« Dents » : De l’écran à la scène, une adaptation musicale audacieuse explore la peur masculine de la sexualité féminine
NEW YORK (AP) – Le film d’horreur comique indépendant « Teeth » (2007), réalisé par Mitchell Lichtenstein, a connu un statut culte grâce à son exploration subversive du mythe de la vagina dentata – l’utérus denté. Aujourd’hui, cette histoire singulière prend une nouvelle forme, plus audacieuse encore, avec une adaptation musicale signée Anna K. Jacobs (livret) et Michael R. Jackson (musique, paroles et orchestration). L’œuvre, qui a débuté sa tournée américaine, promet de secouer les conventions théâtrales et de raviver le débat sur le pouvoir, la sexualité et la peur masculine.
L’histoire originale, née d’un cours universitaire sur les mythes et la culture populaire animé par Camille Paglia, interrogeait la persistance de cette légende archaïque. Pourquoi, se demandait Lichtenstein, les hommes ont-ils créé un mythe où la femme est une menace, une prédatrice sexuelle ? « Il s’agit clairement de la peur masculine de la sexualité et du pouvoir féminin », explique le réalisateur dans un entretien exclusif. « Mais pourquoi est-ce si persistant ? J’ai pensé qu’en exposant le mythe, en révélant son absurdité, on pourrait en diluer le pouvoir. »
Le film, qui suit Dawn, une adolescente dont les organes génitaux sont dotés de dents, a rencontré une résistance inattendue lors de sa production. Des agences d’acteurs ont refusé de soumettre leurs clientes pour le rôle principal, et des lieux de tournage en Texas ont été retirés après que le scénario ait été qualifié de pornographie par un représentant de la commission du film local. Lichtenstein, déterminé à porter son message, a finalement autofinancé le projet.
« J’avais l’impression que le film était une sorte de déclaration féministe, mais d’une manière très particulière et humoristique », se souvient Lichtenstein. « Je voulais renverser le mythe : plutôt que la femme étant le monstre à dompter, Dawn est l’héroïne, et son anomalie est un super pouvoir. »
L’adaptation musicale, née d’une rencontre fortuite avec Jacobs et Jackson, fraîchement diplômés de NYU, prend une direction inattendue. Si Lichtenstein était initialement sceptique à l’idée d’une comédie musicale, il a rapidement été conquis par l’enthousiasme et le sens de l’humour des deux jeunes créateurs.
« Leur talent s’est révélé lors de leur première présentation en atelier », raconte-t-il. « Leur approche était beaucoup plus frontale que celle du film, qui est plutôt discrète, à l’exception de quelques scènes sanglantes. »
Les changements apportés à l’histoire sont significatifs. Le personnage de Brad, l’obsession adolescente de Dawn dans le film, est réinventé comme un incel (célibataire involontaire) traumatisé par une rencontre avec la vagina dentata de Dawn dans son enfance. Ryan, initialement présenté comme un héros, est révélé comme un homme gay en conflit, qui utilise son acte sexuel avec Dawn pour prouver sa virilité en le diffusant en direct sur internet.
Mais c’est la transformation finale de Dawn qui a le plus surpris Lichtenstein. Dans la version musicale, l’héroïne bascule dans le rôle de la méchante, une pirouette narrative qui, après quelques hésitations, a fini par le convaincre.
« Là où le film se termine sur une note de triomphe, avec Dawn qui reconnaît pleinement son pouvoir, la comédie musicale va plus loin, vers une conclusion plus logique, mais aussi plus sombre », explique-t-il. « L’histoire devient une mise en garde sur le pouvoir et sur ceux à qui nous le confions. C’est une déclaration sombre et très actuelle, qui reflète le chemin parcouru – dans le bon et dans le mauvais sens – depuis 2007. »
L’adaptation musicale de « Teeth » n’est pas seulement une œuvre de divertissement, c’est une exploration audacieuse et provocatrice des peurs et des angoisses qui sous-tendent les relations hommes-femmes. Elle pose des questions essentielles sur le pouvoir, la sexualité et la manière dont les mythes façonnent notre perception du monde.
[Intégration potentielle d’une vidéo YouTube de la bande-annonce de la comédie musicale ou d’une interview avec les créateurs.]
[Intégration potentielle d’un post Instagram de l’équipe de la comédie musicale, montrant les coulisses des répétitions.]
[Intégration potentielle d’un tweet de Michael R. Jackson ou Anna K. Jacobs sur l’adaptation musicale.]
Mitchell Lichtenstein est un réalisateur, producteur et acteur américain. Ses films incluent « Angelica », « Happy Tears » et « Resurrection ». Il est diplômé de Bennington College et de la Yale School of Drama.
