Hong Kong : le procès de militants pro-démocratie met en lumière la répression croissante de Pékin
Hong Kong – Deux figures de proue du mouvement pro-démocratie hongkongais, Lee Cheuk-yan et Chow Hang-tung, sont jugées pour « incitation à la subversion » en vertu de la loi sur la sécurité nationale imposée par Pékin. Le procès, qui s’annonce long et politiquement sensible, met en lumière la répression croissante de la Chine sur les libertés civiles à Hong Kong.
Lee et Chow, anciens dirigeants de l’Alliance en soutien aux mouvements démocratiques patriotiques de Chine, sont accusés d’avoir incité à renverser le pouvoir du Parti communiste chinois (PCC). L’Alliance, qui organisait depuis plus de trois décennies les commémorations du massacre de Tiananmen, a été dissoute en 2020 sous la pression des autorités.
Le procès, qui a débuté le mois dernier, a révélé des extraits de discours et d’interviews des deux militants, soulignant leur engagement indéfectible envers la démocratie en Chine. Chow Hang-tung a notamment affirmé, lors d’une interview en juin 2021, que l’Alliance avait été créée pour « poursuivre la démocratie en Chine » et que cette revendication fondamentale ne serait jamais abandonnée. Ses propos faisaient suite à une mise en garde de Luo Huining, alors directeur du Bureau de liaison de Pékin à Hong Kong, qui avait qualifié les défenseurs de la fin du régime à parti unique de « véritables ennemis de la stabilité et de la prospérité » de Hong Kong.
Malgré cet avertissement direct, Chow a réaffirmé la détermination de l’Alliance à maintenir le cap. Elle a également appelé les habitants à allumer des bougies lors de la commémoration du 32e anniversaire du massacre de Tiananmen, même si le rassemblement était interdit.
Lee Cheuk-yan a quant à lui déclaré en avril 2021 que l’Alliance ne modifierait pas sa position par rapport aux « lignes rouges » de la loi sur la sécurité nationale. Il a souligné que l’Alliance poursuivrait ses cinq objectifs opérationnels, notamment la fin du régime à parti unique et la construction d’une Chine démocratique, pendant 32 ans et continuerait de le faire.
Les procureurs soutiennent que l’appel à la fin du régime à parti unique constitue une violation de la Constitution chinoise, qui stipule que le leadership du PCC est une caractéristique essentielle du système socialiste du pays.
Le procès a également mis en lumière l’isolement des militants. Chow et Lee Cheuk-yan sont incarcérés depuis plus de 1 600 jours, arrêtés en septembre 2021. Albert Ho, un troisième accusé, a plaidé coupable.
Ce procès intervient dans un contexte de recul des libertés à Hong Kong, suite à l’imposition de la loi sur la sécurité nationale en 2020, après les vastes manifestations pro-démocratie de 2019. La loi a été critiquée par les organisations internationales de défense des droits de l’homme, qui la considèrent comme un outil de répression politique.
L’affaire est suivie de près par la communauté internationale, qui s’inquiète de l’avenir des libertés civiles à Hong Kong et de l’impact de la politique de Pékin sur la région. Le procès, prévu pour durer 75 jours, pourrait avoir des conséquences importantes pour le mouvement pro-démocratie hongkongais et pour les relations entre Hong Kong et la Chine continentale.
Vidéo YouTube : Reportage sur le procès de Chow Hang-tung et Lee Cheuk-yan
Vidéo YouTube : Analyse de la loi sur la sécurité nationale et de son impact sur Hong Kong
