La proposition de destitution du ministre de l’Environnement Tomáš Taraba ébranle la coalition gouvernementale slovaque, menaçant de réduire sa majorité à 75 voix. Alors que le parti Smer-SD tente de maintenir la discipline parlementaire, l’opposition libérale SaS pointe des motivations financières liées à des contrats publics.
Tensions au sein de la coalition et équations parlementaires
Les tensions au sein de la coalition gouvernementale slovaque, ravivées par la proposition de destitution du ministre de l’Environnement Tomáš Taraba (nommé par SNS), risquent d’entraîner de nouveaux mouvements au sein du Parlement, selon le vice-président du Parlement Tibor Gašpar (Smer-SD). Interrogé lors de l’émission Téma d’ňa, Gašpar a reconnu que gouverner avec l’actuelle majorité serrée s’annonce difficile et que la coalition devra dialoguer avec Taraba « loi par loi » si ce dernier venait à siéger de nouveau à l’Assemblée nationale.
Gašpar a rappelé que le parti Smer-SD a dû à plusieurs reprises « pompier les problèmes » au sein des clubs parlementaires, notamment au sein du SNS et de Hlas-SD. Selon lui, les 79 députés de la coalition initiale n’ont jamais constitué la garantie d’une grande stabilité. Actuellement, le Smer-SD cherche à tout prix à s’assurer que le gouvernement ira au terme de son mandat, bien que la tâche s’annonce ardue d’après ses déclarations rapportées par Ta3.
Le calcul des voix de Branislav Gröhling et le chiffre de 75 députés
De son côté, le président du parti d’opposition SaS, Branislav Gröhling, conteste l’idée que le conflit au sein du SNS trouve son origine dans des désaccords idéologiques liés à l’environnement. Il associe plutôt les agissements du parti nationaliste à des questions d’argent et de marchés publics, affirmant que le SNS s’attaque à Taraba en raison d’intérêts mercantiles et d’affaires louches.
Gröhling a souligné le contraste entre le silence du président du SNS Andrej Danko lors de polémiques passées au ministère — citant l’Institut hydrométéorologique slovaque, l’Istrochem, le différend autour de Málinec ou encore la zonation des parcs nationaux — et sa virulence actuelle. Le leader de SaS a ainsi relevé une contradiction financière frappante en affirmant que monsieur Taraba signe des contrats d’une valeur supérieure à un demi-milliard, qu’il paraphe des accords à hauteur de cinq cents millions d’euros, et que cela pose soudainement problème à monsieur Danko, a-t-il déclaré, selon les informations de Ta3.
Branislav Gröhling a déclaré qu’avec 77 députés, il est déjà très, très difficile de gouverner, et qu’avec 75, il n’est tout simplement plus possible de gouverner du tout.
Branislav Gröhling, président de SaS
Sur le plan purement arithmétique, Gröhling évalue la force actuelle de la coalition à 77 voix — un chiffre qui fait suite au départ de Ján Ferenčák, qui avait réduit les rangs de la majorité de 79 à 78, avant de descendre encore selon les configurations évoquées. Si Taraba devait évoluer en tant que député indépendant hors du bloc majoritaire, le total pourrait chuter à 77, voire atteindre le plancher critique de 75 voix en cas de défections supplémentaires, un seuil où l’exercice du pouvoir devient impossible d’après l’analyse du dirigeant de SaS.
L’avenir de Tomáš Taraba au Parlement et l’attente de la décision présidentielle
L’incertitude plane également sur la présence effective de Taraba sur les bancs de l’Assemblée. Tibor Gašpar s’est interrogé sur sa trajectoire future en employant la formule pokiaľ sa do parlamentu dostane
, une remarque qui a immédiatement fait réagir Gröhling. Ce dernier y voit le signe potentiel que la coalition pourrait chercher à écarter Taraba en lui trouvant une autre fonction pour l’empêcher de siéger au Parlement.
Tibor Gašpar a balayé ces considérations en les qualifiant de simples spéculations, tout en réaffirmant qu’il convenait d’attendre la décision du chef de l’État concernant la révocation ainsi que la position officielle que adoptera le ministre sortant. Gašpar a rappelé que Taraba avait publiquement indiqué ne prétendant à aucun autre poste en cas de départ du ministère de l’Environnement, soulignant par ailleurs que le ministre a souvent doručoval
des résultats politiques en collaboration étroite avec le Premier ministre Robert Fico.
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