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Hormuz : Blocage et chute du pétrole après attaque

Chute des cours du brut et blocage du détroit d'Ormuz

Le dimanche 28 juin 2026, une intensification des frappes entre les États-Unis et l’Iran a gravement compromis l’accord de paix intérimaire, provoquant une chute des prix du pétrole. Les tensions ont culminé après des attaques de drones iraniens contre le Bahreïn et le Koweït, menaçant la sécurité du détroit d’Ormuz.

Chute des cours du brut et blocage du détroit d’Ormuz

L’instabilité persistante dans les eaux stratégiques du Moyen-Orient a entraîné une correction significative sur les marchés de l’énergie. Alors que les pétroliers et les navires de charge continuent d’éviter le détroit d’Ormuz, les craintes de rupture de l’approvisionnement ont paradoxalement laissé place à une baisse des cours, les investisseurs surveillant de près l’efficacité des efforts diplomatiques. Selon les données rapportées par CNBC, les prix du pétrole ont poursuivi leur déclin le vendredi précédant l’escalade.

Marché (Contrats à terme pour août) Prix (USD) Variation
Brent (Référence internationale) 71,99 $ -4,34 %
WTI (États-Unis) 69,23 $ -3,74 %

Cette baisse du West Texas Intermediate (WTI) sous la barre des 70 $ marque un tournant, la dernière clôture en dessous de ce seuil remontant au 27 février, soit la veille du déclenchement de la guerre contre l’Iran. Cette volatilité intervient dans un contexte de pressions sur l’OPEC, alors que l’Irak cherche une augmentation de son quota de production et que l’écart se creuse avec les membres ayant déjà quitté le cartel.

La sécurité maritime est directement menacée. Un navire sous pavillon singapourien a été frappé par un drone iranien lors de sa traversée d’une route de contournement. Bien que les opérations de commerce maritime du Royaume-Uni (UK Maritime Trade Operations) n’aient signalé ni victimes ni dommages environnementaux, l’attaque souligne la vulnérabilité des routes alternatives.

Escalade militaire et bilan humain dans le Golfe

La violence s’est intensifiée dimanche, avec des frappes américaines ciblant des installations iraniennes en réponse à ce que le Commandement central des États-Unis (CENTCOM) qualifie d’« agression iranienne continue contre la navigation commerciale ». Ces opérations ont visé des sites de surveillance militaire, des communications, des défenses aériennes, ainsi que des installations de stockage de drones et de pose de mines.

Escalade militaire et bilan humain dans le Golfe
Photo: The Guardian

En réaction, Téhéran a lancé des attaques de missiles et de drones contre le Bahreïn et le Koweït. Comme l’indique The Guardian, le bilan humain commence à se dessiner dans la région :

  • Koweït : Deux missiles balistiques ont été interceptés par les forces de défense du pays, sans faire de victimes.
  • Bahreïn : Un bâtiment résidentiel près de l’aéroport international a été endommagé par un drone iranien.
  • Qatar : Un ressortissant qatari a été tué et une seconde personne a été blessée par des éclats de shrapnel lors d’une opération militaire dans la zone.

Le samedi, le pétrolier Kiku, battant pavillon panaméen et transportant du brut pour la compagnie étatique qatarienne, a également été la cible d’une attaque iranienne alors qu’il tentait d’emprunter le corridor méridien près des côtes d’Oman.

L’avenir incertain du mémorandum d’entente

Malgré la violence des échanges, une lueur d’espoir diplomatique a émergé tard dimanche. Un responsable américain a affirmé que les deux parties avaient accepté de suspendre les hostilités récentes pour reprendre les discussions techniques sur le mémorandum d’entente (MOU) de 14 points.

Pourquoi le blocage du détroit d'Ormuz menace de faire flamber les prix du pétrole

« Des discussions techniques doivent se poursuivre sur tous les points du mémorandum d’entente. Les deux parties vont se retirer pour le moment et les navires pourront circuler librement. »

L'avenir incertain du mémorandum d'entente
Photo: CNBC

Cependant, la confiance est rompue. Le président Donald Trump a exprimé sa frustration sur les réseaux sociaux suite à une violation du cessez-le-feu par l’Iran, affirmant que si les tensions ne retombaient pas, les États-Unis pourraient décider de « finir le travail militairement ».

« Si cela arrive, la République islamique d’Iran n’existera plus ! »

Parallèlement, un différend majeur persiste concernant l’utilisation des avoirs iraniens débloqués. Alors que les autorités américaines soutiennent que ces fonds seront utilisés pour l’achat de produits agricoles américains, le parlement iranien a rejeté ces affirmations. Selon Al Jazeera, les tensions montent également sur le terrain militaire, l’IRGC affirmant avoir détruit huit sites militaires américains, bien que ces déclarations restent à confirmer.

Le conflit des routes maritimes

Au cœur de l’impasse se trouve une lutte pour le contrôle des routes de navigation. Washington promeut l’utilisation d’un couloir méridional le long de la côte d’Oman pour sécuriser le passage des navires sans l’intervention directe de l’Iran. À l’inverse, Téhéran exige que les navires empruntent une route septentrionale passant par ses eaux, afin de pouvoir percevoir des frais de passage.

Cette bataille pour la souveraineté maritime a des conséquences directes sur l’économie mondiale. Le détroit d’Ormuz, qui acheminait un cinquième de l’offre mondiale de pétrole et de gaz liquide avant le conflit, reste le point de friction majeur.

L’expert Scott Nations, président de Nations Indexes, a exprimé son scepticisme quant à la viabilité de la paix actuelle lors de son intervention sur CNBC’s Squawk Box Asia :

« Je pense que nous sommes trop optimistes, car rien n’a réellement été résolu, et l’Iran sait qu’il tient l’économie mondiale là où il la souhaite s’il veut fermer le détroit. »

Alors que l’Organisation maritime internationale (IMO) a temporairement suspendu son plan d’évacuation pour reconfirmer les garanties de sécurité, la question demeure : la diplomatie pourra-t-elle reprendre le dessus sur une escalade qui semble désormais structurelle ?

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