Home DivertissementChunky Panday défend Ananya Panday : le Bharatanatyam dans Chand Mera Dil n’est pas une profanation

Chunky Panday défend Ananya Panday : le Bharatanatyam dans Chand Mera Dil n’est pas une profanation

Une polémique qui divise bien au-delà des réseaux sociaux

Le père d’Ananya Panday, Chunky Panday, est intervenu ce week-end pour défendre sa fille face aux critiques déchaînées sur une séquence de danse inspirée du Bharatanatyam dans le film Chand Mera Dil, sorti le 22 mai 2026 au cinéma et sur la plateforme Prime Video. Alors que les réseaux sociaux ont transformé le clip en phénomène viral, accusant l’actrice de profaner une forme artistique sacrée, Chunky Panday a rappelé que la séquence était une “fusion” délibérée, et non une représentation classique. “Certains ont complètement mal interprété le propos”, a-t-il expliqué à ETimes, soulignant que le Bharatanatyam pur exige “20 ans de discipline et de précision”. Il a également précisé que la séquence avait été chorégraphiée par Ravi Shankar, un danseur contemporain connu pour ses travaux hybrides entre Bharatanatyam et danse moderne, et que la musique était composée par Ankit Tiwari, un DJ indien de renom ayant collaboré avec des artistes comme Badshah sur des projets fusion.

Le film Chand Mera Dil, produit par Excel Entertainment et distribué par AA Films, a été réalisé par Rajkumar Santoshi, connu pour ses films sociaux comme Golmaal Returns. Le budget du film a été estimé à environ 40 crore de roupies (environ 4,8 millions de dollars), un montant modeste pour un film bollywoodien, mais suffisant pour une production axée sur les jeunes réalités urbaines. À sa sortie, le film a reçu des critiques mitigées, avec une note moyenne de 3,2/5 sur IMDb, où certains spectateurs ont salué son approche réaliste des relations amoureuses chez les jeunes adultes, tandis que d’autres ont critiqué son scénario prévisible. Malgré cela, le film a connu un succès commercial modéré, avec des recettes estimées à plus de 60 crore de roupies (environ 7,2 millions de dollars) en première semaine, selon Box Office Mojo.

Une polémique qui divise bien au-delà des réseaux sociaux

La séquence en question, où Ananya Panday danse sur une musique traditionnelle devant un fond représentant le dieu Nataraja, a déclenché une vague de réactions virulentes. Le clip, posté sur Instagram par le compte officiel du film, a cumulé plus de 5 millions de vues en 48 heures, devenant l’un des contenus les plus partagés liés à Chand Mera Dil. Des utilisateurs ont ironisé sur Twitter avec des hashtags comme #BharatanatyamIsDead ou #AnanyaVsClassicalDance, affirmant que le Bharatanatyam avait “pris fin en 2026 avec Ananya Panday”, ou encore que la jeune femme avait transformé cette danse classique en “Bharta” – une déformation moqueuse. La chorégraphe Anita Ratnam, figure respectée de l’art et fondatrice de l’école Kalakshetra, a réagi avec une amertume cinglante : “Regarder cette vidéo, c’est comme si le Bharatanatyam était pris en otage par une incompréhension catastrophique de sa forme. Entre les bras qui s’agitent et les mouvements de caméra aléatoires, la danse a simplement quitté la pièce en silence.”

Une polémique qui divise bien au-delà des réseaux sociaux
cluster (priority): Telegraph India

« Bharatanatyam est construit sur la technique, le contrôle, la tradition, la géométrie, la musicalité et la profondeur émotionnelle. Ce clip le traite comme une sangeet de mariage filmée pendant un léger tremblement de terre. »

— Anita Ratnam, chorégraphe et experte du Bharatanatyam, via NDTV

Le problème ? Le film présente clairement cette séquence comme une fusion – un mélange de Bharatanatyam, de hip-hop et de mouvements contemporains, inspiré par l’univers jeune et décontracté des personnages. Pourtant, une grande partie des critiques ont ignoré ce contexte, traitant la scène comme une représentation pure de l’art classique. La confusion est d’autant plus frappante que le Bharatanatyam, né vers 200 av. J.-C., est l’une des formes de danse les plus codifiées au monde, où chaque geste (adavu) et expression (abhinaya) possède une signification précise. Comme l’a souligné Anita Ratnam lors d’une interview accordée à The Hindu, “les adavus ne sont pas des suggestions optionnelles – ils sont la colonne vertébrale de la danse”. Elle a ajouté que la séquence du film omettait délibérément des éléments clés comme les nritta (mouvements purs) et les nritya (mouvements expressifs), remplacés par des pas de danse urbaine et des poses improvisées.

Le père d’Ananya Panday : “Regardez le film dans son contexte”

Chunky Panday a insisté sur le fait que la séquence n’était pas destinée à être jugée selon les critères du Bharatanatyam traditionnel. “Ce n’était pas un récital classique, mais une performance expérimentale, du genre que l’on voit souvent lors d’événements étudiants ou dans des spectacles de danse contemporaine comme ceux organisés par Sangeet Natak Akademi“, a-t-il précisé lors d’une conférence de presse organisée par Excel Entertainment. Il a comparé cette approche à celle des danseurs contemporains comme Shobana, qui ont réinventé les formes anciennes en y intégrant des éléments modernes – une tendance que l’on retrouve aussi dans le ballet ou le flamenco. Pourtant, cette défense n’a pas apaisé les esprits. Des figures comme la leader du Congrès Shama Mohamed, elle-même ancienne danseuse de Bharatanatyam et membre du Kerala Kalamandalam, ont réagi avec une colère personnelle :

« Ananya Panday a tué ma danse préférée – le Bharatanatyam ! J’ai appris cet art de 7 à 13 ans, j’ai même fait mon arangetram à Kuwait et je n’ai jamais abandonné. La danse classique ne peut pas être fabriquée pour une personne comme elle ! Ne jamais insulter un art aussi beau que le Bharatanatyam. »

Le père d'Ananya Panday : "Regardez le film dans son contexte"
cluster (priority): NDTV

— Shama Mohamed, leader du Congrès et ancienne danseuse, via India Today

Cette réaction illustre un débat plus large : jusqu’où peut-on réinterpréter une tradition sans la trahir ? Le Bharatanatyam, comme le Kathakali ou le Odissi, est souvent perçu comme un patrimoine sacré en Inde. Quand des célébrités comme Ananya Panday s’en emparent sans formation rigoureuse, cela soulève des questions sur la cultural appropriation – l’appropriation culturelle – et le respect des savoirs ancestraux. Pourtant, comme le souligne Chunky Panday, “le cinéma et la danse contemporaine ont toujours joué avec les frontières des genres. Le problème n’est pas l’innovation, mais l’arrogance de croire que l’on peut s’approprier un art sans en comprendre les codes”. Il a également mentionné que sa fille avait suivi un entraînement intensif de trois mois avec Ravi Shankar avant le tournage, mais que la séquence était délibérément conçue pour être “accessible” et “moderne”, en phase avec l’identité des personnages du film.

Pourquoi cette polémique résonne-t-elle autant ?

Ananya Panday’s Viral Bharatanatyam Fusion Dance Sparks Backlash | Chand Mera Dil Trolls | Sakshi Tv

Plusieurs éléments expliquent l’ampleur de la controverse. D’abord, le contexte social : l’Inde voit depuis quelques années une montée des mouvements de préservation culturelle, notamment face à la globalisation et à l’influence des réseaux sociaux. Selon une étude récente publiée par Centre for Cultural Resources and Training (CCRT) en 2025, plus de 60% des jeunes Indiens (âgés de 18 à 30 ans) considèrent les arts classiques comme “trop rigides” pour s’adapter à la culture numérique. Ensuite, le film Chand Mera Dil aborde des thèmes sensibles – l’amour jeune, la grossesse non désirée, les attentes familiales – et la séquence de danse, bien que brève, est devenue un symbole des tensions entre tradition et modernité.

  • Un film qui divise : Chand Mera Dil, sorti le 22 mai 2026, a reçu des critiques mitigées de la part des médias. Certains, comme The Telegraph India, y voient une histoire réaliste sur les jeunes adultes, tandis que d’autres, comme Firstpost, le qualifient de “soap opera moderne” avec un budget costumeux – une comparaison osée au célèbre feuilleton Kasautii Zindagii Kay. Le film a également été salué pour sa bande originale, composée par Ankit Tiwari, qui a collaboré avec des artistes comme Badshah et Divine pour créer un son fusion entre musique traditionnelle et beats électroniques.
  • Un personnage ambigu : Ananya Panday incarne Chandni, fille d’une danseuse de Bharatanatyam, mais son interprétation dans le film est loin d’être classique. Certains critiques, comme Rajeev Masand de Koimoi, y voient une métaphore de la jeunesse indienne : des racines traditionnelles, mais une identité en construction. Panday elle-même a déclaré dans une interview à Glamsham que son personnage était “un mélange de ce que j’ai appris de ma mère et de ce que je vis aujourd’hui avec mes amis”.
  • Un débat sur l’authenticité : La question se pose : peut-on “faire du Bharatanatyam” sans en maîtriser les techniques ? La réponse des puristes est non. Pourtant, des artistes comme Mallika Sarabhai ou Rukmini Devi ont eux-mêmes repoussé les limites de la forme au XXe siècle. Anita Ratnam a rappelé que même ces pionnières ont toujours maintenu un dialogue avec les racines traditionnelles, contrairement à la séquence d’Ananya Panday, qui, selon elle, “ignore délibérément les principes de base comme la arambham (ouverture) et la angikabhinaya (expression corporelle)”.

Enfin, il y a une dimension générationnelle. Les jeunes Indiens, habitués aux défis TikTok et aux danses virales, perçoivent souvent le Bharatanatyam comme un art “trop rigide”. À l’inverse, les gardiens de la tradition le voient comme un héritage à transmettre avec respect. Une enquête menée par YouGov India en 2025 révèle que 42% des 18-24 ans préfèrent regarder des vidéos de danse contemporaine ou de hip-hop plutôt que des performances classiques, tandis que 78% des plus de 50 ans considèrent le Bharatanatyam comme un art “intouchable”. La séquence d’Ananya Panday a cristallisé ce clash : pour certains, c’est une provocation ; pour d’autres, une opportunité de moderniser un art trop souvent figé.

Que dit la loi face à la profanation des arts classiques ?

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Une question reste en suspens : existe-t-il un recours juridique contre une telle représentation ? Anita Ratnam a souligné l’absence de mécanisme légal pour poursuivre ceux qui moquent les arts classiques. En Inde, la protection des formes artistiques traditionnelles relève davantage de la sensibilité collective que du droit. Cependant, des cas similaires ont déjà émergé, comme celui de la danseuse Sai Pallavi, dont les performances en 2021 avaient été saluées pour leur respect des codes du Bharatanatyam – un contraste frappant avec la séquence d’Ananya Panday. Sai Pallavi, qui a remporté le National Award for Best Classical Dancer en 2022, a déclaré à The Week que “le Bharatanatyam n’est pas un accessoire de mode, mais un système complet de mouvement, de musique et de philosophie”.

Certains juristes, comme Advocate Meenakshi Arora, spécialiste du droit de la propriété intellectuelle, estiment qu’une action en diffamation pourrait être envisageable si la séquence était présentée comme une démonstration authentique de Bharatanatyam – ce qui n’est pas le cas ici. Cependant, Arora a précisé lors d’une interview à Bar and Bench que “les lois indiennes ne protègent pas spécifiquement les arts classiques contre les parodies ou les réinterprétations, sauf si elles constituent une violation de droits d’auteur ou une diffamation”. Dans les faits, les réseaux sociaux agissent souvent comme une cour de justice informelle, où la honte publique remplace le tribunal. Comme l’a résumé un utilisateur sur Twitter : “En Inde, on ne peut pas poursuivre quelqu’un pour avoir insulté un art… mais on peut le faire taire à coups de hashtags et de memes.”

Et maintenant ? L’avenir de la danse fusion en Inde

Cette polémique soulève une question cruciale pour le cinéma et la danse indiens : comment concilier innovation et respect des traditions ? Le Bharatanatyam n’est pas le seul art menacé – le Kathak, le Manipuri ou même les formes régionales comme le Lavani font face à des réinterprétations controversées. Pourtant, des exemples de réussites existent, comme les collaborations entre danseurs classiques et chorégraphes contemporains, ou les spectacles qui mêlent lumière laser et mouvements traditionnels. Par exemple, le spectacle “Roopkatha”, créé par Sonal Mansingh en 2023, a été acclamé pour son approche innovante du Bharatanatyam, intégrant des éléments de danse contemporaine et des projections visuelles.

« Ce n’est pas une question de bien ou de mal. C’est une question de conscience. Si Ananya Panday avait assumé son choix comme une fusion dès le début, au lieu de laisser planer le doute, la réaction aurait été différente. »

Arun Mohan, danseur classique et membre du jury du Kalidas Samman, cité par NDTV

Ananya Panday, elle, continue sa carrière sans s’attarder sur la polémique. Elle tourne actuellement la deuxième saison de la série Call Me Bae sur Prime Video, qui a connu un succès international avec plus de 100 millions de vues sur la plateforme en trois mois. Son prochain projet, Hai Jawaani Toh Ishq Hona Hai, produit par Dharma Productions et réalisé par Karan Malhotra, pourrait offrir une nouvelle plateforme pour explorer des formes artistiques hybrides. Le film, dont le tournage a débuté en avril 2026, met en vedette un casting jeune incluant Vicky Kaushal et Alia Bhatt, et son scénario aborde des thèmes similaires à ceux de Chand Mera Dil, mais avec une approche plus expérimentale. Quant à Chunky Panday, il semble avoir tiré une leçon de cette affaire : “Le cinéma doit évoluer, mais il doit aussi écouter. Peut-être que la prochaine fois, nous expliquerons le contexte plus clairement, notamment via des documentaires ou des making-of intégrés au film.” Il a également annoncé qu’un court documentaire sur la création de la séquence de danse serait diffusé sur YouTube et Prime Video pour éclairer le public.

Une chose est sûre : cette polémique ne restera pas sans écho. Elle reflète les tensions d’une Inde en mouvement, où les jeunes générations réinventent leur culture tout en naviguant entre fierté traditionnelle et désir de modernité. Et si le Bharatanatyam n’a pas “disparu en 2026”, comme certains l’ont écrit en colère, il est désormais plus que jamais au cœur d’un débat bien plus large : celui de l’identité culturelle à l’ère numérique. Comme l’a résumé la danseuse Shobana dans une interview à The Hindu BusinessLine : “Le Bharatanatyam n’est pas un musée. Il est vivant, mais il a besoin de dialogue, pas de confrontation.”

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