Tensions commerciales et ambitions géopolitiques ébranlent les marchés, le rendement des bons du Trésor américain en baisse
NEW YORK (Nouvelles-du-monde.com) – Les marchés financiers mondiaux sont sous pression ce mercredi, après que le président américain Donald Trump ait réitéré ses intentions d’acquérir le Groenland, tout en brandissant la menace de nouveaux tarifs douaniers contre plusieurs alliés européens. Cette combinaison de tensions commerciales et d’ambitions géopolitiques a provoqué une fuite des capitaux vers des actifs plus sûrs, entraînant une baisse du rendement des bons du Trésor américain.
Le rendement des bons du Trésor à 10 ans a reculé de plus de 2 points de base pour atteindre 4,271%, après avoir brièvement dépassé les 4,3% la veille. Le rendement des bons à 30 ans a également diminué, à 4,896%, tandis que celui des bons à 2 ans a enregistré une baisse plus modeste, à 3,591%. Un point de base équivaut à 0,01%, et il est important de noter que les rendements et les prix des obligations évoluent en sens inverse.
L’origine de cette instabilité remonte à un discours prononcé par le président Trump au Forum économique mondial de Davos, en Suisse. Il y a déclaré qu’il cherchait à engager des négociations “immédiates” avec le Danemark en vue de l’acquisition du Groenland par les États-Unis. Bien qu’il ait précisé qu’il n’utiliserait pas la force militaire pour atteindre cet objectif, la perspective d’une telle acquisition a semé le trouble.
Cette annonce s’est ajoutée aux tensions déjà vives, suite à la menace de tarifs douaniers imposés par l’administration Trump à huit pays européens, à partir du 1er février, avec une augmentation progressive jusqu’à 25% le 1er juin. Washington justifie cette mesure par la volonté de parvenir à un accord pour “acheter” le Groenland, un territoire autonome du Royaume du Danemark.
Les réactions européennes n’ont pas tardé. Plusieurs dirigeants ont qualifié les menaces tarifaires d'”inacceptables” et envisagent des mesures de rétorsion. Cette escalade commerciale alimente les craintes d’une “vente de l’Amérique”, un scénario où les investisseurs perdraient confiance dans les États-Unis en tant que partenaire commercial fiable, entraînant une fuite massive de capitaux.
Le fonds de pension danois AkademikerPension a d’ailleurs annoncé mardi qu’il se désengageait des bons du Trésor américain, en raison de “mauvaises finances gouvernementales”, selon ses propres termes. Le fonds détient actuellement 100 millions de dollars en bons du Trésor américain. Anders Schelde, responsable de l’investissement chez AkademikerPension, a précisé que cette décision n’était pas directement liée aux tensions entre les États-Unis et l’Europe, mais que ces dernières n’avaient pas facilité le processus.
Le secrétaire au Trésor américain, Scott Bessent, a minimisé l’impact de cette décision, affirmant que les investissements du Danemark dans les bons du Trésor américain, tout comme le Danemark lui-même, étaient “sans importance”.
Parallèlement, la Cour suprême des États-Unis a entamé mercredi l’examen d’une affaire concernant le pouvoir du président Trump de limoger Lisa Cook, une gouverneure de la Réserve fédérale. Les juges de la Cour suprême semblent sceptiques quant à la légalité d’une telle action. La juge Brett Kavanaugh a notamment souligné que la position de l’administration Trump, qui nie tout contrôle judiciaire sur les décisions présidentielles en matière de nominations à la Réserve fédérale, pourrait “affaiblir, voire détruire, l’indépendance de la banque centrale”.
Ces développements, conjugués aux incertitudes commerciales et géopolitiques, soulignent la fragilité de l’économie mondiale et la nécessité d’une coopération internationale accrue pour éviter une escalade des tensions. L’impact potentiel sur les chaînes d’approvisionnement mondiales et la croissance économique est significatif, et les investisseurs restent vigilants.
