Tokyo voit l’essor des laboratoires de R&D, un exode qui inquiète les régions
TOKYO – Une tendance notable se dessine dans le paysage de la recherche et développement au Japon : les entreprises délocalisent leurs centres d’innovation vers le cœur de Tokyo, attirées par la concentration d’informations et le potentiel de recrutement. Cette migration, bien que bénéfique pour le center-ville, soulève des inquiétudes quant à l’impact sur les zones périphériques et les industries locales.
finetoday, un acteur majeur de l’industrie cosmétique, est le dernier exemple en date. L’entreprise a inauguré son Finetoday Beauty Innovation Center dans le quartier de Toyosu, à Tokyo, en 2023, privilégiant l’accessibilité depuis son siège social et sa base de production dans la préfecture de Saitama. les retours des cinquante chercheurs et employés interrogés sont positifs, soulignant la facilité d’accès à l’details grâce aux interactions avec d’autres entreprises et aux séminaires. Finetoday voit également un avantage certain en termes de recrutement.
Ce mouvement n’est pas isolé. Selon Gaku Funada, chercheur principal au Japan Research Institute Ltd., la forte demande de bureaux au centre de Tokyo pousse les promoteurs immobiliers à maximiser leurs profits en transformant les espaces de bureaux en laboratoires, où les loyers au mètre carré sont plus élevés.
Cependant, cette concentration d’activités de R&D au centre de Tokyo pourrait avoir des conséquences négatives pour les régions périphériques. Funada met en garde contre le risque de voir les industries locales décliner, privées de l’activité économique et de l’innovation qu’apportent ces laboratoires.
Un phénomène structurel et ses enjeux à long terme
Cette tendance reflète une dynamique plus large de centralisation des activités économiques et intellectuelles dans les grandes métropoles, un phénomène observé dans de nombreux pays. Au Japon, cette concentration est exacerbée par la densité de la population et la forte concentration d’entreprises et d’universités à Tokyo.
Les autorités administratives sont appelées à prendre conscience de cette situation et à mettre en place des politiques visant à favoriser la collaboration entre les laboratoires situés dans les zones urbaines et rurales. L’objectif est de créer un écosystème d’innovation plus équilibré, qui profite à l’ensemble du pays et ne laisse pas les régions périphériques sur le bord de la route.
L’avenir de la recherche et développement au Japon dépendra de la capacité à concilier les avantages de la concentration urbaine avec la nécessité de préserver la vitalité des régions et de promouvoir une croissance économique durable et inclusive.
