de la part du gouvernement égyptien. Cependant, la pression s’intensifie, alimentée par la fierté nationale et la conviction que ces trésors doivent retrouver leur terre natale.
Un center de recherche et de conservation de pointe
Au-delà de la question de la restitution, le GEM se positionne comme un centre de recherche universitaire de premier plan. Des restaurateurs égyptiens y ont déjà mené des travaux de conservation minutieux sur des objets emblématiques de la tombe de Toutankhamon, notamment son armure en cuir et en textiles.La législation égyptienne stipule que ces restaurations doivent être réalisées exclusivement par des experts égyptiens.
« Des collègues du monde entier ont été impressionnés par le fantastique travail de conservation qui a été réalisé », souligne le Dr. Ahmed Tawfik, impliqué dans le projet. Il ajoute que le GEM est une source de fierté nationale, non seulement pour l’histoire de l’Égypte ancienne, mais aussi pour l’Égypte moderne, qui a construit ce musée.
Un héritage millénaire et un débat contemporain
La question de la restitution des artefacts égyptiens s’inscrit dans un débat plus large sur la propriété culturelle et la décolonisation des musées. L’Égypte, berceau d’une des plus anciennes civilisations du monde, possède un patrimoine exceptionnel qui continue de fasciner et d’inspirer.
* Le Zodiaque de Dendérah : Ce relief sculpté datant du IIIe siècle avant J.-C. représente un cercle de divinités égyptiennes, d’animaux et de hiéroglyphes, ainsi que des constellations. Il est considéré comme une source précieuse d’informations sur l’astronomie et la religion égyptiennes antiques.
* La Pierre de Rosette : Découverte en 1799, cette stèle fragmentée porte une inscription en trois écritures : hiéroglyphique, démotique et grec ancien. Elle a permis de déchiffrer les hiéroglyphes égyptiens, ouvrant ainsi la voie à la compréhension de l’histoire et de la culture de l’Égypte ancienne.
L’ouverture du GEM marque une nouvelle étape dans la préservation et la valorisation du patrimoine égyptien, et pourrait bien relancer le débat sur la restitution des trésors antiques, un débat qui promet d’être animé dans les années à venir.
