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Telegram : la Russie accuse l’application de fuites de données personnelles

Russie intensifie la pression sur Telegram, accusant l’application de compromettre la sécurité nationale

Moscou – Les autorités russes intensifient leur campagne de pression sur l’application de messagerie Telegram, l’accusant de ne pas lutter suffisamment contre la diffusion de données personnelles volées et de compromettre potentiellement la sécurité nationale. Ces accusations interviennent alors que le Kremlin cherche à renforcer son contrôle sur l’espace numérique et à orienter les citoyens vers des plateformes de messagerie nationales.

Roskomnadzor, l’agence russe de régulation des médias, a déclaré vendredi que Telegram avait créé et maintenait une infrastructure numérique permettant aux utilisateurs d’accéder à des informations personnelles volées via des services tiers. L’agence affirme que malgré la suppression hebdomadaire d’environ 100 de ces services depuis 2022 – un total de 8 400 à ce jour – de nouveaux “bots” de recherche de données personnelles continuent d’apparaître. Roskomnadzor exige que Telegram supprime ces services et cesse de leur fournir une infrastructure.

Ces accusations s’ajoutent à une série de restrictions imposées à Telegram ces dernières semaines. La semaine dernière, les autorités ont mis en place des mesures qui ont considérablement entravé l’accès des utilisateurs au contenu multimédia, notamment les notes vocales, les vidéos et les images. Auparavant, les appels vocaux et vidéo sur Telegram, ainsi que sur WhatsApp, avaient déjà été restreints.

Le resserrement du contrôle sur Telegram s’accompagne de sanctions financières. Mercredi dernier, un tribunal de Moscou a ordonné à Telegram de payer une amende de 10,8 millions de roubles (environ 14 000 dollars américains) pour ne pas avoir supprimé du contenu interdit en Russie.

Les tensions ont également pris une dimension sécuritaire. Maksut Shadayev, le ministre du Développement numérique, a affirmé cette semaine que des services de renseignement étrangers avaient accédé à des messages Telegram envoyés par des soldats russes en Ukraine. Telegram a rejeté ces allégations, les qualifiant de “fabrication délibérée”.

Alexander Bortnikov, le chef du FSB, le service de sécurité russe, a accusé Pavel Durov, le fondateur de Telegram, de “poursuivre des intérêts égoïstes” et de cautionner des crimes tels que le terrorisme, le sabotage et la délinquance juvénile. Il a souligné que les discussions précédentes avec Durov n’avaient mené à aucun résultat.

Telegram a réagi en affirmant que ces restrictions visaient à justifier l’interdiction pure et simple de l’application, afin de forcer les Russes à utiliser Max, un messager national soutenu par l’État, souvent critiqué pour ses potentielles capacités de surveillance et de censure.

Avec environ 90 millions d’utilisateurs en Russie, Telegram est devenu une plateforme essentielle pour l’information et la communication, en particulier depuis le début de la guerre en Ukraine. La pression croissante exercée par le Kremlin soulève des inquiétudes quant à la liberté d’expression et à l’accès à l’information dans le pays.

Cette situation s’inscrit dans un contexte plus large de contrôle accru de l’internet en Russie, où le gouvernement cherche à renforcer sa souveraineté numérique et à limiter l’influence des plateformes étrangères. L’avenir de Telegram en Russie reste incertain, mais il est clair que le Kremlin est déterminé à exercer un contrôle plus strict sur l’espace numérique.

[Intégration potentielle d’une vidéo YouTube analysant l’impact de la censure sur Telegram en Russie]

[Intégration potentielle d’un post X (anciennement Twitter) d’un journaliste russe commentant les restrictions de Telegram]

[Intégration potentielle d’une image Instagram illustrant l’utilisation de Telegram par les Russes pour contourner la censure]

Source : The Moscow Times.

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